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Dans les comptes de Sandrine, chauffeuse de bus interurbain à Angoulême à 2 040 € nets par mois

Publié par Mathieu le 22 Sep 2026 à 19:01

Sandrine, 44 ans, conduit un car interurbain pour le réseau régional de Charente depuis douze ans. Chaque matin à 5h40, elle prend le volant pour ramasser les lycéens des villages autour d’Angoulême avant d’enchaîner sur des lignes régulières. Divorcée, elle élève seule sa fille de 15 ans et gagne 2 040 € nets par mois.

« Les gens pensent que je fais juste des rondes scolaires tranquilles, mais j’ai des amplitudes de 6h à 19h avec des coupures pas payées entre midi et deux », raconte-t-elle. Voici comment elle boucle chaque fin de mois.

Chauffeuse de bus au volant d'un car au petit matin

Un salaire construit sur les heures coupées

Le salaire de base de Sandrine, en CDI chez un exploitant de transport conventionné par la Région Nouvelle-Aquitaine, s’élève à 1 780 € nets. Elle est classée conductrice receveuse, échelon confirmé après douze ans d’ancienneté.

À cela s’ajoute une prime d’amplitude de 140 € par mois, car ses journées dépassent souvent les 11 heures entre le premier ramassage scolaire et le dernier service du soir. Une prime de coupure de 60 € compense les pauses non travaillées mais imposées par les horaires.

Sandrine touche aussi 90 € d’allocation de soutien familial de la CAF, sa fille étant à sa charge exclusive depuis le divorce. Le père ne verse pas de pension régulière. Total des revenus mensuels : 2 040 € nets, primes et allocation comprises.

« Sur ma fiche de paie, la prime d’amplitude et la prime de coupure changent chaque mois selon le planning », précise-t-elle. Un revenu qui semble correct sur le papier, mais qui doit d’abord absorber des charges fixes conséquentes.

Le loyer et les charges qui ne bougent jamais

Sandrine loue un T3 dans le quartier de Basseau à Angoulême, pour 620 € charges comprises. « J’ai cherché longtemps un logement proche du dépôt, parce qu’avec mes horaires décalés je ne peux pas me permettre 30 minutes de trajet en plus. »

L’assurance habitation lui coûte 18 € par mois, et l’électricité, chauffage au gaz inclus dans les charges, revient à 75 € en moyenne annualisée. Sa mutuelle santé, indispensable avec les douleurs de dos liées à la conduite prolongée, s’élève à 52 €.

Femme calculant son budget mensuel à table

Le forfait mobile de Sandrine coûte 15 € et celui de sa fille 12 €, tous deux chez un opérateur low-cost. L’abonnement internet-box est fixé à 25 € mensuels. Elle ne paie pas d’assurance auto puisqu’elle n’a pas de véhicule personnel : elle se déplace à vélo électrique ou en covoiturage avec une collègue.

Le crédit du vélo électrique, acheté 900 € il y a deux ans, est terminé depuis six mois. Sandrine cotise en revanche 35 € par mois à une mutuelle complémentaire retraite, un geste qu’elle a pris l’habitude de faire depuis ses 40 ans.

Total des charges fixes : 852 €, soit un peu plus de 41% de son revenu net. Un ratio qui laisse une marge, mais qui va se resserrer avec les dépenses du quotidien.

Les courses, l’ado et les petits plaisirs

Le budget alimentaire de Sandrine tourne autour de 320 € par mois pour elle et sa fille. Elle fait ses courses au Leclerc de Champniers le week-end, en LSA principalement, avec quelques produits bio pour les légumes.

« Ma fille est ado, elle mange comme un ogre en ce moment », sourit-elle. Le budget cantine scolaire ajoute 55 € mensuels, sa fille bénéficiant d’un tarif réduit selon le quotient familial.

L’essence n’existe pas dans son budget puisqu’elle n’a pas de voiture, un choix qui lui fait économiser environ 150 € par mois par rapport à une collègue motorisée. En revanche, elle prévoit 40 € pour l’entretien et les accessoires du vélo électrique.

Les loisirs et sorties représentent 90 € : un cinéma occasionnel avec sa fille, un abonnement piscine municipale à 22 € et quelques cafés entre collègues après le service du soir. Le shopping vêtements, lissé sur l’année, coûte environ 70 € par mois, essentiellement pour sa fille en pleine croissance.

Sandrine met de côté 60 € mensuels pour les vacances, qu’elle prend généralement en dehors des grandes périodes touristiques pour limiter les coûts. « L’année dernière on est allées à La Rochelle en train, ça reste abordable si on évite juillet-août. »

Total des dépenses variables : 635 €. Un budget serré mais tenable, qui laisse entrevoir un reliquat mensuel à examiner de près.

Ce qu’il reste vraiment en fin de mois

Une fois les 852 € de charges fixes et les 635 € de dépenses variables déduits des 2 040 € de revenus, il reste 553 € à Sandrine chaque mois. Un montant qui paraît confortable, mais la réalité est plus nuancée.

Sur cette somme, elle épargne systématiquement 150 € sur un livret A, destiné aux imprévus et aux études futures de sa fille. « Je sais que je devrais mettre plus de côté, mais avec une ado qui grandit, il y a toujours une paire de chaussures ou une sortie scolaire à financer. »

Le reste, environ 400 €, sert de tampon pour les dépenses imprévues : réparation du vélo, cadeaux d’anniversaire, frais de santé non remboursés. Sandrine n’a aucun crédit à la consommation en cours, une fierté qu’elle revendique. « Je me suis jurée de ne jamais retomber dans les crédits renouvelables, j’ai mis trois ans à m’en sortir après mon divorce. »

Elle envisage de passer le concours interne pour devenir formatrice à la conduite dans son entreprise, ce qui lui permettrait de gagner environ 200 € de plus par mois tout en abandonnant les horaires coupés. Un projet qu’elle mûrit depuis un an sans se précipiter.

« Je ne suis pas riche, mais je dors tranquille le soir en sachant que je ne dois rien à personne », résume Sandrine. Avec 2 040 € nets mensuels, elle se situe légèrement en dessous du salaire médian français, établi autour de 2 100 € nets selon l’Insee, mais parvient à vivre sans dette grâce à une gestion rigoureuse de chaque poste de dépense.

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