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Dans les comptes de Michel, gardien de la paix retraité et livreur Uber Eats à Perpignan à 1 940 € nets par mois

Publié par Mathieu le 19 Sep 2026 à 19:01

Michel, 62 ans, a raccroché son uniforme de gardien de la paix il y a deux ans après trente-sept ans de service. Sa pension tombe chaque mois, mais elle ne suffit pas à couvrir le train de vie qu’il souhaite garder. Alors trois soirs par semaine, il enfile un sac à dos jaune et livre des pizzas dans les rues de Perpignan.

« Je pensais que la retraite, c’était fini les horaires imposés. En fait j’ai juste changé de patron », raconte-t-il en riant, son scooter garé devant un kebab du centre-ville. Pension et livraison cumulées, il touche 1 940 € nets par mois. Voici comment il ventile chaque euro.

Une pension qui ne suffit plus toute seule

Après trente-sept ans dans la police nationale, Michel touche une pension de retraite de 1 620 € nets par mois. Un montant honorable, calculé sur ses six derniers mois de traitement en tant que brigadier-major.

Mais ce chiffre ne raconte pas toute l’histoire. Michel a divorcé à 55 ans, et sa pension alimentaire pour sa fille cadette a grignoté son épargne pendant des années. « Je suis arrivé à la retraite sans grand bas de laine », admet-il.

Retraité policier assis à table avec ses papiers

C’est là qu’intervient Uber Eats. Trois soirs par semaine, le vendredi et le samedi surtout, il enchaîne les livraisons de 18h à 22h30. Ce petit boulot lui rapporte entre 280 et 340 € nets selon les mois, une fois l’essence et l’entretien du scooter déduits.

Total mensuel : 1 940 € nets, entre pension et complément de livraison. « Ma collègue de la retraite complète elle avec des heures de ménage, moi je préfère rouler. Au moins je suis dehors », plaisante-t-il.

Le loyer et les charges qui pèsent malgré tout

Michel loue un T3 dans le quartier Saint-Jacques à Perpignan, pas loin du centre historique. Son loyer s’élève à 610 € charges comprises, un montant raisonnable pour la ville mais qui reste son plus gros poste fixe.

L’électricité et le gaz, facturés séparément, lui coûtent en moyenne 95 € par mois, un peu plus en hiver avec le chauffage. Perpignan bénéficie d’un climat clément, ce qui limite la facture comparé à d’autres régions.

Sa mutuelle santé de senior, indispensable après une carrière physique, lui coûte 78 € par mois. Il y ajoute une assurance habitation à 22 € et une assurance scooter obligatoire à 34 €.

Le forfait téléphone et internet box réunis reviennent à 45 €. Michel a aussi gardé un abonnement Canal+ à 25 € par mois, « le seul luxe que je m’autorise, je regarde tous les matchs de rugby de l’USAP ».

Les dépenses variables, celles qui font mal en fin de mois

Les courses alimentaires représentent le poste le plus fluctuant du budget de Michel : entre 260 et 310 € selon les mois, pour lui et parfois sa petite-fille qu’il garde le mercredi.

L’essence pour le scooter de livraison lui coûte environ 70 € par mois, un montant qu’il surveille de près depuis la hausse des prix. « Je calcule mes trajets au centime, sinon la livraison ne rapporte plus rien. »

Livreur senior à scooter dans une rue de Perpignan

Il s’autorise un restaurant par semaine, souvent avec des anciens collègues du commissariat, pour environ 90 € mensuels. Les sorties resteront modestes : cinéma une fois par mois, quelques bières en terrasse.

Le budget vacances, lissé sur l’année, tourne autour de 100 € par mois. Michel part deux semaines l’été chez sa sœur en Bretagne et profite d’un city-trip low-cost en hiver, souvent au Maroc où le coût de la vie l’arrange.

Un bilan serré mais assumé

Une fois toutes les charges fixes et variables payées, Michel parvient à mettre de côté entre 60 et 100 € par mois, quand la livraison a bien fonctionné. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est régulier.

Il n’a plus de crédit en cours, sa voiture ayant été payée cash il y a cinq ans grâce à une prime de départ. Le scooter de livraison, lui, a coûté 1 400 € achetés d’occasion, sans financement.

« Je sais que je devrais peut-être arrêter Uber Eats et vivre plus tranquille avec ma seule pension. Mais ce complément me permet de partir en vacances et de gâter ma petite-fille sans culpabiliser », confie-t-il.

Son objectif : tenir encore deux ou trois ans les livraisons, le temps de reconstituer un peu d’épargne de sécurité, avant de raccrocher définitivement le casque.

Le rapport à l’argent de Michel

« J’ai passé trente-sept ans à faire respecter les règles, maintenant je respecte surtout mon budget », résume-t-il avec un sourire. Une phrase qui dit tout de sa nouvelle vie, entre discipline ancienne et flexibilité assumée.

Avec ses 1 940 € nets mensuels cumulés, Michel se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, autour de 1 940 € nets pour un temps plein selon l’Insee. Sauf que dans son cas, ce montant additionne une pension de retraite et un revenu d’appoint, une réalité de plus en plus fréquente chez les seniors français qui complètent leurs fins de mois par une activité annexe.

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