Dans les comptes de Solène, commerciale sédentaire à Besançon à 2 190 € nets par mois
Solène, 33 ans, commerciale sédentaire dans une entreprise de matériel médical à Besançon, gagne 2 190 € nets par mois. Un fixe modeste complété par des primes qui varient selon les mois, un rythme qu’elle a fini par apprivoiser.
« Le fixe seul, je ne m’en sortirais pas. C’est vraiment la variable qui fait la différence », raconte-t-elle. Un mode de rémunération courant dans la vente, mais qui impose une gestion serrée du budget.
Un salaire qui dépend du téléphone
Le fixe de Solène s’élève à 1 750 € nets. À cela s’ajoute une commission sur ses ventes de dispositifs médicaux auprès de cliniques et cabinets de la région, qui varie entre 250 € et 550 € selon les mois.
Sur l’année, elle estime sa moyenne à environ 440 € de variable mensuel, ce qui porte son revenu à 2 190 € nets. « Il y a des mois euphoriques et des mois où je stresse en regardant mon pipeline », confie-t-elle.

Elle touche aussi 130 € de tickets restaurant mensuels, non comptabilisés dans le net mais qui allègent sensiblement son budget alimentaire du midi. Un détail qui change tout en fin de mois.
Reste que cette variabilité oblige à anticiper : Solène met de côté les mois fastes pour compenser les creux. Une discipline qu’elle a mise des années à installer, et qui ne suffit pas toujours à absorber les dépenses fixes qui, elles, tombent chaque mois sans faille.
Le loyer, premier poste incompressible
Solène loue un T2 de 42 m² dans le quartier de Saint-Claude à Besançon, pour 620 € charges comprises. Un montant qu’elle juge raisonnable comparé à ce que payaient ses amis partis à Lyon ou Paris.
Son assurance habitation lui coûte 13 € par mois, et elle règle 45 € d’électricité en moyenne, un montant qui grimpe l’hiver avec le chauffage électrique de l’appartement. « En janvier, j’ai payé 78 € rien que pour l’électricité », précise-t-elle.
Sa mutuelle santé, souscrite en individuel car son employeur ne propose qu’une base minimale, lui coûte 52 € mensuels. Un poste qu’elle a longtemps négligé avant une opération dentaire coûteuse qui l’a convaincue de mieux se couvrir.

Côté transport, elle possède une petite citadine essentielle pour ses tournées professionnelles auprès des clients. Le crédit auto s’élève à 165 € par mois, l’assurance à 58 €, et elle budgète 140 € d’essence, un poste directement lié à son activité commerciale.
Son forfait téléphone professionnel est pris en charge par l’entreprise, mais elle paie 24 € pour sa ligne personnelle et 34 € pour l’internet fibre de son appartement. S’ajoutent 8,99 € pour Netflix et 9,99 € pour Spotify, ses deux seuls abonnements de loisirs.
Total des charges fixes : environ 1 169 € par mois. Un montant qui laisse un peu plus de la moitié du salaire pour vivre, sortir, et faire face aux imprévus — mais qui varie fortement selon les mois de commission faible.
Ce qui reste pour vivre au quotidien
Pour ses courses alimentaires, Solène dépense environ 260 € par mois, un budget serré qu’elle optimise en cuisinant en lot le dimanche. « Je fais mes menus de la semaine, sinon je craque et je commande des sushis », admet-elle en riant.
Elle sort en moyenne deux fois par mois au restaurant avec des amis, pour un budget d’environ 90 € mensuels. Le shopping vêtements et accessoires lui coûte environ 70 € par mois, essentiellement pour des tenues professionnelles adaptées à ses rendez-vous clients.
Solène pratique la course à pied et s’est abonnée à une salle de sport pour 39,90 € par mois. Un loisir qu’elle considère non négociable, autant pour évacuer le stress commercial que pour garder la forme.
Côté vacances, elle lisse un budget de 130 € par mois pour financer un séjour annuel, généralement en Espagne ou au Portugal, et quelques week-ends chez ses parents en Alsace. Les frais d’essence pour ces trajets sont inclus dans son budget transport plus large.
Elle garde également une enveloppe de 60 € pour les imprévus : un cadeau d’anniversaire, une réparation, une sortie de dernière minute. Un coussin modeste, mais qui lui évite de puiser dans son épargne au moindre pépin.
Le variable qui fait toute la différence
En additionnant charges fixes et dépenses variables, Solène dépense environ 1 949 € sur un mois où elle touche sa moyenne de 2 190 €. Il lui reste alors environ 240 € qu’elle vire systématiquement sur un livret A.
Mais les mois où sa commission plonge sous les 300 €, l’équation devient plus tendue. « Le mois dernier, j’ai dû piocher dans mon épargne pour finir sereinement », reconnaît-elle sans dramatiser.
Elle n’a aucun crédit à la consommation, seulement le prêt auto qui s’achève dans quatorze mois. Son épargne totale avoisine 4 200 €, constituée patiemment grâce aux mois où les ventes ont été bonnes.
Son projet à moyen terme : mettre de côté pour un apport immobilier, idéalement dans les trois ans. Un objectif qui la pousse à limiter certaines dépenses, sans pour autant se priver de ses sorties du week-end.
Pour contextualiser, le salaire médian net en France tourne autour de 2 100 € par mois selon l’Insee. Solène se situe donc légèrement au-dessus, mais avec une variabilité qui complique la comparaison directe avec un salaire fixe classique.
« Je sais que je devrais épargner plus régulièrement, mais avec des revenus qui bougent tout le temps, difficile de se fixer une règle stricte », résume-t-elle, pragmatique face à un métier où l’incertitude fait partie du contrat.