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Dans les comptes de Fanny, dresseuse en centre équestre à Pau à 1 850 € nets par mois

Publié par Mathieu le 22 Août 2026 à 19:01

Fanny, 29 ans, monitrice d’équitation dans un centre équestre près de Pau, gagne 1 850 € nets par mois. Entre le foin qui coûte de plus en plus cher et les cours qu’elle donne dès 8h le samedi, elle a accepté de dérouler chaque ligne de son budget.

« Les gens pensent que je passe mes journées à caresser des poneys. En vrai, je porte des sacs de 25 kilos et je gère un planning de 40 cavaliers par semaine », résume-t-elle d’emblée.

Un salaire qui dépend surtout du nombre d’élèves

Fanny touche un salaire fixe de 1 620 € nets, calculé sur la base d’un contrat à 35 heures dans une structure privée affiliée à la Fédération française d’équitation. C’est un peu au-dessus du SMIC, mais loin des standards des métiers à qualification équivalente.

À cela s’ajoutent des cours particuliers qu’elle donne le dimanche matin, en dehors de son contrat, facturés 25 € de l’heure. En moyenne, elle en assure trois par mois, soit environ 75 € supplémentaires.

Elle perçoit aussi une prime de 155 € en moyenne lissée sur l’année, versée par le centre équestre lors des périodes de stages pendant les vacances scolaires, quand l’affluence explose. « L’été, on double le nombre d’heures, donc la prime suit un peu », précise-t-elle.

Total des revenus mensuels : environ 1 850 € nets, primes et cours particuliers inclus. Un chiffre qui grimpe légèrement en juillet-août et retombe en janvier-février, les mois les plus creux de la filière équestre.

Le loyer et les charges qui ne bougent jamais

Fanny loue un T2 de 42 m² dans un village à 15 minutes de Pau, pour 490 € charges comprises. Un choix assumé : vivre en ville coûterait au moins 150 € de plus par mois pour une surface équivalente.

L’électricité et le chauffage, au gaz, lui coûtent 85 € par mois en moyenne annuelle, avec des pics à 130 € en plein hiver dans les Pyrénées-Atlantiques. Sa box internet et son forfait mobile cumulés reviennent à 42 €.

Elle possède une voiture indispensable pour rejoindre le centre équestre, isolé en zone rurale. L’assurance auto lui coûte 48 € par mois, et elle provisionne 60 € pour l’essence, un budget qui a grimpé avec la hausse du prix du carburant ces dernières années.

Sa mutuelle santé, indispensable dans un métier où les chutes de cheval ne sont pas rares, lui coûte 38 € mensuels. « J’ai eu deux fractures en cinq ans, sans bonne mutuelle je serais dans le rouge », glisse-t-elle.

Dernier poste fixe : une assurance responsabilité civile professionnelle spécifique à son statut, à 22 € par mois, obligatoire pour encadrer des cavaliers mineurs. Au total, ses charges fixes atteignent 785 € chaque mois.

Ce que mangent vraiment un cheval et une monitrice

Fanny consacre 220 € par mois à ses courses alimentaires, un budget serré qu’elle optimise en cuisinant en grande quantité le dimanche soir. Elle privilégie les circuits courts locaux, moins chers que les grandes surfaces sur les légumes de saison.

Elle s’autorise un restaurant ou une sortie entre amis environ deux fois par mois, pour un budget de 70 €. « Le reste du temps, je suis au centre équestre le week-end, donc je n’ai pas vraiment le temps de sortir de toute façon. »

Le shopping vêtements reste minime, autour de 35 € mensuels lissés, car son uniforme de travail (polos, bottes, casque) est en partie fourni par le centre équestre. Elle réserve son budget vêtements aux tenues de concours, plus rares.

Ses loisirs personnels, principalement la randonnée et quelques sorties cinéma, représentent 45 € par mois. Elle met de côté 90 € mensuels pour ses vacances, généralement une semaine chez sa sœur en Bretagne l’été, pas de gros budget voyage à l’horizon.

Un poste surprend systématiquement les gens qui découvrent son budget : elle dépense encore 60 € par mois de sa poche pour du matériel équestre personnel, alors qu’elle travaille déjà dans ce milieu toute la journée.

Un mois qui se termine souvent à zéro

En additionnant charges fixes (785 €) et dépenses variables (520 € au total), Fanny arrive à un reste théorique d’environ 545 € par mois. Mais dans les faits, ce montant fond vite face aux imprévus.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais entre une visite chez le véto pour mon propre chat et une réparation sur ma voiture, il y a toujours quelque chose », reconnaît-elle avec un sourire résigné.

Elle parvient tout de même à mettre 150 € de côté la plupart des mois sur un livret A, une épargne de précaution plus qu’un vrai projet. Elle n’a aucun crédit en cours, ayant renoncé pour l’instant à l’achat d’un cheval personnel, trop coûteux avec son salaire actuel.

Son projet à moyen terme : passer le diplôme d’État supérieur pour encadrer des formations, ce qui pourrait faire grimper son salaire de 200 à 300 € nets par mois. « C’est mon seul vrai levier pour progresser dans ce métier », explique-t-elle.

Avec 1 850 € nets, Fanny se situe sous le salaire médian français, estimé autour de 2 100 € nets mensuels selon l’Insee. « On ne fait pas ce métier pour l’argent, sinon ça fait longtemps que j’aurais changé de voie », conclut-elle, sans amertume apparente.

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