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Dans les comptes de Marina, standardiste SAMU à Rennes à 2 070 € nets par mois

Publié par Mathieu le 30 Juil 2026 à 19:01

Marina, 34 ans, travaille comme assistante de régulation médicale au SAMU de Rennes. Elle gagne 2 070 € nets par mois, primes de nuit incluses. Entre horaires décalés et charge mentale permanente, voici comment elle répartit chaque euro qui tombe sur son compte.

« Les gens pensent qu’on décroche juste le téléphone. En réalité, on trie l’urgence vitale de la bobologie en quinze secondes », raconte-t-elle. Un métier de l’ombre, peu connu, mais essentiel — et payé en conséquence, ni trop mal, ni très bien.

Un salaire construit autour des nuits et des week-ends

Le salaire de base de Marina, en tant qu’assistante de régulation médicale (ARM) titulaire depuis huit ans, tourne autour de 1 780 € nets. C’est la grille de la fonction publique hospitalière qui fixe ce montant, avec une évolution lente à l’ancienneté.

Ce qui change tout, ce sont les primes. Elle travaille en 12 heures, de jour comme de nuit, avec un roulement qui inclut des dimanches et des jours fériés. Ces créneaux lui rapportent environ 290 € de primes mensuelles lissées.

Standardiste SAMU au poste de régulation médicale de nuit

S’ajoute à cela l’indemnité de sujétion spéciale versée aux agents hospitaliers, autour de 45 € par mois. Au total, elle atteint ses 2 070 € nets, une fois les cotisations retirée de sa fiche de paie.

« Sur le papier, mon salaire ne bouge presque jamais. C’est le rythme de travail qui fait varier ce que je touche réellement », précise-t-elle. Un système qui récompense la pénibilité plus que la qualification.

Elle n’a ni prime d’intéressement, ni treizième mois, ni complément d’activité. Contrairement à certains métiers du secteur privé, la fonction publique hospitalière reste rigide sur les à-côtés financiers.

Mais cette stabilité a un revers : ses dépenses fixes, elles, ne varient jamais, peu importe le nombre de nuits travaillées dans le mois.

Le loyer et les charges qui ne bougent jamais

Marina loue un T2 de 42 m² dans le quartier de Villejean, à Rennes, pas loin de l’hôpital Pontchaillou où se trouve le centre de régulation. Son loyer, charges comprises, s’élève à 620 €.

Elle a signé ce bail il y a trois ans, avant la dernière vague de hausses sur le marché locatif rennais. « Si je devais relouer aujourd’hui, je paierais facilement 100 € de plus pour le même appartement », estime-t-elle.

Appartement de Marina à Rennes après une garde

L’électricité et le gaz lui coûtent en moyenne 75 € par mois, lissés sur l’année malgré les pics hivernaux. Son forfait internet-fixe s’élève à 25 €, et son abonnement mobile à 15,99 €.

Côté transport, elle a investi dans une petite Citroën C3 d’occasion pour rejoindre l’hôpital lors des horaires de nuit où le bus ne passe pas. Son crédit auto, contracté sur 4 ans, lui coûte 165 € mensuels.

L’assurance auto ajoute 48 € et l’essence, avec les trajets quotidiens, grimpe à 90 € par mois. Sa mutuelle santé, obligatoire dans son statut hospitalier, lui prend 42 € supplémentaires.

Reste les abonnements du quotidien : Netflix à 13,49 €, un forfait salle de sport à 29,90 € qu’elle utilise surtout pour évacuer le stress des gardes difficiles. Total des dépenses fixes : environ 1 124 €.

Ce que les courses et les sorties lui coûtent vraiment

Célibataire et sans enfant, Marina fait ses courses seule, environ deux fois par semaine. Son budget alimentaire tourne autour de 240 € par mois, entre supermarché classique et quelques produits bio qu’elle privilégie pour le petit-déjeuner.

« Je cuisine beaucoup en batch cooking le dimanche, parce qu’en semaine, avec les gardes de 12 heures, je n’ai ni le temps ni l’énergie », explique-t-elle. Une organisation qui lui permet aussi de limiter le gaspillage.

Les sorties et restaurants représentent environ 130 € mensuels, principalement des brunchs avec des collègues après une nuit de garde éprouvante. Un rituel presque thérapeutique pour évacuer la pression des appels d’urgence vitale.

Le shopping vêtements et produits de beauté lui coûte en moyenne 90 € par mois, avec des pics ponctuels lors des soldes. Elle ne se refuse pas grand-chose mais reste attentive aux prix.

Pour les loisirs — cinéma, sorties entre amis, quelques concerts — elle budgète environ 70 € par mois. Les vacances, elle les lisse à 100 € mensuels pour financer un voyage annuel, souvent en Espagne ou au Portugal.

Au total, ses dépenses variables atteignent environ 630 € par mois. Un montant maîtrisé, mais qui laisse peu de marge en cas d’imprévu — une réalité qu’elle connaît bien.

Ce qu’il reste vraiment en fin de mois

Une fois les 1 124 € de charges fixes et les 630 € de dépenses variables déduits de ses 2 070 € nets, il reste à Marina environ 316 € chaque mois. Une marge correcte, mais loin d’être confortable.

Elle a mis en place un virement automatique de 150 € vers un Livret A dès la réception de sa paie. « C’est la seule méthode qui fonctionne pour moi. Si l’argent reste sur mon compte courant, il disparaît sans que je comprenne comment », confie-t-elle.

Les 166 € restants servent de coussin de sécurité pour les mois où sa voiture tombe en panne ou où une sortie imprévue s’ajoute au calendrier. Elle n’a pas d’autre crédit en cours que celui de sa voiture.

Son projet à moyen terme : passer le concours interne pour devenir régulatrice médicale confirmée, avec une grille salariale légèrement supérieure. Elle vise aussi l’achat d’un studio dans les prochaines années.

Pour l’instant, elle n’a pas de PEL ni d’assurance-vie, contrairement à beaucoup de trentenaires. « Je sais que je devrais épargner plus sérieusement, mais avec un métier pareil, il faut aussi se garder de l’argent pour respirer entre deux gardes », résume-t-elle.

Avec ses 2 070 € nets, Marina se situe légèrement au-dessus du salaire médian français, qui avoisine 2 000 € nets selon les dernières données de l’Insee. Un équilibre fragile, mais qu’elle tient bon.

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