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Dans les comptes de Ginette, gardienne d’immeuble à Paris à 1 850 € nets par mois

Publié par Mathieu le 12 Juil 2026 à 19:01

Ginette, 54 ans, gardienne d’immeuble dans le 15e arrondissement de Paris, gagne 1 850 € nets par mois. Un chiffre qui ne dit pas tout : elle vit aussi dans une loge de fonction, un avantage qui change complètement l’équation budgétaire.

Depuis 22 ans dans le même immeuble bourgeois, elle connaît chaque locataire, chaque poubelle, chaque fuite d’eau. « Les gens pensent que je fais juste le ménage, mais je gère aussi les artisans, les livraisons, les urgences la nuit », raconte-t-elle. Voici comment elle répartit chaque euro.

Un salaire modeste, mais un logement quasi gratuit

Le salaire de base de Ginette est fixé par la convention collective des gardiens et employés d’immeuble. Elle touche 1 620 € nets pour un poste à temps plein incluant la sortie des poubelles, l’entretien des parties communes et la surveillance de l’immeuble.

À cela s’ajoute une prime d’ancienneté de 90 € par mois, versée automatiquement après 20 ans de service dans la même copropriété. Le syndic lui verse aussi 140 € pour la gestion administrative des artisans et des états des lieux.

Son mari, retraité de la RATP, perçoit une pension de 1 380 € qui complète le budget du foyer. Mais dans cet article, on s’intéresse uniquement à la part de Ginette dans les comptes du ménage.

« Le vrai luxe, c’est de ne pas payer de loyer », confie-t-elle. Un avantage qui vaut de l’or dans une ville où le coût de la vie explose chaque année.

Gardienne d'immeuble souriante devant son immeuble parisien

La loge de fonction, cet avantage qui change tout

Ginette occupe une loge de 32 m² au rez-de-chaussée de l’immeuble, avec électricité et chauffage inclus dans son contrat. Ce logement de fonction représente une économie estimée à 900 € par mois par rapport à un studio équivalent dans le quartier.

Elle paie tout de même une taxe d’habitation résiduelle de 45 € par mois, lissée sur l’année, ainsi qu’une assurance habitation à 18 €. Son forfait mobile lui coûte 12 € chez un opérateur low-cost, et internet est mutualisé avec la loge pour 25 €.

La mutuelle santé obligatoire prélevée par son employeur s’élève à 62 € par mois. Elle cotise aussi 35 € pour une complémentaire retraite facultative, histoire d’arrondir une pension qui s’annonce modeste.

« Sans la loge, je ne pourrais jamais vivre à Paris avec ce salaire », admet-elle sans détour. Reste à voir combien il lui coûte réellement de vivre au quotidien, une fois le logement écarté de l’équation.

Petite loge de fonction cosy dans un immeuble parisien

Les courses, les sorties et ce poste qu’on oublie souvent

Pour l’alimentation, Ginette dépense environ 280 € par mois, en grande partie chez Lidl et sur le marché du samedi. Elle cuisine presque tout maison, un réflexe hérité d’une enfance modeste en Corrèze.

Le poste transport reste léger : son Pass Navigo lui coûte 84,10 € par mois, remboursé à hauteur de 50% par son employeur, soit un reste à charge de 42 €. Elle ne possède pas de voiture, inutile dans son quotidien parisien.

Les loisirs et sorties représentent environ 90 € mensuels : un cinéma de temps en temps, un resto avec son mari une fois par mois, quelques magazines. Le shopping vêtements est réduit à 50 € en moyenne, lissé sur l’année.

Un poste surprend souvent : les pourboires et petits cadeaux qu’elle fait elle-même aux artisans ou livreurs pour fluidifier les relations, environ 25 € par mois. « C’est officieux, mais ça compte dans mon budget », précise-t-elle.

Le budget vacances, lissé sur douze mois, représente 110 €. Un camping dans le Sud tous les deux ans, rien de plus. « On n’a jamais eu les moyens de partir loin », reconnaît-elle sans amertume particulière.

Ce qui reste à la fin du mois

En additionnant tout, Ginette dépense environ 774 € de charges et dépenses courantes sur ses 1 850 € nets. Grâce à la loge de fonction qui absorbe l’essentiel du poste logement, il lui reste environ 1 076 € chaque mois.

Elle en épargne systématiquement 300 € sur un Livret A, une discipline qu’elle s’impose depuis toujours. « Je sais que je devrais épargner encore plus, mais j’ai aussi envie de profiter un peu avant la retraite », confie-t-elle.

Le reste sert à des dépenses imprévues : réparations, cadeaux aux petits-enfants, ou simplement un matelas de sécurité qu’elle garde sur son compte courant. Aucun crédit en cours, aucune dette : une situation financière stable, presque enviable pour son secteur.

Son objectif à moyen terme : réunir 15 000 € d’épargne avant son départ à la retraite, prévu dans six ans. Un projet réaliste, vu le rythme d’épargne qu’elle maintient depuis des années.

Le mot de la fin

« Je n’ai jamais roulé sur l’or, mais je ne me suis jamais couchée en me demandant comment payer le loyer », résume Ginette. Avec un salaire net inférieur au salaire médian français, situé autour de 2 100 € selon l’Insee, elle s’en sort grâce à un avantage rare : un toit quasi gratuit dans une ville où se loger coûte une fortune.

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