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À 70 ans en EHPAD pour maladie neurologique, ses crédits tombent encore chaque mois : son fils doit payer

Publié par Mathieu le 27 Août 2026 à 11:03

Son père est en EHPAD, mais les crédits, eux, continuent de tomber chaque mois. Sur Reddit, un utilisateur que nous appellerons Paul raconte comment sa famille s’est retrouvée piégée financièrement. Tout a basculé le jour où son père, 70 ans, a développé une maladie neurologique.

La maladie a entraîné une perte totale d’autonomie. Direction l’EHPAD, sans retour possible. Sa mère, elle, est restée dans la maison familiale, que Paul tente aujourd’hui de vendre.

Homme âgé en fauteuil roulant dans un EHPAD

Un budget familial qui part en vrille

Fils et sa mère examinant des documents financiers

« Je suis fils unique », précise Paul dans son témoignage. Une précision qui compte : personne d’autre pour partager la charge. Et la charge, justement, est lourde.

Avant sa maladie, son père avait contracté deux crédits à la consommation. Aucune épargne n’existe pour absorber ces mensualités. Résultat : elles continuent de tomber, mois après mois, sans que personne n’ait anticipé le scénario.

Le détail du budget donne le vertige. L’EHPAD coûte environ 2 100 € par mois à lui seul. S’ajoutent 500 € pour le premier prêt, remboursable jusqu’en 2027, et 270 € pour le second.

Comptez encore 520 € pour la maison familiale et 500 € pour la vie courante de la mère. Face à ces dépenses, les deux retraites du couple plafonnent à 2 900 € : 2 700 € pour le père, 200 € pour la mère.

Le calcul est cruel. Le foyer accuse un déficit d’environ 1 500 € chaque mois. « Je me retrouve à faire un virement d’environ 1 600 € par mois sur le compte de mes parents, ce qui est difficilement soutenable », témoigne Paul.

Homme stressé face à ses factures le soir

Payer sans être responsable

Ce qui rend la situation encore plus inconfortable, c’est le paradoxe dans lequel Paul est coincé. Son salaire est trop élevé pour qu’il soit éligible à certaines aides destinées à financer l’EHPAD. Pourtant, il doit combler le trou chaque mois.

« En théorie, je ne suis pas responsable des prêts de mes parents. Sauf qu’en donnant de l’argent tous les mois pour payer l’EHPAD, je me retrouve indirectement à payer ces prêts », écrit-il. Le problème n’est donc pas juridique. C’est mécanique : chaque euro versé finit par éponger une dette qui n’est pas la sienne.

Mais qu’en dit vraiment la loi française sur ce genre de situation ?

Ce que la loi impose vraiment

En France, un enfant n’est pas automatiquement tenu de rembourser les crédits personnels de ses parents. Ce point mérite d’être clarifié, car la confusion est fréquente.

En revanche, une obligation alimentaire existe entre parents et enfants lorsque l’un d’eux est dans le besoin. Cette obligation peut justement s’appliquer aux frais d’hébergement en maison de retraite.

Le portail officiel Pour les personnes âgées précise que la contribution des obligés alimentaires dépend de leurs ressources et de celles du parent dans le besoin. Dans le cas de Paul, verser volontairement de l’argent ne le rend pas automatiquement débiteur des deux crédits. Tout dépend des contrats signés et des garanties souscrites à l’époque.

D’ailleurs, cette question de qui doit vraiment payer se pose aussi pour les beaux-parents en EHPAD, où une faille légale existe parfois. Dans certains cas précis, un gendre ou une belle-fille peut légalement refuser de payer.

Les pistes encore inexplorées

Pour alléger la note, Paul a constitué deux dossiers auprès des assurances liées aux prêts. Il invoque la perte totale et irréversible d’autonomie de son père, un motif classique de prise en charge.

Mais il doute lui-même du résultat. Son père avait déjà dépassé 70 ans lorsque les faits sont survenus, un détail qui peut jouer contre lui selon les clauses d’âge du contrat. L’issue dépend entièrement des exclusions prévues et de la définition exacte de l’invalidité retenue par l’assureur.

Reste une autre piste, souvent sous-exploitée par les familles : les aides publiques dédiées au financement de l’EHPAD.

Le portail officiel rappelle l’existence de l’APA, des aides au logement et de l’aide sociale à l’hébergement (ASH). L’ASH peut couvrir une partie ou la totalité des frais lorsque les ressources sont insuffisantes, à condition que l’établissement soit habilité à l’aide sociale.

Dans ce cas, le département peut aussi tenir compte de la situation financière des obligés alimentaires, comme Paul. Une porte de sortie potentielle, encore à explorer pour sa famille. D’ailleurs, du côté fiscal aussi, un crédit d’impôt pour tous les résidents en EHPAD est actuellement à l’étude et pourrait changer la donne pour des milliers de familles.

En attendant, les retraités eux-mêmes ont parfois intérêt à vérifier certaines lignes de leur déclaration : des cases souvent oubliées peuvent rapporter jusqu’à 2 500 €. De quoi, peut-être, desserrer un peu l’étau financier avant qu’il ne soit trop tard.

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