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Dans les comptes de Manon, infirmière scolaire à Besançon à 2 060 € nets par mois

Publié par Mathieu le 14 Juil 2026 à 19:02

Manon a 34 ans, elle est infirmière scolaire dans un collège du centre de Besançon depuis quatre ans. Un poste qu’elle décrit comme « un peu à part » dans sa profession, loin des services hospitaliers où elle a longtemps travaillé.

« Quand je dis infirmière scolaire, les gens pensent que je colle des pansements toute la journée », sourit-elle. En réalité, elle gère aussi le suivi médical des élèves, les urgences, les entretiens avec les familles. Voici comment elle organise ses 2 060 € nets mensuels.

Un salaire de fonctionnaire, sans prime de nuit ni week-end

Manon est titulaire de la fonction publique d’État, rattachée à l’Éducation nationale. Son traitement de base s’élève à 1 890 € nets, calculé selon la grille indiciaire des infirmiers de catégorie A.

À cela s’ajoute une indemnité de suivi et d’orientation des élèves de 95 € par mois, spécifique à sa fonction. Elle touche aussi 75 € de prime REP (réseau d’éducation prioritaire), son collège étant classé en zone sensible.

Infirmière scolaire dans son bureau à Besançon

Contrairement à ses anciennes collègues hospitalières, elle ne bénéficie ni de prime de nuit, ni de majoration week-end. « Mon rythme est celui d’un enseignant : je récupère les vacances scolaires, mais mon salaire ne bouge jamais », précise-t-elle. Total mensuel : 2 060 € nets, stable toute l’année.

Le loyer, poste qui pèse le plus lourd

Manon loue un T2 de 45 m² dans le quartier Battant, à Besançon, pour 620 € charges comprises. Un montant qu’elle juge raisonnable pour la ville, où les prix ont grimpé ces dernières années.

Elle paie 38 € d’assurance habitation et 42 € d’électricité en moyenne lissée sur l’année, chauffage électrique inclus. Sa mutuelle santé, indispensable vu son métier, lui coûte 52 € mensuels pour une couverture correcte.

Côté téléphone et internet, elle a opté pour un forfait mobile à 12 € et une box à 29,90 €. Elle possède une petite Citroën C3 d’occasion, dont l’assurance lui revient à 45 € par mois.

Femme rentrant du marché avec sa voiture

Le crédit auto pour cette voiture, achetée il y a deux ans, lui coûte encore 110 € mensuels pendant 18 mois. Total des charges fixes : environ 949 €, soit 46 % de son salaire net.

Courses, essence et petits plaisirs du quotidien

Manon compte environ 260 € de courses alimentaires par mois pour elle et son compagnon, qui participe équitablement aux frais du couple. Elle privilégie le marché des Beaux-Arts le samedi pour les fruits et légumes.

« On se fait un resto une fois par mois, rarement plus », confie-t-elle. Elle budgète 70 € pour les sorties et restaurants, et 40 € pour le cinéma ou les activités culturelles occasionnelles.

L’essence pour ses trajets domicile-travail et les déplacements du week-end lui coûte environ 85 € mensuels. Elle ajoute 60 € de shopping vêtements et produits de beauté, lissés sur l’année.

Les vacances représentent un budget de 150 € par mois mis de côté, pour un séjour d’été dans le Jura ou en Espagne. Total des dépenses variables : environ 665 €.

Ce qu’il reste et ce qu’elle en fait

Une fois les charges fixes et variables déduites, il reste à Manon environ 446 € chaque mois. Une marge qu’elle juge confortable, sans être extravagante.

Elle place 200 € automatiquement sur un Livret A dès réception du salaire, une habitude prise depuis ses débuts. « Je sais que je devrais épargner plus, mais je préfère garder de la souplesse pour les imprévus », explique-t-elle.

Le reste, environ 246 €, sert de matelas de sécurité ou finance de petits extras non prévus : un cadeau, une réparation, un week-end improvisé. Elle n’a aucun crédit à la consommation en cours.

Son projet à moyen terme : acheter un appartement avec son compagnon dans les cinq prochaines années. Ils ont commencé à se renseigner sur les villes où le coût de la vie reste abordable autour de Besançon.

Un rapport à l’argent apaisé mais vigilant

Manon compare parfois son salaire à celui de ses anciennes collègues hospitalières, qui touchent davantage grâce aux primes de nuit et de week-end. « Je gagne moins qu’à l’hôpital, mais j’ai récupéré ma vie sociale et mes soirées », résume-t-elle.

Avec 2 060 € nets, elle se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets mensuels selon les dernières données de l’Insee. Une position qu’elle juge « ni confortable ni précaire, juste stable ».

Elle garde un œil sur les évolutions de carrière possibles, notamment un passage en cadre de santé qui augmenterait son traitement de plusieurs centaines d’euros. En attendant, elle dit avoir trouvé un équilibre qui lui convient, entre rigueur budgétaire et petits plaisirs assumés.

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