Dans les comptes de Solange, factrice à Auxerre à 2 010 € nets par mois
Solange, 44 ans, distribue le courrier à Auxerre depuis dix-huit ans. Facteure titulaire à La Poste, elle touche 2 010 € nets par mois, primes comprises. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer au budget essence de sa voiture, indispensable pour sa tournée en zone rurale.
Elle vit seule avec son fils de 15 ans dans un pavillon loué en périphérie de la ville. Son quotidien, elle le résume simplement : « Je roule 45 kilomètres par jour, tous les jours, et personne ne me rembourse l’usure de ma voiture personnelle. »

Le salaire d’une factrice titulaire, primes et indemnités comprises
Solange perçoit un salaire de base de 1 680 € nets, correspondant à son grade de facteure C1 avec ancienneté. À cela s’ajoute une prime de résultat trimestrielle qui varie entre 80 et 120 € selon la performance de sa tournée.
Elle touche aussi une indemnité de tournée de 210 € par mois, liée à la distance parcourue en zone rurale autour d’Auxerre. « Cette indemnité, c’est censé couvrir mon carburant et l’entretien de la voiture, mais elle ne suit jamais vraiment les prix à la pompe », précise-t-elle.
Elle perçoit enfin les allocations familiales pour son fils, soit 35 € mensuels, son fils étant enfant unique. Au total, ses revenus mensuels nets atteignent 2 010 €, un montant stable toute l’année sauf en décembre où les étrennes de fin d’année ajoutent en moyenne 90 € supplémentaires.
Loyer, voiture, assurances : ce qui part avant même d’avoir touché l’argent
Le loyer de son pavillon de 70 m² s’élève à 620 €, charges non comprises. Les charges locatives, elle, tournent autour de 85 € par mois, eau et entretien des parties communes inclus.
L’électricité et le chauffage, au gaz, lui coûtent en moyenne 145 € par mois, avec de fortes variations l’hiver. Sa voiture, indispensable pour sa tournée, représente un poste lourd : crédit auto à 180 €, assurance à 65 € et carburant estimé à 160 € mensuels.

S’ajoutent la mutuelle santé à 58 €, l’assurance habitation à 22 € et le forfait téléphone-internet groupé à 45 €. Elle règle aussi 40 € d’impôt sur le revenu prélevé à la source, son taux étant faible compte tenu de sa situation de parent isolé.
Ce total de dépenses fixes grimpe à 1 355 € par mois, soit plus de 67 % de ses revenus. « Ma voiture, c’est mon outil de travail autant que ma galère financière », résume-t-elle, un brin fataliste.
Courses, cantine, loisirs : le budget qui laisse peu de marge
Les courses alimentaires pour elle et son fils représentent environ 320 € par mois, avec des arbitrages serrés en fin de mois. La cantine scolaire de son fils coûte 65 € mensuels, un tarif calculé selon le quotient familial.
Elle prévoit 60 € pour les vêtements et fournitures scolaires, lissés sur l’année, et 40 € pour les loisirs de son fils, principalement le club de foot local. Ses propres sorties se limitent à un cinéma occasionnel et un abonnement streaming à 10 €, largement rentabilisé les soirs d’hiver.
Le budget vacances, très modeste, atteint 50 € par mois lissés, pour un séjour d’une semaine chez sa sœur en Bretagne l’été. « On ne part jamais bien loin, mais mon fils garde de bons souvenirs, c’est l’essentiel », confie-t-elle.
Fin de mois : ce qu’il reste vraiment sur le compte
En additionnant dépenses fixes et variables, Solange dépense environ 1 900 € par mois. Il lui reste donc en moyenne 110 € qu’elle tente de mettre de côté, sans grande régularité.
Elle n’a pas de crédit à la consommation en cours, seulement le crédit auto qui se termine dans quatorze mois. Une fois ce crédit soldé, elle espère enfin constituer une épargne de précaution digne de ce nom.
« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec un ado à la maison, les imprévus arrivent vite », reconnaît-elle. Sa priorité reste de changer de voiture d’ici deux ans, sans nouveau crédit si possible.
Avec 2 010 € nets, Solange se situe légèrement en dessous du salaire médian français, autour de 2 100 € nets pour un temps plein. « Je ne me plains pas, j’ai un métier stable, mais chaque euro compte », dit-elle en refermant son carnet de comptes.