Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Argent

Dans les comptes de Hélène, chocolatière artisanale à Bayonne à 1 910 € nets par mois

Publié par Mathieu le 31 Oct 2026 à 19:01

Hélène, 34 ans, est chocolatière dans une maison artisanale de Bayonne. Elle gagne 1 910 € nets par mois, vit seule dans un deux-pièces près des Arènes et se lève à 5 h 30 six jours sur sept. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’à la boîte de pralinés qu’elle s’offre en secret.

Son budget cache un poste qui l’a elle-même surprise quand elle a tout posé à plat. Mais commençons par ce qui rentre sur son compte.

Un salaire qui ne dit pas tout

Hélène est salariée en CDI, au coefficient de la convention collective de la chocolaterie-confiserie. Son salaire de base atteint 1 780 € nets par mois. À cela s’ajoute une prime de fin d’année lissée sur douze mois, soit environ 90 € par mois.

Le reste vient du dernier trimestre de l’année. Entre novembre et Noël, elle enchaîne les heures supplémentaires : une moyenne de 40 € nets par mois sur l’année entière, mais jusqu’à 280 € en décembre.

Hélène, chocolatière artisanale, tenant un plateau de pralinés

Ce qui fait 1 910 € nets mensuels en lissant tout. « Janvier est le mois où je compte mes sous deux fois, confie-t-elle. Les heures sup de décembre ont fondu, et les factures de chauffage arrivent. » Pas de complément, pas d’aide : elle ne touche pas l’APL, son revenu dépassant le plafond.

Pourquoi cette moyenne trompe pourtant son monde ? La réponse se cache dans ses dépenses fixes.

Là où part l’essentiel de la paie

Le loyer d’abord : 620 € par mois pour 38 m², charges comprises, dans un quartier prisé de Bayonne. C’est presque un tiers de son salaire. L’électricité et le chauffage ajoutent 75 € en moyenne, l’assurance habitation 14 €.

La voiture est indispensable : l’atelier ouvre à 6 h, bien avant le premier bus. Hélène dépense 95 € d’essence, 48 € d’assurance et 40 € lissés pour l’entretien, soit 183 € par mois pour une vieille Clio.

Côté abonnements, 20 € pour la box internet, 12 € pour son forfait mobile et 9 € pour une plateforme de streaming. Sa mutuelle d’entreprise lui coûte 38 € par mois. Elle ne paie pas d’impôt sur le revenu, étant sous le seuil de non-imposition après abattements.

Hélène faisant ses comptes dans son appartement de Bayonne

Total des charges fixes : environ 1 011 €. Plus de la moitié du salaire est déjà partie avant d’avoir acheté un seul yaourt. Et pourtant, ce n’est pas là que son budget déraille.

Le poste que personne ne voit venir

Les courses alimentaires, d’abord : 230 € par mois. Hélène cuisine presque tout, mais mange souvent à l’atelier le midi, ce qui l’aide à tenir. « Je mange du chocolat au travail, tout le monde me demande si j’en ai marre. Jamais. »

Les sorties pèsent 90 € : un restaurant ou deux, un verre sur les quais avec des amies. Les vêtements et la beauté, 55 €. Les loisirs, dont l’abonnement à une salle d’escalade à 32 €, atteignent 60 €.

Et voici le poste surprise : les cadeaux. Entre les anniversaires, les mariages d’amis, les pots de départ et les naissances, elle y consacre 70 € par mois en moyenne. « Je n’avais jamais additionné. Quand j’ai vu le chiffre, j’ai cru à une erreur. »

Les vacances, lissées sur l’année, représentent 80 € par mois : une semaine dans sa famille en Aveyron et un week-end à San Sebastián. Les dépenses variables totalisent 585 €. Que reste-t-il alors à la fin du mois ?

Ce qui reste (et ce qu’elle en fait)

Le calcul est vite fait : 1 910 € de revenus, moins 1 011 € de charges fixes, moins 585 € de dépenses variables. Il reste 314 € en théorie. En pratique, Hélène en met 200 sur son Livret A et garde le reste comme coussin pour les imprévus.

Son livret affiche 6 400 € aujourd’hui. Elle n’a aucun crédit en cours et refuse d’en contracter un. « Mon rêve, c’est d’ouvrir ma propre boutique, mais avec 6 400 €, on n’ouvre pas grand-chose. J’ai fait un calcul : il me faudrait au moins 35 000 € d’apport. »

En clair, elle y arrivera dans une dizaine d’années au rythme actuel. Elle envisage donc de passer en couple avec son compagnon pour partager un loyer, ou de se tourner vers un prêt d’honneur pour les artisans.

Où se situe Hélène par rapport aux Français ?

Le salaire médian net en France tourne autour de 2 100 € par mois pour un temps plein. Hélène se situe donc légèrement en dessous, malgré un métier qui demande dix ans de formation pratique et une vraie technicité. Son loyer, lui, dépasse la moyenne nationale pour un T2.

Sa phrase pour résumer son rapport à l’argent : « Je ne suis pas à plaindre, mais je ne me paie jamais le luxe de ne pas compter. »

Chaque budget raconte une façon de tenir. Pour voir comment on s’en sort ailleurs, découvrez le quotidien d’un boulanger-pâtissier à Dieppe, ou celui de cette sellière-maroquinière de Cognac qui a fait d’autres choix.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *