Dans les comptes de Yasmine, agente immobilière débutante à Lens à 1 890 € nets par mois
Yasmine, 26 ans, agente immobilière débutante à Lens, gagne 1 890 € nets par mois. Un salaire qui varie selon les ventes, dans un métier où le fixe reste volontairement bas pour pousser à la performance. Voici comment elle répartit chaque euro, entre incertitude commerciale et petits plaisirs assumés.
Entrée dans l’immobilier après un BTS professions immobilières, Yasmine a mis un an avant de signer sa première vente seule. Aujourd’hui elle tient une agence de quartier avec deux collègues, dans une ville où le marché reste accessible mais où la concurrence entre agences est rude.
Un salaire qui dépend du fixe et des commissions
Son contrat prévoit un fixe de 1 350 € nets, complété par un pourcentage sur chaque vente ou location conclue. « Certains mois je ne touche que le fixe, d’autres mois je double presque mon salaire », explique-t-elle.
Sur les douze derniers mois, sa moyenne de commissions tourne autour de 540 € nets mensuels lissés. Ce mois-ci, elle a touché 1 890 € nets au total : 1 350 € de fixe plus 540 € de commission sur une location signée.
Elle perçoit aussi occasionnellement une prime d’objectif d’agence, entre 100 et 200 € quand l’équipe dépasse son chiffre trimestriel. Ce trimestre, la prime n’est pas tombée. Les régions où l’on gagne le mieux en France ne sont d’ailleurs pas toujours celles qu’on imagine.

Le loyer et les charges qui ne bougent jamais
Yasmine loue un T2 de 42 m² dans le centre de Lens, à 490 € charges comprises. Un montant qu’elle juge raisonnable comparé aux loyers parisiens dont elle entend parler sur les réseaux.
Son assurance habitation lui coûte 12 € par mois, sa mutuelle santé individuelle 38 €. Elle règle aussi un forfait mobile à 15 €, un abonnement internet-box à 29,90 € et Netflix partagé avec sa sœur pour 6 €.
Côté transport, elle a un petit crédit auto de 165 € par mois pour sa Clio, indispensable pour visiter les biens dans tout le bassin minier. L’assurance auto lui coûte 54 € et l’essence, avec ses trajets quotidiens, grimpe à environ 110 € par mois.
Elle cotise également 25 € mensuels à une complémentaire retraite qu’elle a ouverte l’an dernier, sur les conseils de son père. « Je sais que c’est tôt, mais je préfère m’habituer maintenant plutôt que de rattraper le retard plus tard. »

Les dépenses variables, entre restrictions et petits plaisirs
Son budget courses tourne autour de 220 € par mois, essentiellement en supermarché discount et marché du samedi. Elle limite les extras mais ne se prive jamais du café en terrasse avec ses collègues.
Les sorties et restaurants représentent environ 130 € mensuels, surtout des repas partagés le week-end avec des amis. Le shopping vêtements et beauté reste modeste, autour de 70 € par mois, souvent concentré sur les soldes.
Elle met de côté 60 € chaque mois pour ses vacances, avec un objectif de partir une semaine en Espagne l’été prochain. « Je préfère petit budget mais garanti plutôt que gros voyage improbable », résume-t-elle.
Un poste imprévu revient souvent : les frais de représentation. Tenue correcte pour les rendez-vous clients, essence supplémentaire pour les visites de dernière minute, elle budgète 40 € de marge chaque mois pour ces imprévus liés au métier.
Ce qu’il reste et l’angoisse des mois creux
Une fois toutes les charges fixes et variables payées, il reste à Yasmine environ 130 à 150 € en fin de mois, quand la commission tombe. Les mois sans vente, ce solde peut tomber à zéro, voire nécessiter de piocher dans son épargne.
Elle garde justement une épargne de précaution de 900 €, constituée depuis son entrée dans le métier. « C’est mon matelas anti-mois-sans-commission, je n’y touche jamais sauf urgence. »
Elle n’a pas de crédit à la consommation ni de projet d’achat immobilier pour l’instant, préférant stabiliser ses revenus avant de s’engager. Elle envisage cependant de passer un mandat exclusif avec son agence, qui augmenterait son taux de commission.
« Ce métier, c’est une montagne russe question salaire, mais j’aime l’idée que mon travail paie directement », confie Yasmine. Avec ses 1 890 € nets mensuels moyens, elle se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets, mais garde l’espoir de voir ses commissions grimper avec l’expérience.