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Dans les comptes de Yannick, cariste de nuit à Reims à 2 070 € nets par mois

Publié par Mathieu le 28 Juil 2026 à 19:01

Yannick, 34 ans, travaille de nuit dans un entrepôt logistique à la périphérie de Reims. Cariste depuis huit ans, il enchaîne les postes de 21h à 5h du matin, quatre à cinq nuits par semaine. Il gagne 2 070 € nets par mois, prime de nuit incluse. Voici comment il répartit chaque euro.

« Le premier mois, j’ai cru que je n’allais jamais m’habituer aux horaires. Maintenant je ne pourrais plus bosser de jour », confie-t-il. Sa vie s’organise autour du sommeil de journée, une contrainte qui pèse sur son budget social plus que sur ses finances.

Le salaire de base et les à-côtés qui font la différence

Yannick perçoit un salaire de base de 1 780 € nets pour un poste de cariste 1B, catégorie standard dans la logistique régionale. À cela s’ajoute une prime de nuit fixe de 210 € mensuels, négociée dans la convention de son entreprise.

Il touche aussi une prime de production trimestrielle, versée selon les objectifs de l’entrepôt. Lissée sur l’année, elle représente environ 80 € par mois. Son total net mensuel atteint donc 2 070 €, panier repas inclus à hauteur de 4,20 € par nuit travaillée.

Cariste au volant d'un chariot élévateur de nuit en entrepôt

« La prime de nuit, c’est ce qui fait vraiment la différence. Sans elle, je serais au même niveau qu’un poste de jour, alors que je sacrifie mes soirées », explique-t-il. Il perçoit aussi les allocations familiales pour sa fille de 6 ans, soit 35 € mensuels versés par la CAF.

Le loyer, l’assurance et ces charges qui tombent chaque mois

Yannick loue un T2 de 48 m² dans le quartier de Croix-Rouge à Reims, à 15 minutes en voiture de son entrepôt. Son loyer charges comprises s’élève à 590 €, un montant qui reste raisonnable comparé au centre-ville.

Il paie 45 € d’électricité, une facture allégée car il dort la journée et chauffe peu. Son assurance habitation lui coûte 14 € mensuels, et sa mutuelle santé 38 € pour lui et sa fille en garde alternée.

Le crédit de sa voiture, une Peugeot 208 achetée d’occasion, lui coûte 165 € par mois sur 36 mois. Son assurance auto tous risques s’élève à 62 €, majorée par les trajets nocturnes qu’il effectue.

Le forfait, le streaming et ces abonnements qu’il garde malgré tout

Son forfait mobile lui coûte 15 € chez un opérateur low-cost, et sa box internet 32 € par mois. Il garde un abonnement Netflix à 13,49 € pour occuper ses insomnies occasionnelles entre deux nuits de travail.

Homme consultant son budget mensuel sur ordinateur le soir

« Je sais que je pourrais couper certains abonnements, mais quand tu bosses la nuit, ces petits plaisirs deviennent presque vitaux », résume-t-il. Il paie aussi 25 € de pension alimentaire complémentaire, sa fille vivant une semaine sur deux chez sa mère.

Total des dépenses fixes : environ 986 € par mois, un chiffre qu’il connaît par cœur. « Je regarde mes comptes tous les dimanches, c’est presque un rituel avant de repartir bosser », précise-t-il.

Les courses, l’essence et ce poste qui grimpe sans qu’il s’en rende compte

Yannick dépense environ 260 € par mois en courses alimentaires, un budget qu’il gère seul la semaine où sa fille n’est pas là. Les semaines où elle est présente, ce montant grimpe à 320 €.

L’essence lui coûte 140 € mensuels pour ses trajets domicile-travail et les sorties du week-end. Il consacre aussi 90 € aux loisirs : un abonnement salle de sport à 29,90 €, et le reste en sorties ponctuelles.

« Le poste qui m’a le plus surpris, c’est la nourriture pour tenir la nuit. Café, snacks, boissons énergisantes : ça grignote facilement 40 € par mois sans que je le calcule », admet-il. Il provisionne aussi 60 € mensuels pour les vacances, lissés sur l’année pour partir une semaine en été avec sa fille.

Les vêtements et équipements professionnels, comme les chaussures de sécurité renouvelées tous les 18 mois, représentent environ 25 € lissés par mois. Un poste souvent oublié dans les calculs de budget des métiers manuels.

Ce qui reste en fin de mois et le projet qu’il a en tête

Une fois toutes les dépenses fixes et variables réglées, Yannick parvient à épargner environ 150 € par mois sur un livret A. Un montant modeste mais régulier, qu’il ne touche jamais sauf urgence.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais entre le crédit voiture et la pension, il ne reste pas grand-chose », reconnaît-il sans amertume. Son objectif à moyen terme : passer le CACES pour piloter des engins plus qualifiés et viser une hausse de salaire.

Il n’a pas de crédit à la consommation, seulement le prêt automobile qui s’achève dans 14 mois. Une fois celui-ci soldé, il compte augmenter son épargne mensuelle de 165 €, le montant exact de sa mensualité actuelle.

Un rythme de vie qui a un prix invisible

Le salaire médian net en France tourne autour de 2 100 € par mois selon l’Insee, ce qui place Yannick dans une situation proche de la moyenne nationale. Mais son rythme de nuit implique des coûts que les statistiques ne montrent pas : suivi médical renforcé, difficulté à socialiser, fatigue chronique.

« Je gagne correctement pour mon métier, mais je donne mes nuits en échange. Ce n’est pas qu’une question d’argent », conclut-il, avant de repartir pour sa nuit de travail à l’entrepôt.

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