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Dans les comptes de Corinne, gérante de pressing à Béziers à 2 020 € nets par mois

Publié par Mathieu le 05 Août 2026 à 19:01

Corinne, 47 ans, gère son pressing depuis douze ans dans le centre de Béziers. Chaque mois, elle dégage 2 020 € nets pour faire tourner sa maison et son commerce. Entre loyer commercial, machines à entretenir et vie de famille, chaque euro est compté.

« Les gens pensent qu’un commerçant gagne forcément bien, mais entre les charges du local et celles de la maison, il ne reste pas grand-chose », confie-t-elle. Voici le détail complet de son budget, poste par poste.

Un revenu qui dépend directement de l’activité du pressing

Corinne s’est mise à son compte après quinze ans comme salariée dans une chaîne de nettoyage à sec. Aujourd’hui, elle se verse un salaire de gérante de 1 780 € nets par mois, calculé selon les résultats du pressing.

Ce montant varie légèrement d’un mois à l’autre. En période de forte activité, comme avant les fêtes ou la rentrée scolaire, elle peut se permettre de se verser jusqu’à 2 100 €. Les mois calmes de l’été, elle redescend parfois à 1 600 €.

Pour lisser ses revenus, elle a fixé une moyenne annuelle qui lui permet de se verser 1 780 € tous les mois, quoi qu’il arrive. Le surplus est mis en réserve dans la trésorerie du commerce.

À cela s’ajoutent 240 € d’allocations familiales, puisqu’elle a deux enfants de 9 et 13 ans. Son mari, artisan plombier, contribue séparément aux charges du foyer, mais Corinne gère son propre budget de façon autonome.

Son revenu net mensuel total atteint donc 2 020 €. Un chiffre proche de la moyenne des commerçants indépendants en province, mais bien inférieur aux standards parisiens du même métier.

Gérante de pressing devant sa boutique à Béziers

Le local commercial pèse lourd, la maison aussi

Premier poste de dépense fixe : le loyer du local commercial, 850 € par mois, charges comprises. Un montant conséquent pour un pressing de 45 m² situé à deux pas de la place de la Victoire.

« Le local coûte presque autant que mon crédit immobilier », remarque-t-elle. Justement, ce crédit pour la maison familiale s’élève à 780 € par mois, sur un emprunt de 25 ans souscrit avec son mari.

Les charges professionnelles s’ajoutent : 190 € d’électricité pour faire tourner les machines de nettoyage à sec, particulièrement énergivores. L’eau chaude nécessaire au repassage vapeur gonfle encore la facture.

L’assurance professionnelle du commerce coûte 65 € mensuels, tandis que l’assurance habitation revient à 38 €. La mutuelle santé familiale, indispensable avec deux enfants, pèse 145 € par mois.

Côté transport, Corinne utilise sa voiture pour livrer certains clients professionnels comme des hôtels et des restaurants. Elle budgète 120 € de carburant et d’entretien automobile mensuel.

Le forfait téléphone et internet de la famille, groupé chez le même opérateur, coûte 55 € par mois. Un abonnement Netflix partagé avec les enfants ajoute 13,49 € supplémentaires.

Au total, ses dépenses fixes atteignent 2 256 € si l’on cumule vie professionnelle et vie personnelle. Un chiffre qui dépasse largement son salaire net, ce qui l’oblige à puiser dans la trésorerie du pressing pour équilibrer.

Corinne calculant son budget mensuel dans son pressing

Les courses et les à-coups du quotidien

Pour l’alimentation, Corinne compte environ 420 € par mois pour une famille de quatre personnes. Elle privilégie le marché du samedi matin pour les fruits et légumes, moins cher qu’en grande surface selon elle.

Les repas au restaurant restent rares : 60 € par mois, réservés aux anniversaires ou aux occasions spéciales. « On ne peut pas se permettre de sortir tous les week-ends », explique-t-elle sans amertume.

Le budget habillement de la famille, enfants compris, tourne autour de 90 € mensuels. Corinne achète surtout pendant les soldes et privilégie les vêtements durables pour ses enfants en pleine croissance.

Les loisirs représentent 75 € : piscine municipale, sorties au cinéma occasionnelles, et abonnement au club de foot du fils cadet. Rien de superflu, mais de quoi maintenir un équilibre familial.

Les vacances d’été, lissées sur l’année, représentent 130 € par mois. La famille part généralement une semaine dans les Pyrénées-Orientales, chez des cousins, ce qui limite les frais d’hébergement.

Le pressing génère aussi des frais variables imprévus : produits chimiques de nettoyage, petites réparations de machines, cintres et housses. Corinne provisionne 85 € mensuels pour ces imprévus professionnels.

Un équilibre fragile, mais une trésorerie qui absorbe les chocs

En additionnant dépenses fixes et variables, Corinne dépasse régulièrement son salaire net mensuel. La différence est comblée par la trésorerie du pressing, accumulée pendant les périodes fastes.

« Je sais que je devrais épargner davantage sur mon compte personnel, mais avec le local et la maison, tout part dans les charges », reconnaît-elle. Son épargne personnelle reste donc symbolique : 50 € par mois sur un livret A.

Le vrai coussin de sécurité, c’est le pressing lui-même. Sa trésorerie professionnelle dépasse 8 000 €, accumulée sur plusieurs années pour absorber les pannes de machines, coûteuses à remplacer.

Corinne a aussi un crédit professionnel en cours pour une machine de nettoyage à sec achetée il y a trois ans : 145 € de remboursement mensuel, qui s’éteindra dans deux ans.

Son projet à moyen terme : ouvrir un second point de vente dans un quartier voisin de Béziers. Un investissement qu’elle prépare depuis plusieurs mois avec son banquier, sans se presser.

« Mon métier ne me rendra jamais riche, mais il me permet de vivre correctement et de garder mon indépendance », résume Corinne. Son revenu reste inférieur au salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets, preuve que l’indépendance a un prix.

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