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Dans les comptes de Delphine, hôtesse de caisse à Béthune à 1 690 € nets par mois

Publié par Mathieu le 09 Juil 2026 à 19:01

Delphine a 34 ans, deux enfants de 6 et 9 ans, et travaille depuis douze ans comme hôtesse de caisse dans un hypermarché à Béthune. Elle gagne 1 690 € nets par mois, primes comprises. Divorcée depuis trois ans, elle élève seule ses enfants une semaine sur deux et jongle avec un budget qui ne pardonne aucun écart.

« Le 3 du mois, je sais déjà combien il me restera le 28 », résume-t-elle. Voici comment chaque euro est réparti, poste par poste.

Un salaire calé sur la grille de la distribution

Delphine perçoit 1 520 € nets de salaire de base, pour un contrat 35 heures en caisse et accueil. S’ajoute une prime d’ancienneté de 85 € après douze ans de maison.

Elle touche aussi une prime de participation lissée sur l’année, environ 60 € par mois en moyenne. Le total atteint 1 690 € nets, primes comprises, un chiffre stable depuis deux ans malgré l’inflation.

Côté aides, elle perçoit 180 € d’allocations familiales et de complément familial pour ses deux enfants. La CAF lui verse également 210 € d’APL pour son T3 en location.

Hôtesse de caisse souriante à son poste de travail

Le loyer, premier poste, et une pension qui ne suffit jamais

Delphine loue un T3 de 68 m² dans un quartier résidentiel de Béthune pour 590 € charges comprises. Après déduction de l’APL, il lui reste 380 € à sa charge chaque mois.

Son ex-conjoint lui verse une pension alimentaire de 150 € par enfant, soit 300 € au total, versée avec une régularité qu’elle qualifie elle-même de « miraculeuse ». « Je sais que beaucoup de mères galèrent pour toucher leur pension, moi j’ai de la chance qu’il paie rond », confie-t-elle.

L’électricité et le gaz lui coûtent 95 € par mois en moyenne, lissés sur l’année via une mensualisation. L’assurance habitation s’élève à 14 €, une formule basique sans option supplémentaire.

Assurances, téléphonie et mutuelle : les charges qu’on oublie de compter

Sa mutuelle santé, indispensable avec deux enfants qui enchaînent otites et bronchites l’hiver, lui coûte 62 € par mois. Elle a comparé plusieurs offres avant de choisir cette formule intermédiaire.

Son forfait mobile lui revient à 12 € chez un opérateur low-cost, et celui de sa fille aînée, obligatoire pour l’école, ajoute 8 € supplémentaires. L’accès internet fixe coûte 25 € par mois via la fibre récemment installée dans son immeuble.

Elle n’a qu’un seul abonnement streaming, Netflix à 13 €, partagé avec sa sœur pour diviser la note. « On se le partage depuis des années, c’est notre petit luxe du dimanche soir », dit-elle en riant.

Pas de voiture personnelle : Delphine se déplace en bus, avec un abonnement mensuel à 28 € pris en charge à 50% par son employeur, soit 14 € de reste à charge. Un budget contraint qui laisse peu de marge — mais qui cache une autre bataille, celle des courses du quotidien.

Mère de famille calculant son budget mensuel à table

Nourrir deux enfants avec 280 euros par mois

Le poste alimentation tourne autour de 280 € mensuels pour trois personnes, un budget qu’elle connaît par cœur grâce à son métier. « Travailler en caisse m’a appris à repérer les vraies promos, celles qui ne sont pas des arnaques marketing », explique-t-elle.

Elle fait ses courses le mercredi soir, jour des arrivages, et privilégie les marques distributeur pour les produits de base. Les fruits et légumes de saison, achetés sur le marché du samedi, lui reviennent moins cher qu’en grande surface.

Les cantines scolaires lui coûtent 55 € par mois pour les deux enfants, tarif calculé selon le quotient familial. Un vrai soulagement comparé aux repas maison, qu’elle doit préparer les mercredis et pendant les vacances.

Les sorties restent rares : un cinéma en famille une fois par mois grâce aux tarifs réduits du comité d’entreprise, soit 24 € pour trois places. Les vêtements des enfants, achetés en solde ou en seconde main via des groupes Facebook locaux, représentent environ 40 € mensuels lissés sur l’année.

Le budget loisirs personnel de Delphine est quasi inexistant : 20 € par mois qu’elle met de côté pour un coiffeur ou un vernis, quand elle y pense. « Je sais que je devrais penser plus à moi, mais entre le boulot et les enfants, il ne reste pas grand-chose », admet-elle.

Le mois où tout tient, et celui où rien ne va

En additionnant charges fixes et dépenses variables, Delphine dépense environ 1 610 € par mois sur ses 1 690 € de revenus. Il lui reste en théorie 80 € de marge, une somme qu’elle essaie de virer sur un livret A dès le début du mois.

« Certains mois, je n’arrive à mettre que 20 ou 30 euros de côté, parfois rien du tout », reconnaît-elle. Son épargne actuelle atteint 640 €, constituée sur trois ans, qu’elle considère comme son matelas de sécurité en cas de panne électroménager ou de dépense imprévue.

Elle n’a aucun crédit à la consommation en cours, un choix assumé depuis son divorce. « J’ai vu ce que ça donnait de s’endetter à deux, je préfère me priver un peu mais rester tranquille », explique-t-elle.

Son projet à moyen terme : passer à temps plein pour toucher environ 200 € de plus par mois, une demande en cours d’étude par sa direction. En attendant, elle guette les heures complémentaires disponibles pendant les périodes de forte affluence, notamment aux fêtes de fin d’année.

« Je fais avec ce que j’ai, et je préfère ça plutôt que de m’endetter pour des choses qui ne me rendraient pas plus heureuse », résume Delphine. Avec 1 690 € nets, elle se situe sous le salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets mensuels selon l’Insee — un écart qui explique pourquoi chaque euro compte double dans son quotidien.

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