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Ton relevé de banque affiche des frais d’incident chaque mois ? La loi te protège plus que tu ne crois

Publié par Mathieu le 10 Août 2026 à 15:01

Tu regardes ton relevé de compte et tu tombes sur une ligne « frais de rejet », puis une autre « commission d’intervention », puis encore une « lettre d’information pour compte débiteur ». Additionnées, ces lignes peuvent grimper à 200 ou 300 euros sur un seul mois difficile.

Ce que la plupart des clients ignorent : la loi encadre strictement ces frais depuis plusieurs années. Ta banque n’a pas le droit de te facturer ce qu’elle veut, quand elle veut, sans limite.

Homme inquiet consultant son relevé bancaire le soir

Ce que la loi impose réellement à ta banque

Le Code monétaire et financier, notamment via l’article L312-1-3, encadre les frais liés aux incidents de paiement. Depuis 2014, un décret plafonne les commissions d’intervention à 8 euros par opération et 80 euros par mois pour la majorité des clients.

Pour les personnes en situation de fragilité financière reconnue par leur banque, ce plafond descend à 4 euros par opération et 20 euros par mois. Beaucoup de banques appliquent ce statut sans même le signaler à leurs clients concernés.

Les frais de rejet de prélèvement, eux, sont limités à 20 euros ou au montant du prélèvement rejeté s’il est inférieur. Les lettres d’information pour compte débiteur ne peuvent pas être facturées plus d’une fois par mois, même si plusieurs incidents surviennent.

Ces règles existent précisément parce que les banques ont longtemps multiplié les frais annexes sur les comptes déjà fragiles. Le Code monétaire vise justement à éviter cette spirale.

Comment vérifier et récupérer ce que ta banque te doit

La première étape est simple : ressors tes relevés des douze derniers mois. Repère chaque ligne mentionnant « commission d’intervention », « frais de rejet » ou « frais pour incident ».

Mains triant des relevés bancaires avec montants surlignés

Additionne ces frais mois par mois. Si un mois dépasse 80 euros de commissions d’intervention — ou 20 euros si tu es en situation de fragilité financière — ta banque a facturé au-delà du plafond légal.

Envoie ensuite une lettre recommandée avec accusé de réception à ton agence, en citant l’article L312-1-3 du Code monétaire et financier. Demande le remboursement précis des sommes qui dépassent le plafond, mois par mois, avec le calcul détaillé.

Si ta banque ne répond pas dans un délai de deux mois ou refuse sans justification légale, tu peux saisir gratuitement le médiateur bancaire. Chaque établissement a l’obligation d’en désigner un, et sa décision est souvent suivie.

Le recours gratuit reste toujours ta meilleure option avant d’envisager une procédure judiciaire plus longue.

Le statut de fragilité financière que personne ne réclame

Voici le vrai angle mort du système : le statut de « client en situation de fragilité financière » doit être proposé automatiquement par ta banque si tu accumules des incidents de paiement répétés.

Concrètement, si tu as eu trois rejets de prélèvement ou plus sur trois mois consécutifs, ou une inscription au fichier des incidents de paiement, ta banque doit t’identifier comme fragile. Ce statut ouvre droit à une offre spécifique plafonnée à 25 euros par mois pour l’ensemble des frais bancaires.

Le problème : de nombreuses banques ne proposent jamais spontanément ce statut, car il réduit fortement leurs revenus sur frais. Tu peux et dois le demander toi-même par écrit, sans attendre qu’elle te le propose.

Un rapport de l’Observatoire de l’inclusion bancaire estime que plusieurs millions de clients seraient éligibles à ce statut sans jamais en avoir bénéficié. Ce sont des centaines d’euros annuels qui échappent à des ménages parfois déjà en difficulté.

Les pièges qui font échouer une réclamation

Premier piège classique : confondre les frais d’incident plafonnés avec les agios, qui correspondent aux intérêts sur découvert autorisé. Ces derniers ne sont pas concernés par le même plafond et suivent un calcul différent basé sur ton taux débiteur contractuel.

Deuxième piège : réclamer sans preuves précises. Le médiateur bancaire n’agira efficacement que si tu fournis un tableau clair, mois par mois, avec les montants facturés et le plafond légal applicable à ta situation.

Troisième piège : laisser filer le délai. Tu disposes de cinq ans pour réclamer un trop-perçu bancaire, mais plus tu attends, plus les relevés anciens deviennent difficiles à obtenir auprès de ta banque.

Dernier point souvent oublié : certaines banques en ligne appliquent des grilles tarifaires différentes, parfois plus favorables. Comparer peut aussi t’éviter de revivre ce problème chaque mois.

Un droit simple à faire valoir

Résumé en une phrase : ta banque ne peut pas te facturer plus de 80 euros par mois de commissions d’intervention, ni plus de 20 euros si tu es reconnu fragile financièrement — et elle doit te le proposer d’elle-même.

Vérifie tes relevés, réclame par écrit, et n’hésite pas à saisir le médiateur si besoin. Partage cet article : beaucoup de comptes en difficulté paient chaque mois des frais qu’ils n’auraient jamais dû voir apparaître sur leur relevé.

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