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Dans les comptes de Nadège, hôtesse d’accueil en entreprise à Nantes à 1 720 € nets par mois

Publié par Mathieu le 15 Août 2026 à 19:01

Nadège, 33 ans, tient l’accueil d’un siège social nantais depuis six ans. Costume tailleur, sourire calibré, standard téléphonique et badges à distribuer : son métier, elle le résume en une phrase. « Je suis la première image de l’entreprise, mais la dernière personne dont on pense au salaire. »

Avec 1 720 € nets par mois, elle a appris à faire des arbitrages serrés. Elle nous ouvre son budget, poste par poste, sans filtre.

Un salaire d’hôtesse d’accueil, entre fixe et incertitude

Nadège est en CDI, employée par une société de prestation de services qui la détache chez un client, une grande entreprise du secteur tertiaire. Son salaire de base est de 1 620 € nets par mois, calé sur la convention collective de la branche accueil.

S’ajoute une prime de ponctualité et d’assiduité de 60 € par mois, versée seulement si aucun retard n’est constaté. « Un jour de grève des transports et je perds ma prime, c’est arrivé deux fois cette année », confie-t-elle.

Elle touche aussi 40 € de tickets restaurant employeur en moyenne, une fois la part salariale déduite. Total mensuel : 1 720 € nets, un revenu qui colle presque exactement au salaire médian des employés de ce secteur en France.

Hôtesse d'accueil souriante derrière un bureau d'entreprise

Le loyer, premier poste qui grignote tout

Nadège loue un studio de 28 m² dans le quartier de Bellevue à Nantes, à 20 minutes en tramway de son lieu de travail. Le loyer charges comprises s’élève à 590 € par mois, un montant qui a grimpé de 40 € l’an dernier lors du renouvellement de bail.

Elle n’a pas droit aux APL : son salaire dépasse de peu le plafond fixé pour une personne seule dans l’agglomération nantaise. « J’ai fait la simulation trois fois, ça tombe toujours juste au-dessus », regrette-t-elle.

L’abonnement tramway-bus lui coûte 34,50 € par mois, tarif plein puisqu’elle ne bénéficie d’aucune prise en charge employeur pour cette formule.

Assurances, forfaits et charges qui s’enchaînent

Sa mutuelle santé, complémentaire à celle proposée par son employeur, lui coûte 28 € mensuels pour un niveau de garanties correct. Elle a aussi une assurance habitation à 12 € par mois et une assurance auto qu’elle ne paie plus : elle a revendu sa voiture l’an dernier, jugée trop coûteuse pour son usage.

Son forfait mobile lui revient à 15,99 €, et l’abonnement internet-box de son studio à 24,90 €. Elle s’est abonnée à Netflix seule, sans partage de compte, pour 13,49 € par mois.

Enfin, elle paie 45 € de crédit à la consommation, souscrit il y a deux ans pour financer un ordinateur portable et quelques meubles. Il lui reste huit mensualités avant d’en être libérée.

Femme calculant son budget mensuel dans sa cuisine

Les courses et le quotidien, terrain miné

Nadège budgète 220 € par mois pour l’alimentation, en faisant l’essentiel de ses courses chez les enseignes de hard discount du quartier. « Je regarde les dates courtes, je fais mes menus à la semaine, sinon ça explose direct. »

Elle prévoit 60 € pour le déjeuner du midi, pris parfois au bureau grâce aux tickets restaurant, parfois dans un sandwich acheté sur le pouce quand elle n’a pas eu le temps de préparer sa gamelle.

Le poste habillement pèse lourd dans son budget : son métier impose une tenue soignée, renouvelée régulièrement. Elle y consacre environ 45 € par mois en moyenne lissée, entre chemisiers, collants et retouches de tailleur.

Sorties, loisirs et petits plaisirs comptés

Le budget loisirs et sorties de Nadège tourne autour de 70 € par mois : un cinéma, un verre entre amies, parfois un brunch le dimanche. Elle a arrêté sa salle de sport l’an dernier, jugée incompatible avec son budget, et privilégie désormais le running gratuit le long de l’Erdre.

Elle s’autorise 25 € de shopping mensuel, souvent reportés d’un mois sur l’autre pour se constituer une petite cagnotte avant un achat plus conséquent. « Je préfère économiser deux mois et m’offrir une vraie paire de chaussures plutôt que d’acheter du jetable. »

Le poste beauté, coiffeur et soins, lui coûte 30 € par mois en moyenne, un rendez-vous coiffeur espacé tous les deux mois environ.

Un budget qui laisse peu de marge

Une fois toutes les dépenses fixes et variables additionnées, Nadège parvient à mettre de côté entre 40 et 80 € par mois, selon les imprévus du moment. Cette épargne part sur un livret A, sans versement automatique programmé.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec le loyer qui a augmenté, c’est déjà bien si j’arrive à ne pas être à découvert », reconnaît-elle. Elle n’a aucun projet immobilier à court terme, consciente que son salaire ne le permettrait pas dans l’immédiat sur Nantes.

Elle envisage de passer un titre professionnel d’assistante de gestion pour évoluer vers un poste plus qualifié et mieux rémunéré. « Ce métier, je l’aime, mais je ne veux pas le faire toute ma vie au même salaire. »

Avec 1 720 € nets, Nadège se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 1 940 € nets pour un temps plein. Un budget qui tient, mais qui ne pardonne aucun écart, comme le vivent de nombreux salariés du secteur des services en France.

Pour comparer d’autres réalités salariales, on peut consulter les métiers les mieux payés en France en 2026, ou encore le détail des comptes de Pauline, agent de voyage à Angers, pour une situation budgétaire assez proche.

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