Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Argent

Dans les comptes de Karim, cariste de nuit à Lille à 2 090 € nets par mois

Publié par Mathieu le 21 Août 2026 à 19:01

Karim, 34 ans, travaille de nuit dans un entrepôt logistique près de Lille depuis six ans. Cariste, il enchaîne les nuits de 21h à 5h pour un salaire net de 2 090 € par mois, primes comprises. Voici comment il répartit chaque euro, entre garde d’enfant, loyer et petits plaisirs volés au sommeil.

Cariste en gilet de sécurité près d'un chariot élévateur de nuit

Un salaire de nuit qui grimpe grâce aux primes

Karim perçoit un salaire de base de 1 780 € nets, correspondant à un poste de cariste confirmé en CDI dans la logistique. « Le fixe seul, ça ne suffirait pas avec un enfant », confie-t-il.

À ce socle s’ajoute une prime de nuit obligatoire de 210 €, calculée sur les heures travaillées entre 21h et 6h. Le code du travail impose cette majoration dans son secteur.

Une prime de production mensuelle de 100 € vient compléter le tout, versée quand les objectifs de l’entrepôt sont atteints. Il touche aussi 174 € d’allocations familiales et de complément de mode de garde pour son fils de 4 ans.

Au total, ses revenus mensuels atteignent 2 264 €, dont 2 090 € de salaire et primes, le reste provenant des aides familiales. Mais dans son quotidien, tout se joue à quelques centaines d’euros près.

Le loyer, la nourrice et l’addition qui grimpe vite

Karim loue un T3 à Lomme, dans la métropole lilloise, pour 720 € charges comprises. « J’ai cherché un an avant de trouver ce prix, avec la crise du logement à Lille c’est devenu compliqué », explique-t-il.

Père de famille prenant son petit-déjeuner seul le matin

La garde de son fils chez une assistante maternelle agréée lui coûte 380 € par mois, après déduction du crédit d’impôt. C’est son deuxième poste de dépense, juste derrière le loyer.

Sa mutuelle santé familiale s’élève à 68 €, et son assurance habitation à 19 €. Il paie aussi 45 € d’assurance auto, indispensable pour rejoindre l’entrepôt situé à 20 minutes en voiture, sans transport en commun la nuit.

Son forfait mobile coûte 15 €, son abonnement internet fibre 25 €, et Netflix partagé avec sa sœur 6 €. Il rembourse enfin un crédit conso de 90 € par mois, contracté pour changer sa voiture l’an dernier.

Ces dépenses fixes représentent 1 363 € au total, soit plus de la moitié de son salaire. Reste alors à voir ce qu’il lui reste vraiment pour vivre.

Ce que le travail de nuit lui coûte en plus

Manger correctement quand on travaille de nuit a un prix. Karim consacre 340 € par mois aux courses alimentaires, un budget qu’il juge « serré mais tenable » pour lui et son fils.

Le décalage horaire l’oblige souvent à manger seul, en horaires atypiques. « Je mange souvent seul à 3h du matin sur mon poste, ça use plus qu’on ne le croit », raconte-t-il.

L’essence pour ses trajets nocturnes lui coûte environ 95 € par mois, un poste qu’il ne peut pas réduire faute d’alternative en transport public à ces heures. Son budget loisirs et sorties reste minime, autour de 60 €, principalement pour son fils le week-end.

Il prévoit aussi 40 € lissés pour l’habillement et 35 € pour des imprévus, type réparations ou rendez-vous médicaux non remboursés. Un budget serré qui laisse peu de place à l’imprévu, justement.

Fin de mois : ce qu’il reste vraiment à Karim

Une fois toutes les charges fixes et variables payées, il reste à Karim environ 200 € par mois. Une somme qu’il essaie de mettre de côté, sans toujours y parvenir.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec un enfant et le loyer qui monte chaque année, c’est difficile de tenir cet objectif », admet-il.

Il n’a pas de Livret A alimenté régulièrement, mais garde toujours entre 300 et 500 € de trésorerie pour les coups durs. Son grand projet : passer le permis poids lourd pour évoluer vers un poste de conducteur, mieux rémunéré.

Cette formation, financée en partie par son CPF, pourrait lui permettre de gagner 300 € de plus par mois d’ici deux ans. En attendant, il compte sur les heures supplémentaires ponctuelles pour souffler financièrement.

Le salaire médian net en France tourne autour de 2 100 € par mois selon l’Insee. Karim se situe donc tout près de cette moyenne, malgré des horaires que beaucoup refuseraient. « On dit souvent que la nuit paie mieux, mais avec un enfant à charge, ça reste juste correct », résume-t-il, pragmatique.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *