Dans les comptes de Léa, VTC ambulancière puéricultrice à Grenoble à 2 210 € nets par mois
Léa a 33 ans, elle est puéricultrice en service de néonatologie au CHU de Grenoble depuis six ans. Chaque nuit, elle veille sur des bébés nés trop tôt, parfois moins de 1,5 kg. Le jour, elle gère un autre défi : boucler un budget de mère solo avec un enfant de 4 ans à la maison.

Un salaire hospitalier qui grimpe avec les primes de nuit
Le salaire de base de Léa, selon la grille de la fonction publique hospitalière pour un poste de puéricultrice de classe normale avec six ans d’ancienneté, tourne autour de 1 950 € nets.
Mais elle travaille en horaires décalés, ce qui change tout. Les primes de nuit lui rapportent 180 € par mois, et la prime de service ajoute encore 60 €.
« Sans les nuits, je serais bien plus juste. C’est fatigant, mais financièrement je ne peux pas m’en passer », confie-t-elle. Elle touche aussi 20 € d’indemnité de résidence, ce qui porte son total net à 2 210 € par mois.
Côté aides, elle perçoit 145 € d’allocation de soutien familial puisqu’elle élève seule son fils Malo, le père ne versant pas de pension régulière. Cette somme n’entre pas dans les 2 210 € évoqués plus haut, elle vient en complément direct.
Le loyer et les charges qui pèsent sur un salaire d’infirmière
Léa loue un T3 de 62 m² dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble, moins cher que l’hypercentre mais bien desservi par le tram. Le loyer s’élève à 720 € charges comprises.
Elle n’a pas de voiture personnelle : le tram et sa carte TAG lui coûtent 32,50 € par mois grâce au tarif réduit lié à ses revenus. Un vrai soulagement comparé aux collègues qui roulent chaque jour jusqu’à l’hôpital en périphérie.

L’assurance habitation lui prend 14 € mensuels, et sa mutuelle santé complémentaire, indispensable avec un enfant en bas âge qui enchaîne les otites, s’élève à 58 €. Le forfait mobile et la box internet groupés lui coûtent 42 €.
Le poste le plus lourd après le loyer reste la garde de Malo. Comme elle travaille souvent de nuit ou en horaires décalés, la crèche classique ne suffit pas : elle complète avec une assistante maternelle qui accepte les horaires atypiques, pour 310 € par mois après déduction du crédit d’impôt.
« Entre le loyer et la garde de mon fils, j’ai déjà englouti la moitié de mon salaire avant même d’avoir acheté un yaourt », résume-t-elle en riant à moitié.
Nourrir un enfant de 4 ans et tenir sur les nuits blanches
Les courses alimentaires pour elle et Malo représentent environ 320 € par mois, faites essentiellement chez Lidl et au marché du samedi quand elle n’est pas de garde. Elle avoue craquer régulièrement pour des produits bio pour son fils, plus chers mais « c’est important pour moi ».
Le budget essence n’existe pas puisqu’elle n’a pas de véhicule, mais elle compense avec des trajets en covoiturage occasionnels pour aller voir ses parents en Savoie, soit environ 25 € par mois.
Les loisirs restent modestes : 40 € pour les activités de Malo (piscine bébé, éveil musical), et 30 € pour elle-même, souvent un abonnement de sport qu’elle utilise entre deux nuits de garde. Le shopping vêtements pour les deux se limite à 60 € mensuels lissés.
Elle s’autorise un restaurant par mois avec des collègues, environ 35 €, et garde 20 € pour des sorties avec son fils au parc ou au cinéma. Pas de vacances à l’étranger cette année : le budget vacances lissé sur douze mois reste à 70 €, pour un camping dans le Vercors.
Un reste à vivre serré mais une épargne qui tient bon
Une fois toutes les dépenses fixes et variables additionnées, Léa parvient à mettre de côté environ 95 € chaque mois sur un livret A ouvert au nom de Malo, en vue de ses études futures.
« Je sais que ce n’est pas grand-chose, mais je préfère épargner peu et régulièrement que rien du tout », explique-t-elle. Elle n’a aucun crédit en cours, ayant renoncé à l’achat immobilier faute d’apport suffisant à Grenoble où les prix ont grimpé ces dernières années.
Son projet à moyen terme : passer un diplôme complémentaire de cadre de santé, qui lui permettrait de sortir des gardes de nuit et d’augmenter son salaire de 300 à 400 € nets. En attendant, elle jongle.
« Je gagne plus que le salaire médian français, mais avec un enfant seule à charge, ça ne se sent pas vraiment dans le porte-monnaie », conclut Léa. Le salaire médian net en France tourne autour de 2 100 € pour un temps plein, ce qui situe Léa juste au-dessus, primes de nuit incluses — mais sans elles, elle basculerait nettement en dessous.