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Dans les comptes de Vincent, gérant de station-service à Bourg-en-Bresse à 2 190 € nets par mois

Publié par Mathieu le 03 Août 2026 à 19:01

Vincent, 41 ans, gère depuis six ans une station-service indépendante en périphérie de Bourg-en-Bresse. Amplitude horaire large, astreintes le week-end, gestion du personnel et des stocks : il touche 2 190 € nets par mois pour un métier que peu de gens imaginent aussi chronophage. Voici comment il répartit chaque euro.

Un salaire qui dépend directement des volumes de carburant vendus

Vincent est salarié d’un franchisé, avec un statut de gérant mandataire. Son fixe brut tourne autour de 2 100 €, mais une partie de sa rémunération dépend des ventes de la boutique attenante à la pompe.

« Le carburant, on ne touche presque rien dessus, les marges sont ric-rac. C’est la boutique — café, sandwichs, tabac — qui fait vivre mon salaire variable », explique-t-il. Ce complément oscille entre 150 et 300 € selon les mois.

Au final, Vincent perçoit 2 190 € nets en moyenne, primes lissées comprises. Il touche aussi une prime de fin d’année équivalente à un demi-mois, versée en décembre, qu’il provisionne mentalement toute l’année pour les fêtes.

Gérant de station-service souriant devant sa boutique

Un loyer modeste qui laisse de la marge, mais des trajets qui pèsent lourd

Vincent loue une maison de village à 20 minutes de la station, pour 620 € charges comprises. Un choix assumé : « À Bourg-en-Bresse même, j’aurais payé 150 € de plus pour un logement plus petit. »

Son budget transport grimpe vite : 190 € d’essence par mois pour ses trajets domicile-travail et les allers-retours chez ses parents. Ironie du métier, il achète son propre carburant… à sa station, sans réduction particulière.

L’assurance auto lui coûte 55 €, la mutuelle d’entreprise est prélevée à hauteur de 38 €. Son forfait mobile et sa box internet totalisent 45 €, Netflix et Disney+ ajoutent 17 € supplémentaires.

Vincent cotise aussi 90 € par mois pour une assurance emprunteur liée à un crédit auto contracté il y a deux ans pour changer de véhicule. Un poste qu’il n’avait pas anticipé à ce niveau.

Total des charges fixes : environ 1 055 €, soit près de la moitié de son revenu mensuel. « Le loyer et l’essence, à eux seuls, ça fait 810 € qui partent avant même que je pense à manger », résume-t-il.

Maison de village louée par le gérant en Bresse

Des horaires décalés qui changent complètement la façon de dépenser

Travaillant souvent en horaires coupés ou tôt le matin, Vincent fait ses courses en grande surface une fois par semaine, pour environ 260 € mensuels, lui qui vit seul.

Il grignote régulièrement à la boutique de sa propre station, ce qui génère une dépense discrète mais réelle : environ 60 € par mois en sandwichs et boissons, malgré la remise employé de 20%.

Les sorties restent rares faute de temps libre synchronisé avec ses amis : 70 € par mois pour un resto ou un bowling occasionnel. Son loisir principal, la pêche, lui coûte peu — 25 € d’entretien de matériel.

Le tabac, qu’il a arrêté il y a trois ans, a libéré un budget qu’il réinjecte désormais dans l’entretien de sa voiture, achetée d’occasion : environ 40 € mensuels lissés pour les révisions et petites réparations.

Il prévoit un budget vacances de 100 € par mois, pour financer une semaine chaque été dans le sud, souvent chez de la famille pour limiter les frais d’hébergement.

Un reste à vivre serré qui pousse à l’épargne de précaution plutôt qu’à long terme

Une fois les fixes et les variables décomptés, il reste environ 380 € à Vincent chaque mois. Pas de quoi voir venir large, mais suffisant pour ne pas être dans le rouge.

« Je mets systématiquement 150 € sur un Livret A, quoi qu’il arrive. Le reste, ça dépend des mois », confie-t-il. Cette discipline lui a permis de constituer une épargne de sécurité d’environ 3 800 €.

Il n’a pas de projet immobilier à court terme, la stabilité de son statut de gérant mandataire rendant les banques frileuses. « On me dit que je ne suis ni vraiment salarié ni vraiment indépendant, donc les crédits, c’est compliqué. »

Son seul crédit en cours concerne sa voiture, avec encore 18 mensualités de 140 € à rembourser. Une fois soldé, il compte augmenter son épargne mensuelle de la moitié de cette somme.

« Je ne me plains pas, je vis correctement, mais je sais que le jour où la station change de propriétaire, mon salaire peut bouger du jour au lendemain », résume Vincent. Son revenu reste proche du salaire médian français, autour de 2 100 € nets, mais avec une précarité structurelle que le montant seul ne révèle pas.

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