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Elle fait construire après un bornage en règle : 6 ans plus tard, 4 centimètres chez ses voisins lui coûtent 13 246,80 €

Publié par Mathieu le 16 Oct 2026 à 23:27
Femme stupéfaite devant sa maison neuve

Un terrain acheté, un bornage réalisé, des professionnels au travail : Faustine n’avait rien laissé au hasard pour construire sa maison à Amiens. Pourtant, six ans plus tard, la justice l’a condamnée à payer plus de 13 000 euros à ses voisins. En cause : quatre petits centimètres. Et le juge a pourtant reconnu qu’elle n’avait commis aucune faute professionnelle.

Un terrain, un bornage, des professionnels : tout était en règle

En 2019, Faustine achète un terrain à Amiens pour y bâtir sa maison. Avant les travaux, un bornage est réalisé, comme on le conseille à tout futur constructeur.

Des professionnels interviennent ensuite pour mener le projet. La maison sort de terre, Faustine emménage, et aucun incident n’est déclaré. Sur le papier, le dossier est sans nuage.

C’est le genre de parcours que l’on croit à l’abri de tout. On a fait mesurer, on a fait construire, on a payé des experts : que pourrait-il arriver ?

Le piège ne vient pas d’elle, mais de la parcelle d’à côté. Car en 2020, de nouveaux propriétaires y achètent un terrain, avec l’idée d’y construire leur propre maison. Ils ne se doutent pas qu’ils vont rester bloqués presque deux ans. Sur ce genre de tension entre voisins, une clôture payée seul avait déjà réservé une mauvaise surprise à un autre propriétaire.

Que se passe-t-il quand un chantier voisin s’arrête net, en pleine construction ?

Le chantier voisin s’arrête net : 20 mois de loyer en plus

Le chantier des nouveaux voisins démarre bien. Puis il s’interrompt brutalement : les constructeurs viennent de remarquer que la maison de Faustine empiète de 4 centimètres sur leur terrain.

Les travaux sont immédiatement suspendus, le temps de clarifier la situation. Les voisins, eux, doivent rester dans leur ancien logement. Ils continuent donc de payer plus de 662 euros de loyer par mois.

L’affaire est portée devant la justice. Au départ, les voisins réclament la démolition de la maison de Faustine, une solution généralement privilégiée en cas d’empiètement. Imaginez : tout raser pour quatre centimètres.

Finalement, après quelques discussions, un accord à l’amiable est trouvé. Un nouveau bornage est effectué et les travaux reprennent. On pourrait croire l’histoire terminée. Dans un autre registre, un voisin qui sort son mètre trois ans après montre que ces conflits ressurgissent rarement au bon moment.

Mais selon Le Figaro Immobilier, les voisins demandent alors une indemnisation pour les 20 mois de loyer payés pendant l’arrêt du chantier. Le tribunal rend sa décision le 25 juin 2025, et elle surprend : le juge reconnaît bien l’absence de faute de Faustine, mais la tient pour responsable quand même.

Le juge tranche : « pas de faute », mais 13 246,80 € à payer

Le juge admet que Faustine n’a commis aucune faute professionnelle, puisqu’un bornage a bien été effectué avant la construction. Il estime pourtant qu’elle reste responsable de la situation.

Elle est donc condamnée à verser 13 246,80 euros à ses voisins, sur le fondement du trouble anormal du voisinage. Le détail qui explique tout est dans le raisonnement du magistrat.

Selon la décision rapportée par Le Figaro Immobilier, le juge explique : « Le tribunal raisonne sur le fondement du trouble anormal du voisinage. Dans ce cadre, il n’est pas nécessaire de démontrer une faute professionnelle. Il suffit d’établir un trouble excédant les inconvénients normaux du voisinage. Ici, l’empiètement sur le terrain voisin. »

Autrement dit, avoir fait les choses dans les règles ne protège pas de tout. Ce qui compte n’est pas de savoir qui a eu tort, mais qui a causé le trouble.

Reste à savoir si Faustine a dû tout payer de sa poche. La réponse tient dans le retournement final.

Borne de limite plantée entre deux terrains voisins

Le retournement : elle se retourne contre les constructeurs

Face à cette condamnation, Faustine ne reste pas sans réaction. Elle se retourne contre les constructeurs de sa maison et leurs assureurs. Pour comprendre ce que la loi prévoit quand un mur ou une limite pose problème, la loi désigne parfois un seul responsable, et la logique est proche.

Les juges lui donnent raison : elle ne pouvait pas détecter elle-même l’erreur d’empiètement. Un particulier n’a pas les moyens de mesurer quatre centimètres sur son terrain.

Elle ne devra donc pas régler l’intégralité de la somme à ses voisins. Mais tout n’est pas effacé : elle a tout de même déboursé 3 000 euros d’honoraires d’avocat, qui ne lui seront pas remboursés.

Voilà le vrai payoff de l’affaire : la responsabilité vis-à-vis des voisins n’est pas la même que celle vis-à-vis des professionnels. Le voisin lésé peut s’adresser au propriétaire, sans se soucier de la faute. Le propriétaire, lui, peut ensuite se retourner vers ceux qui ont mal travaillé.

Ce que cette affaire change pour tout futur constructeur

Le cas de Faustine rappelle qu’un bornage en règle ne vaut pas garantie absolue. Le trouble anormal du voisinage fonctionne sans faute : il suffit qu’un dérangement dépasse ce qu’on tolère normalement entre voisins.

Les chiffres de l’affaire donnent la mesure : 4 centimètres, 20 mois d’arrêt, plus de 662 euros de loyer par mois, 13 246,80 euros de condamnation, 3 000 euros de frais d’avocat. Le tout pour une maison que personne n’a finalement dû démolir.

La source ne détaille pas ce qu’il reste à la charge finale de Faustine après le recours contre les constructeurs. Ce point reste donc à surveiller. Les conflits de distance sont d’ailleurs fréquents : à partir d’une certaine distance de la clôture, le voisin peut exiger une démolition.

Et la facture d’un litige ne se limite jamais à l’indemnité : il y a les loyers, l’avocat, les mois perdus. Pour mesurer ce qu’un mur de séparation peut déclencher, un mur mitoyen qui penche pose lui aussi la question de qui paie.

Une affaire qui prouve, une fois de plus, que les conflits de voisinage peuvent coûter très cher.

Quatre centimètres : c’est peu sur un terrain, mais beaucoup dans un tribunal. Et si vous pensiez qu’un voisin ne pouvait jamais bloquer vos projets, cette fenêtre de cuisine murée par un garage, en toute légalité devrait vous faire réfléchir. Et saviez-vous qu’un atelier bruyant dès 6h pouvait se retourner contre l’acheteur ? Tout s’inverse trois ans plus tard.

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