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Ton propriétaire te demande une nouvelle caution en cours de bail ? La loi lui interdit dans la plupart des cas

Publié par Mathieu le 24 Août 2026 à 15:01

Ton propriétaire t’appelle un an après ton emménagement. Il veut « actualiser » ta caution parce que le loyer a augmenté, ou parce qu’il trouve que le premier montant n’était plus suffisant. Certains vont même jusqu’à réclamer un garant supplémentaire en pleine location, sous peine de résiliation.

Sauf que dans l’immense majorité des cas, c’est tout simplement illégal. La loi française encadre très strictement le moment et les conditions dans lesquelles un dépôt de garantie peut être demandé, et ce n’est presque jamais après la signature du bail.

Ce que dit vraiment la loi sur le dépôt de garantie

Le dépôt de garantie, qu’on appelle caution dans le langage courant, est encadré par la loi du 6 juillet 1989, article 22. Ce texte fixe une règle simple : le montant est arrêté au moment de la signature du bail, et il ne peut plus être révisé pendant toute la durée du contrat, même en cas de renouvellement.

Concrètement, si tu as signé pour un mois de loyer hors charges, ton propriétaire ne peut pas revenir un an plus tard te réclamer un complément parce que le loyer a été révisé à la hausse via l’indice de référence des loyers (IRL). Le montant est figé, point final.

Il existe une seule exception : si le bail est renouvelé après une clause de révision explicite ET que le montant initial n’était pas conforme au plafond légal (un mois de loyer hors charges pour une location vide, deux mois pour un meublé). Dans ce cas précis, une régularisation ponctuelle est possible, mais elle reste rare.

Et le garant supplémentaire, il peut te l’imposer aussi ?

Même logique pour le garant. Une fois le bail signé et l’acte de cautionnement en poche, ton propriétaire ne peut pas t’obliger à trouver un garant supplémentaire en cours de location, même si ta situation financière a changé, même si tu as eu un incident de paiement isolé.

Le seul cas où un nouveau garant peut être exigé, c’est lors d’un renouvellement de bail avec l’accord des deux parties, ou si le garant initial se désengage formellement. Mais une simple demande verbale ou écrite du propriétaire, sans base contractuelle, n’a aucune valeur juridique.

Cette règle vaut aussi pour les autres exigences abusives que certains bailleurs tentent d’imposer en cours de bail, alors que le contrat signé fait foi.

Comment réagir si ton propriétaire insiste

La première chose à faire, c’est de répondre par écrit, idéalement par lettre recommandée avec accusé de réception. Rappelle simplement l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989 et précise que le montant du dépôt de garantie a été fixé de manière définitive à la signature du bail.

Tu peux t’appuyer sur ton contrat de location lui-même : le montant de la caution y est inscrit noir sur blanc. Aucune clause ne peut légalement prévoir une révision automatique en cours de bail, même si elle figure dans le contrat — elle serait réputée non écrite.

Si ton propriétaire persiste ou menace de résilier le bail pour ce motif, sache qu’une telle résiliation serait totalement infondée. Le non-versement d’un complément de caution illégalement réclamé ne constitue jamais un motif valable d’expulsion.

En cas de blocage, la Commission départementale de conciliation (CDC) peut être saisie gratuitement. C’est une étape simple, sans avocat, qui permet souvent de débloquer la situation en quelques semaines avant d’envisager une procédure judiciaire.

Les pièges à connaître avant de céder

Beaucoup de locataires paient ce complément par méconnaissance, ou par peur de se fâcher avec leur propriétaire. C’est justement ce qui alimente cette pratique : elle prospère parce que personne ne la conteste.

Attention toutefois à une confusion fréquente : la révision de loyer via l’IRL est parfaite légale et automatique dans certains baux. Ce qui est interdit, c’est de faire suivre cette révision d’une augmentation proportionnelle de la caution. Les deux montants n’évoluent pas ensemble.

Autre piège : certains bailleurs demandent un « dépôt complémentaire » lors du renouvellement d’un bail meublé, en prétextant une usure normale du logement. Or l’usure normale ne peut jamais justifier une demande de caution supplémentaire, seule une dégradation avérée peut être retenue, et uniquement à la restitution du logement, pas en cours de bail.

Dernier point utile : si tu changes de garant en cours de route pour une raison personnelle, c’est à toi de le proposer, pas au propriétaire de l’exiger unilatéralement. Le nouveau garant doit alors signer un acte de cautionnement, mais ça reste ta démarche, pas une obligation légale.

Ce qu’il faut retenir

Une fois ton bail signé, le montant de ta caution est gravé dans le marbre pour toute la durée du contrat. Ton propriétaire n’a aucun droit légal de te réclamer un complément ou un garant supplémentaire sans motif contractuel précis.

Si ça t’arrive, un simple courrier recommandé citant l’article 22 de la loi de 1989 suffit généralement à clore le débat. Partage cet article : la plupart des locataires cèdent à cette demande simplement parce qu’ils ignorent que la loi est de leur côté.

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