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Dans les comptes de Nolwenn, monteuse en ascenseurs à Mulhouse… non : technicienne de maintenance en piscine à Rodez à 2 150 € nets par mois

Publié par Mathieu le 27 Oct 2026 à 19:01

Julie a 34 ans, vit à Bordeaux et passe ses soirées dans le noir… pour que les autres voient la lumière. Éclairagiste de spectacle salariée d’une salle de 900 places, elle gagne 2 280 € nets par mois. Voici comment elle répartit chaque euro, et le poste qui l’a elle-même surprise quand elle a fait ses comptes.

Ce qui tombe vraiment sur son compte chaque mois

Son salaire de base s’élève à 1 960 € nets, pour un temps plein annualisé. Il grimpe à 2 280 € grâce à des primes de soirée et de week-end qui représentent environ 230 € par mois, plus 90 € d’heures supplémentaires lors des pics de programmation.

« Les primes, c’est ce qui fait la différence, mais je ne les compte jamais en avance », confie Julie. Elle ne perçoit aucune aide : pas d’APL, pas de prime d’activité, son revenu est juste au-dessus des seuils.

Son compagnon, Antoine, 36 ans, est salarié dans la logistique et gagne 1 850 € nets. Mais l’article se concentre sur le budget personnel de Julie, et sa part dans les dépenses communes est plus étonnante qu’on ne l’imagine.

Ces 1 240 € qui disparaissent avant même le premier café

Le loyer d’abord : un deux-pièces de 48 m² à Caudéran, loué 780 € charges comprises. Le couple le partage à parts inégales, et Julie en règle 480 € chaque mois, soit un peu plus de 21 % de son revenu.

Viennent ensuite l’électricité et le gaz (62 €), l’assurance habitation (14 €), la box internet (29 €) et son forfait mobile (12 €). Elle paie aussi la mutuelle de la salle, 38 € prélevés sur sa fiche de paie, qu’on ne voit donc pas dans ce total.

Côté transports, elle n’a pas de voiture : abonnement tram et bus à 36 € et un vélo électrique acheté d’occasion, qu’elle rembourse encore à hauteur de 55 € par mois pendant huit mois. Total des fixes : 688 €, et on est loin du compte annoncé en titre de section, puisque le vrai gouffre se cache dans les dépenses invisibles.

Éclairagiste de spectacle dans sa régie à Bordeaux

Il reste l’impôt sur le revenu, prélevé à la source : 74 € par mois. Ajoutez 19 € de streaming et de musique, 9 € de cloud, et une salle de sport à 29 € qu’elle fréquente « deux fois par mois, si je suis honnête ». Cela fait 1 240 € de charges fixes au total en additionnant la part du couple, les abonnements et les prélèvements.

Le poste que personne ne voit venir : les « dépenses de métier »

Julie dépense 410 € par mois en courses alimentaires, restaurants et sorties. Le détail : 240 € de supermarché et de marché, 90 € de restaurants, 80 € de bars et de concerts.

Mais son vrai poste surprise, c’est le matériel. Un éclairagiste doit souvent avoir ses propres lampes frontales, gants, lunettes de protection, tenues noires et chaussures de sécurité. Elle y consacre en moyenne 65 € par mois lissés, sans remboursement de l’employeur.

« Je pensais que je ne dépensais rien pour mon boulot, et puis j’ai tout additionné sur un an. J’ai eu un choc », raconte-t-elle. Ce n’est pourtant pas le chiffre le plus étonnant de son tableau, qui se trouve du côté des vacances.

Julie faisant ses comptes à la table de sa cuisine

Elle met 120 € de côté chaque mois pour les voyages, 45 € pour les vêtements et 35 € pour les cadeaux. Essence et covoiturage occasionnel ajoutent 40 €, et les soins, coiffeur et pharmacie 52 €. Au total, les dépenses variables atteignent 767 € mensuels, matériel de scène compris.

Combien reste-t-il à la fin du mois ?

En additionnant tout, Julie dépense environ 1 960 € par mois, ce qui lui laisse 320 € de marge. Elle en place 200 € sur un Livret A et 120 € sur un PEA qu’elle a ouvert l’an dernier, plutôt par curiosité que par conviction.

Son épargne actuelle atteint 7 400 €, soit à peine plus de trois mois de dépenses. Elle n’a aucun crédit à la consommation, hormis le remboursement du vélo, et elle n’envisage pas encore d’acheter : « Avec mon contrat, la banque me regarderait de travers, et on n’a pas d’apport. »

Son projet pour les deux prochaines années ? Un voyage de trois semaines au Japon, estimé à 4 200 € pour deux. Elle s’y prépare depuis mars, et chaque mois compte désormais dans son tableau Excel.

Ce que Julie dit de son rapport à l’argent

« Je ne me prive de rien d’essentiel, mais je ne suis pas à l’abri d’un gros imprévu. Le jour où mon vélo me lâchera, ou ma machine à laver, je puiserai direct dans l’épargne. »

Pour mettre ses chiffres en perspective, le salaire net médian en France tourne autour de 2 190 € par mois. Julie se situe donc légèrement au-dessus, mais avec un métier de nuit, des horaires atypiques et peu de perspectives d’augmentation rapide.

Et si vous voulez voir un autre quotidien aux fiches de paie proches, découvrez comment Anouk, ingénieure du son à Villeurbanne fait ses fins de mois, avec des postes de dépenses qui vont vous étonner.

Autre métier de l’ombre, autre réalité : Solène, correctrice freelance à Lille, raconte ce que veut dire jongler entre factures et deadlines sans filet de sécurité.

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