Dans les comptes de Justine, sage-femme en libéral à Nancy à 2 630 € nets par mois
Justine, 34 ans, s’est installée en libéral à Nancy il y a quatre ans, après huit ans passés à l’hôpital. Elle gagne aujourd’hui 2 630 € nets par mois, une fois les charges de son cabinet payées. Un chiffre qui cache une réalité plus compliquée : entre les cotisations, le matériel et les trajets à domicile, son revenu réel varie chaque mois.

« Les gens pensent que sage-femme libérale, c’est le jackpot. En vrai, je passe autant de temps à gérer ma compta qu’à faire des consultations », confie-t-elle en riant à moitié.
Un revenu qui fluctue selon les mois
Le chiffre d’affaires brut de Justine tourne autour de 5 400 € par mois, entre les consultations prénatales, les séances de préparation à l’accouchement et le suivi post-partum à domicile. Une fois les charges sociales URSSAF déduites (environ 1 350 €), il reste 4 050 €.
Elle paie ensuite ses charges professionnelles : loyer du cabinet partagé (280 €), assurance responsabilité civile professionnelle (95 €), comptable (140 €), matériel médical et consommables (210 €). Au total, ces frais lui coûtent environ 725 € chaque mois.
Le revenu net qu’elle se verse in fine s’élève donc à 2 630 € en moyenne, mais ce chiffre grimpe à près de 3 100 € en période de forte activité, notamment au printemps quand les préparations à la naissance s’accumulent.
« L’été, c’est plus calme, les naissances baissent un peu. Je dois lisser mes revenus sur l’année pour ne pas paniquer en août », explique Justine. Cette irrégularité, elle a fini par l’intégrer dans sa gestion quotidienne.
Le loyer et les charges fixes qui ne bougent jamais
Justine vit seule dans un appartement de 52 m² au centre-ville de Nancy, loué 720 € charges comprises. Un montant qui pèse lourd, mais qu’elle refuse de sacrifier : « Je passe ma vie en visites à domicile, je veux rentrer dans un endroit qui me ressemble. »

Sa voiture, indispensable pour ses tournées, lui coûte 310 € par mois : crédit auto (180 €), assurance (65 €) et carburant (65 €). Un poste incompressible puisque la moitié de son activité se fait hors cabinet.
S’ajoutent le forfait mobile (22 €), l’abonnement internet-box (34 €), une mutuelle santé renforcée à 78 € et une assurance prévoyance TNS de 65 € par mois, indispensable pour un statut d’indépendante sans filet de sécurité automatique.
Elle cotise aussi 190 € par mois pour sa retraite complémentaire volontaire, en plus des cotisations obligatoires déjà prélevées sur son chiffre d’affaires. Un choix qu’elle assume totalement.
« Le jour où je m’arrête, personne ne paie à ma place. Cette ligne de 190 €, je ne la coupe jamais, même les mois compliqués », précise-t-elle. Reste alors à voir ce qu’il lui reste pour vivre normalement.
Ce que les courses et les sorties révèlent de son quotidien
Le budget alimentation de Justine s’élève à 320 € par mois, réparti entre un marché bio le samedi et des courses classiques en semaine. Elle avoue y accorder une attention particulière : « Je passe ma journée à parler nutrition aux futures mamans, difficile de mal manger moi-même. »
Les sorties restaurant représentent environ 95 € mensuels, souvent avec des collègues sages-femmes ou son compagnon. Le shopping vêtements et accessoires oscille autour de 85 € par mois, en net recul depuis son installation en libéral.
Elle consacre aussi 60 € à des cours de yoga hebdomadaires, activité qu’elle juge essentielle pour tenir le rythme de son métier. Les abonnements streaming (Netflix, Spotify) lui coûtent 18 € au total.
Enfin, elle met de côté un budget vacances lissé de 140 € par mois, pour un séjour d’été et un week-end d’hiver. « Je ne pars jamais longtemps, mais j’ai besoin de vraies coupures », insiste-t-elle.
Le bilan qui surprend, entre confort et vigilance
Une fois toutes ses dépenses fixes et variables réglées, il reste à Justine environ 385 € par mois qu’elle épargne systématiquement sur un livret A, complété par une assurance-vie ouverte il y a deux ans avec 60 € de versement mensuel programmé.
Elle n’a aucun crédit à la consommation, seulement le prêt auto qui se termine dans dix-huit mois. Son projet : acheter son propre local professionnel d’ici cinq ans, pour ne plus dépendre d’un cabinet partagé.
« Je gagne bien ma vie, mais je n’oublie jamais que sans clientes, il n’y a pas de salaire. Cette pression-là, personne ne la voit de l’extérieur », résume-t-elle.
Avec ses 2 630 € nets mensuels, Justine se situe nettement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets selon l’INSEE. Un revenu confortable, mais gagné au prix d’une gestion administrative permanente que peu de patients imaginent derrière la blouse.