Dans les comptes de Louis, ostéopathe en libéral à Reims à 2 620 € nets par mois
Louis a 34 ans et s’est installé en libéral à Reims il y a quatre ans, après huit ans d’études et deux ans de remplacements aux quatre coins du Grand Est. Aujourd’hui, il tient son propre cabinet dans le quartier Cernay, avec une patientèle fidèle et un agenda plein trois semaines à l’avance. Son revenu net mensuel tourne autour de 2 620 €, une fois toutes les charges de l’auto-entreprise déduites.
« Les gens pensent qu’un ostéo roule sur l’or parce qu’une séance coûte 55 €. Ils oublient qu’il y a le loyer du cabinet, l’URSSAF, l’assurance pro, et que je ne suis pas remboursé quand j’annule un rendez-vous », résume-t-il.
Un revenu qui dépend entièrement du nombre de séances
Contrairement à un salarié, Louis n’a ni fiche de paie fixe ni treizième mois. Son revenu dépend directement du nombre de consultations qu’il facture chaque mois, à 55 € la séance en moyenne.
En rythme de croisière, il reçoit entre 16 et 18 patients par semaine, avec des pics à 22 avant les vacances scolaires quand tout le monde veut « se faire remettre en place » avant de partir. Son chiffre d’affaires mensuel brut oscille entre 3 800 € et 4 400 €.
Après déduction des cotisations sociales du régime des indépendants (environ 22% du chiffre d’affaires) et de l’impôt sur le revenu prélevé à la source, il lui reste en moyenne 2 620 € nets à dépenser chaque mois.
« Les mois de juillet et août, je perds facilement 30% de patientèle. Il faut lisser sur l’année, sinon on paniquerait tous les étés », confie-t-il. Ce revenu irrégulier change complètement sa façon de gérer son budget mensuel.

Le cabinet, poste de dépense numéro un
Avant même de penser à son loyer d’appartement, Louis doit couvrir les charges de son local professionnel. Il loue 32 m² dans un immeuble ancien du centre-ville, pour 620 € par mois charges comprises.
S’ajoute à cela sa responsabilité civile professionnelle obligatoire, facturée 480 € par an, soit 40 € mensuels lissés. Sans cette assurance, impossible d’exercer légalement.
Il verse également 95 € par mois pour son logiciel de gestion de rendez-vous et de dossiers patients, un outil devenu indispensable depuis qu’il a arrêté l’agenda papier.
Côté logement personnel, Louis loue un T2 de 45 m² à 15 minutes à pied du cabinet, pour 590 € charges comprises. Un choix assumé pour limiter les trajets et gagner du temps entre deux patients.
Les dépenses fixes qui rythment chaque mois
Une fois le cabinet et le logement réglés, d’autres postes fixes viennent grignoter le budget. Sa mutuelle santé, indispensable en tant qu’indépendant sans couverture employeur, lui coûte 78 € par mois.
Son forfait mobile et sa box internet représentent 55 € au total, tandis qu’il a gardé un abonnement Netflix et un abonnement Deezer pour 22 € cumulés.
Sa voiture, qu’il utilise pour ses rares visites à domicile chez des patients âgés, lui coûte 145 € d’assurance et de crédit résiduel par mois, plus environ 90 € d’essence.
Il cotise aussi 130 € mensuels à une complémentaire retraite privée, en plus des cotisations obligatoires déjà prélevées sur son chiffre d’affaires. « On n’a pas de retraite de salarié derrière nous, alors je préfère anticiper », explique-t-il.

Ce qui part en courses, sorties et petits plaisirs
Louis vit seul et cuisine peu en semaine par manque de temps entre deux patients. Son budget alimentation, courses et quelques plats à emporter compris, tourne autour de 320 € par mois.
Il s’autorise un restaurant ou un bar avec des amis presque chaque week-end, un poste qui représente environ 180 € mensuels lissés sur l’année.
Passionné de trail, il dépense environ 60 € par mois en équipement sportif, inscriptions à des courses et adhésion à un club de course à pied local.
Le shopping vêtements reste modeste, autour de 50 € par mois, complété par 40 € de dépenses diverses : coiffeur, cadeaux, imprévus du quotidien.
Ce qu’il reste vraiment à la fin du mois
En additionnant toutes ses charges fixes et variables, Louis dépense environ 2 090 € par mois. Il lui reste donc autour de 530 € qu’il peut épargner ou réinjecter dans son activité professionnelle.
Une partie de cette épargne part sur un contrat d’assurance-vie ouvert dès son installation, à hauteur de 200 € mensuels. Le reste sert de matelas de sécurité pour les mois creux de l’été.
« Je sais que je devrais mettre plus de côté, mais je viens d’investir dans une nouvelle table de massage à 1 800 € et un logiciel de facturation plus performant », reconnaît-il.
Son projet à moyen terme : acheter les murs de son cabinet actuel, plutôt que de continuer à payer un loyer qui, selon ses calculs, représente déjà l’équivalent d’un crédit immobilier sur 20 ans.
Avec 2 620 € nets par mois, Louis se situe nettement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets selon l’Insee. « Je ne suis pas riche, mais je ne me plains pas. Je suis mon propre patron, et ça n’a pas de prix », résume-t-il, avant de filer préparer sa salle pour son prochain patient.