Dans les comptes d’Anaïs, sage-femme en PMI à Clermont-Ferrand à 2 350 € nets par mois
Anaïs, 34 ans, sage-femme en PMI (Protection Maternelle et Infantile) à Clermont-Ferrand, gagne 2 350 € nets par mois. Fini les gardes de nuit à la maternité : depuis deux ans, elle suit des familles à domicile pour le compte du Conseil départemental. Un rythme plus stable, un salaire un peu plus modeste, mais une vie qu’elle ne changerait pour rien au monde.
« Quand j’étais en salle d’accouchement, je gagnais 200 € de plus avec les primes de nuit et de dimanche. Mais je rentrais épuisée, je voyais mon fils cinq minutes le matin », raconte-t-elle. Voici comment elle organise chaque euro de son budget, entre crédit auto, garde d’enfant et petites folies du week-end.
Un salaire de la fonction publique territoriale, sans les primes de l’hôpital
Le salaire brut d’Anaïs s’élève à 2 890 € en tant que sage-femme territoriale, catégorie A de la fonction publique. Après cotisations retraite et sécurité sociale, il lui reste 2 210 € nets sur son compte chaque mois.
S’ajoute à cela une prime de fin d’année versée en décembre, lissée sur l’année à environ 90 € mensuels dans son budget prévisionnel. Elle perçoit aussi le supplément familial de traitement, 45 € par mois pour son fils de 6 ans.
Total des revenus réguliers : 2 350 € nets par mois. « Ce n’est pas énorme pour sept ans d’études, mais j’ai un vrai confort de vie que je n’avais pas à l’hôpital », précise-t-elle.

Anaïs touche aussi les allocations familiales adaptées à sa situation de parent solo. La CAF lui verse 120 € d’APL mensuels, un complément qui pèse lourd dans l’équilibre de son budget.
Le loyer, le crédit auto et les charges qui tombent chaque mois
Anaïs loue un T3 de 62 m² dans le quartier de Chamalières, aux portes de Clermont-Ferrand. Le loyer s’élève à 620 € charges comprises, un prix raisonnable pour cette ville où le coût de la vie reste modéré comparé à d’autres métropoles.
Elle rembourse un crédit auto de 185 € par mois pour sa Citroën C3, achetée d’occasion il y a deux ans. « Je fais beaucoup de kilomètres pour les visites à domicile, il me fallait une voiture fiable », justifie-t-elle.
L’assurance auto lui coûte 48 € mensuels, et l’essence représente en moyenne 130 € par mois vu l’étendue de son secteur d’intervention en zone rurale et périurbaine.
Son forfait mobile s’élève à 15 €, sa box internet à 32 €. Elle a gardé un abonnement Netflix à 13,49 € et un abonnement Spotify Famille à 16,99 €, partagé avec sa sœur et sa mère.

La mutuelle santé, obligatoire dans la fonction publique territoriale, lui coûte 42 € par mois. L’assurance habitation ajoute 14 € supplémentaires à la liste.
Poste le plus lourd après le logement : la garde périscolaire de son fils, facturée 95 € par mois selon le quotient familial. « C’est un budget que beaucoup de parents solos sous-estiment avant d’y être confrontés », glisse-t-elle.
Total des charges fixes : environ 1 165 € par mois. Reste alors un peu plus de 1 180 € pour vivre, nourrir son fils et se faire plaisir de temps en temps — mais entre les courses et les imprévus, l’équilibre est vite fragile.
Courses, cantine et petits plaisirs du quotidien
Le budget alimentation d’Anaïs et de son fils tourne autour de 320 € par mois, courses en supermarché et marché du samedi comprises. « Je privilégie le marché pour les fruits et légumes, c’est souvent moins cher qu’en grande surface ici », note-t-elle.
La cantine scolaire lui coûte 55 € mensuels, tarif réduit grâce au quotient familial appliqué par la mairie. Un montant qu’elle juge raisonnable comparé à ce que payaient certaines collègues parisiennes.
Elle consacre environ 60 € par mois aux sorties : un restaurant en amoureuse une fois par mois, quelques cafés entre collègues, et le cinéma avec son fils le mercredi. Rien de superflu, mais des moments qu’elle refuse de sacrifier.
Le shopping vêtements reste limité à 50 € mensuels lissés, principalement pour son fils qui grandit vite. Elle-même renouvelle sa garde-robe une à deux fois par an, souvent pendant les soldes.
Les vacances représentent un budget annuel de 900 €, soit 75 € lissés sur douze mois. Une semaine chez ses parents en Bretagne l’été, et un week-end au ski en février grâce à un chèque vacances de son comité d’entreprise territorial.
Enfin, elle met de côté 40 € par mois pour les activités extrascolaires de son fils : judo le mercredi et natation le samedi matin. Un budget serré mais qu’elle refuse de rogner. Reste alors à voir ce qu’il lui reste vraiment à la fin du mois, une fois toutes ces lignes additionnées.
Ce qu’il reste vraiment en fin de mois
En additionnant charges fixes (1 165 €) et dépenses variables (environ 600 €), Anaïs dépense en moyenne 1 765 € par mois. Il lui reste donc environ 585 € à la fin de chaque mois.
Elle place 200 € sur un livret A dès réception de son salaire, en virement automatique. « C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour épargner sans y penser, sinon tout part dans les dépenses du quotidien. »
Le reste, environ 385 €, sert de matelas de sécurité pour les imprévus : réparation de la voiture, frais médicaux non remboursés, ou cadeaux d’anniversaire. « Je sais que je devrais épargner plus pour la retraite, mais avec un enfant à charge et un salaire de fonctionnaire territoriale, les marges sont minces », reconnaît-elle.
Elle n’a pas de crédit à la consommation en cours, seulement le prêt auto qui se termine dans dix-huit mois. Une fois ce crédit soldé, elle compte augmenter son épargne mensuelle à 350 €.
Son projet à moyen terme : acheter un appartement dans les cinq prochaines années, quand son fils sera au collège et que sa situation professionnelle sera plus stable. En attendant, elle vit avec ce qu’elle a, sans se comparer aux autres.
« Je gagne moins qu’à l’hôpital, mais je vis mieux »
Le salaire médian net en France s’établit autour de 2 100 € par mois selon les dernières données de l’Insee. Avec ses 2 350 € nets, Anaïs se situe donc légèrement au-dessus, malgré son changement de poste vers un métier moins rémunérateur que le milieu hospitalier.
« Je gagne moins qu’à l’hôpital, mais je vis mieux », résume-t-elle simplement. « Le salaire, ce n’est pas juste un chiffre sur la fiche de paie, c’est aussi le temps qu’il te laisse pour vivre. » Une phrase qui résonne sans doute chez tous ceux qui ont un jour arbitré entre revenus et qualité de vie.