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Dans les comptes de Bastien, technicien pisciniste à Fréjus à 2 130 € nets par mois

Publié par Mathieu le 15 Sep 2026 à 19:01

Bastien, 33 ans, technicien pisciniste à Fréjus, gagne 2 130 € nets par mois en moyenne annuelle. Un chiffre lissé, car son activité vit au rythme des saisons : l’été il croule sous les demandes, l’hiver il tourne au ralenti. Voici comment il répartit chaque euro.

Un revenu qui dépend entièrement du soleil

Installé à son compte depuis six ans, Bastien entretient et répare des piscines pour une clientèle de particuliers et de campings du littoral varois. « De mai à septembre, je fais parfois 60 heures par semaine », raconte-t-il.

Son chiffre d’affaires mensuel oscille entre 4 800 € en pleine saison et 2 200 € en janvier-février. Une fois les charges sociales et professionnelles déduites, il lui reste en moyenne 2 130 € nets par mois lissés sur l’année.

Il facture ses interventions à l’heure (45 € en moyenne) et vend aussi des produits d’entretien avec une marge d’environ 25%. Cette activité complémentaire lui rapporte environ 180 € nets par mois.

Technicien pisciniste souriant devant son fourgon professionnel

Les charges fixes d’un indépendant qui roule beaucoup

Bastien loue un T2 à Fréjus pour 720 € charges comprises, un montant qui reflète la pression immobilière de la Côte d’Azur. « Pour ce prix à Lyon, j’aurais un T4 », glisse-t-il en riant jaune.

Son fourgon aménagé, outil de travail indispensable, lui coûte 310 € de crédit mensuel. L’assurance professionnelle du véhicule s’élève à 95 € par mois, en plus de l’essence qui grimpe vite avec les tournées.

Le carburant représente à lui seul 260 € mensuels en été, contre 140 € en hiver, soit environ 200 € en moyenne lissée. Un poste qu’il surveille de près depuis la flambée des prix du pétrole.

Sa mutuelle santé de travailleur indépendant lui coûte 145 € par mois, un montant plus élevé que pour un salarié classique. Il paie aussi 210 € de charges sociales URSSAF calculées sur son chiffre d’affaires réel.

Son forfait téléphone professionnel avec data illimitée revient à 35 €, indispensable pour gérer ses rendez-vous en itinérance. L’abonnement internet de son domicile, où il fait sa compta le soir, coûte 32 €.

Ses outils et son matériel de piscine (robots, testeurs, pompes de secours) représentent une provision mensuelle de 180 € qu’il met de côté pour le renouvellement. « Un robot de nettoyage, c’est 900 € pièce, faut anticiper », précise-t-il.

Pisciniste vérifiant son matériel dans son camion de travail

Ce que la saisonnalité change dans son quotidien

Côté alimentation, Bastien dépense environ 320 € par mois pour lui et sa compagne, avec des courses essentiellement au marché de Fréjus le samedi matin.

Les sorties restent modestes : 90 € mensuels pour un resto ou deux, plus quelques bières entre collègues indépendants du secteur. L’été, il n’a de toute façon pas le temps de sortir.

Son budget shopping et loisirs tourne autour de 110 € par mois, principalement pour l’équipement de plongée qu’il utilise aussi en dehors du travail. Le surf, sa vraie passion, ne coûte presque rien une fois la planche achetée.

Les vacances sont particulières pour un pisciniste : il part systématiquement hors saison, en novembre, quand l’activité tombe à plat. Il budgète environ 130 € par mois lissés pour ce séjour annuel, souvent au Maroc où le coût de la vie reste bas.

Épargne : la discipline obligatoire du travailleur indépendant

Une fois toutes les dépenses passées, Bastien parvient à mettre de côté environ 240 € par mois en moyenne. Un montant qu’il considère comme non négociable.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec l’imprévu des pannes de camionnette, je préfère garder une marge plutôt que bloquer trop d’argent », explique-t-il.

Il alimente un contrat d’assurance-vie à hauteur de 150 € mensuels et garde le reste, environ 90 €, sur un livret pour absorber les mois creux de janvier et février. Cette épargne de précaution lui a déjà servi deux fois en six ans.

Son objectif à moyen terme : acheter un local commercial pour stocker son matériel plutôt que de payer un garde-meuble à 85 € par mois. Un projet qui attend encore une meilleure année.

Avec ses 2 130 € nets mensuels lissés, Bastien se situe légèrement en dessous du salaire médian français, qui avoisine 2 100 € nets pour un temps plein selon l’Insee. « L’été je me sens riche, l’hiver je fais gaffe à tout, c’est le prix de l’indépendance », résume-t-il avec philosophie.

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