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Dans les comptes de Grégory, éclusier de canal fluvial à Auxonne à 1 980 € nets par mois

Publié par Mathieu le 24 Sep 2026 à 19:01

Grégory, 41 ans, éclusier sur le canal du Rhône au Rhin à Auxonne, en Côte-d’Or, gagne 1 980 € nets par mois. Un métier public méconnu, rythmé par le passage des péniches et des bateaux de plaisance, qu’il exerce depuis douze ans pour Voies Navigables de France. Voici comment il répartit chaque euro, entre logement de fonction et petites astreintes qui font gonfler la fiche de paie.

Éclusier au travail près d'une écluse fluviale

Un salaire de fonctionnaire, plus les astreintes qui changent la donne

Grégory est agent technique d’exploitation chez VNF, statut fonctionnaire de catégorie C. Son salaire de base tourne autour de 1 720 € nets par mois, une grille assez classique pour ce niveau d’ancienneté.

« Les gens croient qu’on ouvre juste des vannes toute la journée, mais il y a de la technique, de la sécurité, et surtout des horaires décalés », raconte-t-il. Ce sont justement ces horaires qui font la différence sur sa fiche de paie.

Les astreintes de week-end et les heures supplémentaires liées à la navigation estivale lui rapportent en moyenne 180 € par mois, avec des pics à 300 € en juillet-août quand le trafic fluvial explose. S’ajoute une prime de résidence de 80 € liée à la localisation de son poste.

Total : 1 980 € nets par mois en moyenne annuelle lissée, primes comprises.

Le logement de fonction, cet avantage qui change tout le budget

Ici se cache le vrai atout de Grégory : il occupe un logement de fonction juste à côté de l’écluse qu’il gère, une maison éclusière de 75 m² fournie par VNF. Il ne paie que 210 € de redevance mensuelle, charges comprises.

« Sans ce logement, je ne m’en sortirais jamais avec ce salaire dans le coin », admet-il directement. Un logement équivalent en location libre coûterait facilement 550 à 600 € dans les environs.

Ses autres charges fixes restent modestes : assurance habitation à 14 €, assurance auto à 52 € pour sa voiture indispensable en zone rurale, mutuelle santé pour lui et son fils à 68 €.

Côté abonnements, forfait mobile à 12,99 €, box internet à 29,99 €, et un abonnement Netflix partagé avec son frère à 6,50 € sa part. L’électricité de son logement, elle, lui coûte 95 € par mois en moyenne annuelle, chauffage au bois d’appoint inclus.

Maison éclusière au bord du canal en Côte-d'Or

Mais ce petit loyer cache une contrainte que peu de métiers imposent : l’obligation de résider sur place, disponible à toute heure. Un arbitrage qui pèse sur sa vie de famille, on y revient plus loin.

Les dépenses variables d’un divorcé qui élève son fils un week-end sur deux

Grégory est divorcé et a la garde de son fils de 9 ans un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Ses courses alimentaires tournent autour de 260 € par mois pour lui seul, montant qui grimpe à 340 € les semaines où son fils est présent.

« Je cuisine beaucoup, le poisson de la rivière quand j’ai le temps de pêcher, ça fait des économies », glisse-t-il en riant. La pêche reste son loisir principal, quasiment gratuit puisqu’il possède déjà tout le matériel.

Le budget essence pèse lourd : 140 € par mois pour les trajets vers Dijon où vit son fils la semaine, plus les déplacements professionnels ponctuels non remboursés intégralement.

Les sorties restent limitées : un restaurant avec son fils une fois par mois autour de 35 €, quelques bières entre collègues le vendredi soir estimées à 40 € mensuels. Le shopping vêtements se limite à 45 € par mois en moyenne, essentiellement pour renouveler la garde-robe de son fils qui grandit vite.

Budget vacances lissé sur l’année : 90 € par mois, pour un camping en famille l’été dans le Jura tout proche. Rien d’extravagant, mais assez pour souffler.

Un reste à vivre serré mais une épargne qui tient bon

Une fois toutes les charges fixes et variables déduites, il reste à Grégory environ 210 € par mois. Sur cette somme, il parvient à épargner 100 € systématiquement sur un livret A, le reste servant de marge de sécurité pour les imprévus.

« Je sais que je devrais mettre plus de côté, mais avec la pension alimentaire et l’entretien de la voiture qui tombe toujours au mauvais moment, c’est compliqué », confie-t-il. Il verse en effet 150 € de pension alimentaire chaque mois, poste qui n’apparaît pas ailleurs et pèse dans son budget global.

Aucun crédit à la consommation en cours, seule dette : un petit prêt personnel de 80 € par mois pour financer le remplacement de sa voiture il y a deux ans, qui se termine dans huit mois.

Son projet à moyen terme : passer le concours interne pour devenir chef de section, un poste qui lui permettrait de gagner environ 300 € de plus par mois. « Ça changerait vraiment la donne pour mon fils », espère-t-il.

Avec 1 980 € nets, Grégory se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets selon l’Insee. « On n’est pas riches, mais entre le logement quasi gratuit et la vie simple qu’on mène ici, on ne manque de rien d’essentiel », résume-t-il en observant une péniche s’engager dans son écluse.

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