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Dans les comptes de Sandra, chauffeuse-livreuse à Orléans à 1 890 € nets par mois

Publié par Mathieu le 26 Août 2026 à 19:01

Sandra, 34 ans, sillonne les rues d’Orléans et de sa périphérie depuis cinq ans au volant de son utilitaire frigorifique. Chauffeuse-livreuse pour une entreprise de messagerie sous-traitante d’un grand groupe de e-commerce, elle touche 1 890 € nets par mois. Mère solo d’un garçon de 8 ans, elle a accepté de dérouler chaque ligne de son budget, sans filtre.

Chauffeuse-livreuse devant son utilitaire à Orléans

« Les gens croient qu’on gagne bien parce qu’on est « dans la logistique », raconte-t-elle. En réalité, on est payé au colis livré au-delà d’un certain quota, et le reste du temps c’est le smic pur et dur. »

Un salaire qui dépend du nombre de colis livrés

Le contrat de Sandra prévoit une base fixe de 1 750 € nets, calculée sur 39 heures hebdomadaires. Cette base correspond au smic horaire majoré, avec les heures supplémentaires intégrées au forfait.

À cela s’ajoute une prime de productivité variable, comprise entre 80 et 180 € nets selon le nombre de tournées effectuées dans le mois. En novembre-décembre, période de forte activité e-commerce, cette prime grimpe presque systématiquement au-dessus de 150 €.

Sandra touche aussi les allocations familiales et l’allocation de soutien familial pour son fils, dont le père ne verse plus de pension depuis deux ans. Ces aides représentent environ 180 € par mois, versées par la CAF.

Total des revenus mensuels : 1 890 € nets en moyenne, primes et aides comprises. « Je ne compte jamais sur la prime pour payer le loyer, précise-t-elle. Elle sert à autre chose, jamais aux charges fixes. »

Le loyer et les charges qui ne bougent jamais

Sandra loue un T3 dans un quartier résidentiel d’Orléans, à 15 minutes du centre-ville. Le loyer charges comprises s’élève à 680 €, après déduction de 95 € d’APL versés directement au bailleur.

L’électricité, chauffée au gaz individuel, lui coûte 95 € par mois en moyenne sur l’année, avec des pics à 140 € en janvier-février.

Son assurance habitation revient à 14 € mensuels, et sa mutuelle santé, indispensable avec un enfant qui multiplie les otites, s’élève à 52 €. L’assurance auto pour son véhicule personnel, une petite citadine utilisée le week-end, coûte 38 € par mois.

Sandra vérifie ses factures le soir en cuisine

Côté téléphonie et internet, Sandra a opté pour un forfait mobile à 12 € et une box internet à 25 €, sans option superflue. « J’ai résilié Canal+ l’an dernier, je regardais tout sur des plateformes gratuites de toute façon », confie-t-elle.

La cantine et l’étude de son fils représentent 78 € mensuels, un poste qu’elle refuse de sacrifier même dans les mois difficiles. Sa mensualité de crédit conso, contractée pour changer le moteur de sa voiture il y a deux ans, s’élève encore à 65 € pour dix mois.

Total des charges fixes : environ 1 049 € par mois. Reste alors un peu plus de 800 € pour absolument tout le reste — et c’est là que ça se corse vraiment.

Ce que Sandra dépense vraiment au quotidien

Le budget alimentaire de Sandra tourne autour de 280 € par mois pour elle et son fils, réparti entre un hypermarché de périphérie et un marché le samedi matin pour les fruits et légumes.

« Je fais mes courses le dimanche soir quand les produits frais sont soldés à moins 30%, explique-t-elle. C’est devenu un réflexe, presque un jeu. »

L’essence de sa voiture personnelle, utilisée pour les trajets école-activités le week-end, lui coûte environ 55 € mensuels. Le carburant du véhicule professionnel est entièrement pris en charge par son employeur.

Les loisirs de son fils — un cours de judo et une activité théâtre — représentent 42 € par mois. Sandra, elle, s’accorde un abonnement salle de sport low-cost à 19,90 € et un budget habillement lissé à 35 € mensuels.

Les sorties restent rares : un restaurant tous les deux mois environ, budgétisé à 25 € par mois en moyenne. Les vacances d’été, chez ses parents en Charente, ne coûtent que le carburant et quelques cadeaux, soit 30 € lissés sur l’année.

Ce qui reste, et ce qui inquiète Sandra

Une fois toutes les dépenses variables comptabilisées — environ 486 € par mois — il reste théoriquement 355 € à Sandra en fin de mois.

Dans les faits, cette marge disparaît presque toujours dans des imprévus : une facture de dentiste, une réparation de voiture, un anniversaire d’enfant à préparer. « Je n’ai jamais réussi à mettre plus de 50 € de côté deux mois de suite », admet-elle.

Elle a ouvert un livret A il y a trois ans, qui contient aujourd’hui 640 €. Son objectif : atteindre 1 500 € pour financer le permis de son fils dans dix ans, ou faire face à une panne de voiture majeure.

Sandra n’a aucun crédit immobilier — elle ne se voit pas propriétaire avant longtemps, faute d’apport suffisant. Son seul crédit en cours, celui du moteur de voiture, s’éteindra dans dix mois, ce qui libérera d’un coup 65 € mensuels.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec un enfant à charge, chaque euro a déjà une destination avant même d’arriver sur mon compte », résume-t-elle. Son salaire reste inférieur au salaire médian français, établi autour de 2 100 € nets par mois selon l’Insee, ce qui explique cette gestion millimétrée où le moindre imprévu peut tout faire basculer.

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