Dans les comptes de Bruno, VRP en fournitures de bureau à 2 290 € nets par mois
Bruno, 47 ans, VRP en fournitures de bureau sur un secteur qui couvre l’Eure et la Seine-Maritime, gagne 2 290 € nets par mois. Entre fixe et commissions, son salaire varie chaque mois de quelques dizaines d’euros, ce qui l’oblige à raisonner en moyenne annuelle plutôt qu’en photo instantanée.
Marié, deux ados au collège, il vit à Louviers dans un pavillon acheté il y a douze ans. Voici comment il ventile chaque euro qui tombe sur son compte.
Un fixe modeste, des commissions qui font la différence
Le contrat de Bruno prévoit un fixe de 1 480 € nets. « Sans les commissions, je ne m’en sortirais pas », résume-t-il directement.
Ses commissions varient entre 650 et 950 € selon les mois, calculées sur le chiffre d’affaires réalisé auprès de ses clients, essentiellement des entreprises et des collectivités locales. En moyenne lissée sur l’année, cela représente environ 810 € nets supplémentaires.
S’ajoutent les allocations familiales, 141 € par mois pour ses deux enfants. Total des revenus mensuels : 2 290 € nets en moyenne, un chiffre qui masque de vraies variations d’un trimestre à l’autre.

Les frais de route, un poste que peu de salariés connaissent
Ce qui distingue le budget de Bruno, c’est la place immense des frais professionnels liés à la voiture. Son employeur lui verse une indemnité kilométrique de 0,42 €/km, mais elle ne couvre pas tout.
Il roule en moyenne 2 800 km par mois pour visiter ses clients. L’indemnité lui rapporte environ 1 176 €, reversés directement sur son compte professionnel séparé, qu’il ne compte pas dans son revenu personnel.
En revanche, l’entretien du véhicule, l’assurance pro et les péages non remboursés lui coûtent encore 95 € de sa poche chaque mois. « Les gens pensent que la voiture de fonction, c’est gratuit. En vrai, il y a toujours un reste à charge », précise-t-il.
Les dépenses fixes du foyer
Le crédit immobilier de la maison de Louviers s’élève à 720 € par mois, sur un emprunt qui court encore quatorze ans. Les charges de copropriété n’existent pas, mais la taxe foncière lissée représente 95 € mensuels.
L’assurance habitation coûte 38 €, l’assurance auto personnelle (pour le second véhicule du foyer, celui de sa femme) 52 €. La mutuelle familiale, indispensable avec deux enfants qui voient régulièrement l’orthodontiste, grimpe à 118 €.
Électricité et gaz représentent 165 € en moyenne annuelle lissée, chauffage compris. Internet et forfaits mobiles pour toute la famille coûtent 74 €, Netflix et Disney+ ajoutent 22 € supplémentaires.
Le crédit de la voiture personnelle de sa femme, achetée d’occasion, pèse encore 180 € par mois pour deux ans. Total des charges fixes : environ 1 464 €.

Les dépenses variables : cantine, essence perso et petits plaisirs
La cantine des deux enfants au collège coûte 145 € par mois. Les courses alimentaires pour quatre personnes tournent autour de 480 €, un budget que Bruno et sa femme surveillent de près depuis la hausse des prix.
L’essence personnelle, hors trajets professionnels remboursés, représente environ 60 € pour les déplacements du week-end. Les sorties familiales, cinéma ou resto une fois par mois, coûtent 70 € en moyenne.
Le shopping vêtements pour les ados, en pleine croissance, absorbe 85 € mensuels lissés. Les vacances, une semaine en camping l’été et quelques jours chez les grands-parents à Noël, représentent un budget annuel de 1 400 €, soit 117 € par mois une fois lissé.
« On ne part jamais loin, mais on essaie de garder ce moment sacré chaque été », confie Bruno.
Ce qu’il reste vraiment en fin de mois
En additionnant charges fixes (1 464 €) et dépenses variables (957 €), Bruno arrive à un total de dépenses de 2 421 €. Sur un revenu moyen de 2 290 €, le calcul est déficitaire certains mois.
La solution, c’est justement la variabilité des commissions. Les mois où il dépasse ses objectifs, la commission grimpe à 950 € au lieu de 650 €, ce qui lui permet de compenser les mois plus creux.
Sur l’année, il parvient à mettre de côté environ 80 € par mois sur un livret A, essentiellement pour financer les vacances familiales et les imprévus scolaires. « Je sais que je devrais épargner plus, mais avec les frais de scolarité qui montent chaque année, c’est compliqué », reconnaît-il.
Bruno n’a pas de crédit à la consommation en cours, hormis la voiture de sa femme. Son projet à moyen terme : renégocier son contrat pour obtenir un fixe plus élevé, quitte à réduire la part variable. « Je veux moins d’incertitude, même si ça veut dire gagner un peu moins certains mois », explique-t-il.
Avec un salaire médian net en France autour de 2 000 € par mois, Bruno se situe légèrement au-dessus de la moyenne. Mais entre les frais de route non remboursés et la variabilité de ses commissions, son confort reste plus fragile qu’il n’y paraît sur le papier.