Dans les comptes de Grégory, agent SNCF au triage à Nevers à 2 190 € nets par mois
Grégory, 34 ans, travaille comme agent de manœuvre à la SNCF sur le triage ferroviaire de Nevers. Il touche 2 190 € nets par mois, primes de nuit et de week-end comprises. Célibataire depuis un an, il vit seul dans un T2 et jongle entre horaires décalés et petit crédit auto. Voici comment il répartit chaque euro qui tombe sur son compte.

Un salaire qui dépend beaucoup des horaires
« Mon salaire de base tourne autour de 1 780 € nets, raconte Grégory. Mais avec les primes de nuit, de dimanche et les indemnités de travail posté, je monte à 2 190 € certains mois. » Le reste du temps, il oscille plutôt autour de 2 050 €.
Ces primes ne sont pas anecdotiques : elles représentent près de 20% de son revenu total. Un mois avec beaucoup de nuits change complètement la donne côté finances.
Il touche aussi une prime de fin d’année versée en décembre, environ 900 €, qu’il provisionne mentalement dès janvier. « Je sais déjà à quoi elle va servir avant même de l’avoir reçue », sourit-il.
Le loyer, poste qui pèse mais reste raisonnable
Grégory loue un T2 de 42 m² dans le centre de Nevers, une ville où le coût de la vie reste modéré comparé aux grandes métropoles. Son loyer charges comprises s’élève à 490 €.
L’électricité et le gaz lui coûtent en moyenne 85 € par mois, lissés sur l’année pour éviter les mauvaises surprises en hiver. Son assurance habitation tourne autour de 12 € mensuels.

Côté téléphone et internet, il a regroupé ses abonnements chez le même opérateur pour 38 € par mois. Netflix et Disney+ lui coûtent 17,98 € cumulés, un luxe qu’il s’autorise pour ses jours de repos.
La voiture, poste incompressible du cheminot
Impossible de faire les trois-huit sans véhicule quand on habite en périphérie du triage. Grégory rembourse un crédit auto de 175 € par mois pour sa Clio achetée d’occasion il y a deux ans.
L’assurance auto lui coûte 58 € mensuels, et il budgète environ 140 € d’essence par mois pour ses trajets domicile-travail et ses déplacements personnels. L’entretien du véhicule, lissé sur l’année, ajoute encore 45 €.
Sa mutuelle santé, obligatoire pour compléter la couverture SNCF, lui prend 42 € par mois. « On oublie souvent ce poste-là dans les calculs, mais c’est loin d’être négligeable », prévient-il.
Les courses et les sorties, l’équilibre fragile
Grégory dépense environ 260 € par mois en courses alimentaires, un budget resserré depuis la hausse des prix constatée ces dernières années. Il cuisine beaucoup, batch cooking le dimanche pour tenir la semaine.
Les repas au distributeur ou à la cantine du dépôt les jours de service lui coûtent environ 60 € mensuels. Il essaie de limiter, « mais après une nuit blanche, je n’ai pas toujours le courage de me faire à manger ».
Pour les sorties et loisirs, il compte environ 120 € par mois : un cinéma, quelques bières entre collègues, du matériel de pêche qu’il pratique le week-end. Le shopping vêtements reste occasionnel, autour de 40 € mensuels lissés.
Ce qu’il reste vraiment en fin de mois
Une fois toutes les charges fixes et variables déduites, Grégory parvient à mettre de côté environ 180 € par mois sur un livret A. « Je sais que je devrais épargner plus, admet-il, mais entre le crédit auto et les horaires qui bousculent tout, c’est déjà pas mal. »
Il a aussi commencé un petit plan d’épargne retraite via l’entreprise, prélevé automatiquement à hauteur de 50 € mensuels. Un geste qu’il juge nécessaire vu les incertitudes sur les pensions futures.
Son projet à moyen terme : changer de voiture d’ici deux ans et viser un poste plus stable en horaires de jour. « Ce n’est pas le salaire qui me pèse, c’est le rythme de vie que ça impose. »
Un revenu proche de la moyenne, un quotidien cadencé par les trains
Avec 2 190 € nets, Grégory se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine les 2 100 € nets mensuels selon les dernières données INSEE. Mais son budget illustre bien une réalité méconnue : dans les métiers à horaires décalés, les primes peuvent représenter une part cruciale du revenu, rendant chaque mois différent du précédent.
« Je ne me plains pas, résume-t-il. Mais il faut arrêter de croire que travailler à la SNCF, c’est le jackpot. On gagne notre vie correctement, pas plus. »