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Dans les comptes de Marlène, ambulancière à Chalon-sur-Saône à 2 010 € nets par mois

Publié par Mathieu le 14 Août 2026 à 19:01

Marlène, 34 ans, enchaîne les gardes de nuit et les transports SMUR depuis huit ans dans une entreprise privée de transport sanitaire à Chalon-sur-Saône. Son salaire tombe à 2 010 € nets par mois, primes comprises, pour un métier qu’elle qualifie elle-même d’« invisible mais indispensable ». Mère célibataire d’un fils de 9 ans, elle jongle entre horaires décalés et budget serré.

Voici, poste par poste, comment elle répartit chaque euro qui rentre.

Un salaire qui dépend beaucoup des gardes de nuit

Le salaire de base de Marlène, en CDI dans une société de transport sanitaire privée, tourne autour de 1 750 € nets. « Sans les gardes de nuit et les dimanches, je ne m’en sortirais pas », confie-t-elle.

Les majorations pour horaires atypiques ajoutent en moyenne 190 € par mois. Elle touche aussi une prime de qualité de service trimestrielle, lissée à environ 40 € mensuels.

Côté aides, elle perçoit l’allocation de soutien familial de 187 € puisque le père de son fils ne verse plus de pension depuis deux ans. Elle bénéficie également de 35 € d’APL pour son logement. Au total, ses revenus mensuels atteignent environ 2 010 € nets, allocations comprises.

Ambulancière épuisée après une garde de nuit

Le loyer, l’essence et les charges qui plombent d’entrée le budget

Marlène loue un T3 en périphérie de Chalon-sur-Saône, à 15 minutes du centre-ville. Le loyer s’élève à 640 € charges comprises, un montant qu’elle juge « raisonnable pour la région, mais qui pèse quand même énormément ».

L’électricité et le gaz représentent 95 € par mois en moyenne sur l’année, avec des pics l’hiver. Elle a opté pour un forfait mobile et internet groupés à 45 €.

Sa voiture, indispensable pour rejoindre son travail aux horaires où les bus ne circulent plus, lui coûte cher : 180 € de crédit auto, 75 € d’assurance et environ 160 € de carburant mensuel. « Je fais 45 kilomètres aller-retour chaque jour, l’essence c’est mon vrai poste caché », explique-t-elle.

La mutuelle santé, obligatoire dans sa branche, lui coûte 38 € après participation employeur. S’ajoutent 25 € d’assurance habitation et 18 € pour l’assurance scolaire et extrascolaire de son fils.

Les factures qu’on oublie de compter

La cantine et la garderie périscolaire de son fils représentent un poste fixe de 95 € par mois. Un accueil de loisirs le mercredi ajoute encore 60 € certains mois.

Marlène cotise aussi 22 € pour une assurance protection juridique, utile dans son métier où les litiges avec les patients ou les familles ne sont jamais exclus.

Une fois tous ces postes additionnés, ses dépenses fixes atteignent environ 1 358 € par mois, soit plus des deux tiers de ses revenus. Il lui reste donc un peu plus de 650 € pour vivre, se nourrir et souffler un peu.

Femme calculant son budget mensuel serré

Le budget alimentaire d’une maman qui compte chaque ticket de caisse

Les courses alimentaires représentent le plus gros poste variable : 310 € par mois pour elle et son fils, en faisant attention aux promotions et au drive. « Je fais mes courses le dimanche soir, jamais le vendredi, j’ai trop faim et je craque sur tout », plaisante-t-elle.

Le budget resto et sorties reste minimal : 40 € par mois, réservés à une pizza le vendredi ou un fast-food occasionnel avec son fils. Les vêtements et le shopping général sont lissés à 55 € mensuels, essentiellement pour l’enfant qui grandit vite.

Les loisirs de son fils, foot le mercredi et une activité musique, coûtent 45 € par mois. Marlène s’accorde rarement des loisirs personnels, hormis un abonnement streaming à 8 € qu’elle partage avec sa sœur.

Les vacances, lissées sur l’année, représentent environ 70 € par mois, pour un séjour d’une semaine chez ses parents en Bretagne et quelques jours de camping l’été. « On ne part jamais loin, mais on part quand même, c’est important pour lui », insiste-t-elle.

Ce qu’il reste vraiment en fin de mois

Une fois toutes les dépenses variables comptées, environ 520 € au total, il reste à Marlène près de 130 € en fin de mois. Une marge fine, qui disparaît dès qu’une réparation de voiture ou une facture imprévue surgit.

Elle n’a pas d’épargne automatique constituée, mais tente de mettre 30 à 50 € de côté quand c’est possible, sur un livret A qui plafonne autour de 900 €. « Je sais que je devrais épargner plus, mais avec un enfant et des horaires de dingue, je vis surtout au jour le jour », reconnaît-elle.

Son projet, à moyen terme : passer le concours d’auxiliaire ambulancière vers un poste de régulation, moins physique et mieux rémunéré. En attendant, elle compte sur les heures supplémentaires et les gardes de nuit pour boucler chaque fin de mois.

Un rapport à l’argent fait de vigilance permanente

« Je ne me plains pas, j’aime mon métier, mais chaque euro est compté avant même d’arriver sur mon compte », résume Marlène. Son salaire de 2 010 € nets reste inférieur au salaire médian français, estimé à environ 2 100 € nets mensuels selon l’Insee.

Une situation qui illustre la réalité de nombreux métiers essentiels, mal reconnus financièrement malgré des horaires exigeants et des responsabilités importantes au quotidien.

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