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Grève : votre employeur peut-il refuser le télétravail ou vous retirer une journée ?

Publié par Mathieu le 02 Nov 2026 à 16:10

Le réveil sonne, la radio annonce « trafic très perturbé », et votre ado vous apprend que son lycée est bloqué. Pas de train, pas de cours, et un patron qui attend de vos nouvelles.

Bonne nouvelle : il existe des règles claires pour chaque situation. Mauvaise nouvelle : elles ne vous donnent pas tous les droits que vous imaginez. On fait le tri, question par question.

Pas de train : votre retard est-il vraiment excusé ?

Premier réflexe : prévenir, tout de suite et par écrit si possible. Un SMS ou un mail daté vaut mieux qu’un simple « j’ai appelé ». C’est votre meilleure preuve si le sujet revient sur la table.

Sur le fond, une grève de transports est généralement considérée comme un cas de force majeure ou, à tout le moins, une circonstance indépendante de votre volonté. Mais attention : le simple fait que votre employeur comprenne ne signifie pas qu’il doive vous payer l’heure ratée.

Dans les faits, beaucoup d’entreprises tolèrent le retard et le compensent par des heures rattrapées plus tard. D’autres retiennent la durée manquée sur le salaire. Votre convention collective et votre règlement intérieur tranchent. Le détail qui change tout, c’est ce qui se passe quand l’employeur n’a rien prévu : on y vient juste après.

Le télétravail : droit ou simple faveur ?

Salarié inquiet sur un quai de gare un jour de grève

C’est la question que tout le monde se pose, et la réponse est nuancée. Le télétravail n’est pas un droit automatique, sauf si votre contrat, un accord d’entreprise ou une charte le prévoit explicitement.

Il existe cependant une exception utile. Le Code du travail prévoit que, en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour garantir la continuité de l’activité. Autrement dit, votre employeur peut vous l’imposer, et vous pouvez le demander.

Reste un point clé : une grève prévisible n’est pas toujours qualifiée de circonstance exceptionnelle. Si votre poste s’y prête (ordinateur, outils à distance), demandez-le clairement, sans attendre le matin même. Un refus sans motif sérieux est discutable, mais un refus motivé par la nature de votre poste est tout à fait légal.

Et si votre métier ne s’exerce pas à distance ? Dans ce cas, l’autre porte de sortie se trouve du côté des congés.

Journée de congé imposée : le patron a-t-il le droit ?

Votre employeur ne peut pas, en principe, vous placer d’office en congé payé sans respecter un cadre précis. Les dates de congés se fixent selon des règles : délai de prévenance, accord collectif, ordre des départs.

En revanche, rien ne vous empêche de proposer vous-même de poser un jour de congé, de RTT ou de récupération. C’est souvent la solution la plus simple et la mieux acceptée. Vous gardez la maîtrise, il garde l’équilibre de son équipe.

Autre piège : confondre absence et grève. Si vous n’êtes pas gréviste, vous ne pouvez pas invoquer ce droit pour justifier votre absence. Votre problème, c’est le transport, pas votre participation au mouvement. La nuance compte pour la paie.

Le salaire est-il maintenu en cas d’absence ?

Voilà le point qui fâche. Sauf disposition contraire, une absence non travaillée n’est pas rémunérée. Votre employeur peut donc déduire les heures ou la journée manquée, même si la cause est extérieure.

Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise prévoient pourtant une tolérance. Une marge de retard, une journée « événement exceptionnel », une compensation par récupération : tout dépend de ce qui est écrit noir sur blanc. Vérifiez votre contrat avant de vous inquiéter.

Si le sujet vous parle, notre guide pratique d’une journée de grève détaille les bons réflexes côté écoles, transports et crèches.

Lycée bloqué, enfant à la maison : que faire côté parent ?

Parent en télétravail avec son adolescent à la maison

Quand un établissement est bloqué, il reste responsable de l’accueil des élèves mineurs qui s’y présentent. Pas question de renvoyer un enfant seul dans la rue sans que les parents soient prévenus.

Si le lycée ferme, vous n’avez pas de « congé pour enfant sans cours » automatique. Il n’existe pas de droit général à s’absenter pour garder un enfant dans cette situation. Un congé pour enfant malade, lui, a ses règles propres et ne s’applique pas ici.

Que reste-t-il alors ? Le télétravail négocié, un jour de congé, ou une organisation avec un proche. Les enfants un peu grands peuvent souvent rester seuls une journée, tout dépend de l’âge et de la maturité. Pour les plus jeunes, la solution passe presque toujours par un arrangement avec l’employeur.

Ce que votre employeur ne peut pas faire

Il ne peut pas vous sanctionner pour une grève de transports dont vous n’êtes pas responsable, tant que vous avez fait des efforts raisonnables pour venir. Un avertissement pour un retard lié à une paralysie du réseau serait difficile à défendre.

Il ne peut pas non plus vous menacer de licenciement parce que vous demandez un aménagement légitime. En revanche, il peut refuser, et vous demander de rattraper ou de poser un jour. Le dialogue reste votre meilleur outil.

Ces règles s’appliquent aussi à la question de la présence en ligne. Un employeur qui vous impose de rester joignable toute la journée en télétravail reste lui aussi tenu par des limites, que l’on détaille dans notre article sur le droit à la déconnexion.

Les bons réflexes avant le prochain préavis

Salarié et manager discutant d'un aménagement de journée

Une grève annoncée se prépare. Dès le préavis connu, interrogez votre manager : télétravail possible, horaires décalés, jour à poser. Plus vous anticipez, plus votre demande a des chances d’être acceptée.

Gardez une trace écrite de tout : prévenance du retard, échanges sur le télétravail, accord sur la récupération. En cas de désaccord sur la paie, ces messages font la différence. Et gardez un œil sur les alertes de votre opérateur de transports, car les perturbations évoluent d’une heure à l’autre.

Enfin, si vous vous sentez lésé, tournez-vous vers les représentants du personnel ou les services RH avant de monter en tension. Le sujet du télétravail et de ses abus fait d’ailleurs couler beaucoup d’encre, comme dans cette histoire d’avocate licenciée pour 9 jours de télétravail.

Et si vous travaillez depuis chez vous : ce qui change

Bonne surprise : le télétravail occasionnel peut aussi avoir des avantages fiscaux et des remboursements de frais, souvent méconnus. Votre employeur vous doit parfois une indemnité, selon ce que prévoit votre accord. Un détail à vérifier avant de dire oui à un jour de plus à la maison.

Pour creuser, jetez un œil à ce que votre employeur vous doit peut-être sans que vous le sachiez. Une grève, ça passe. Un droit ignoré, ça coûte plus cher.

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