Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Argent

« Loi Mbappé » : ce dispositif fiscal méconnu permet de récupérer 20% de certains investissements

Publié par Mathieu le 13 Juil 2026 à 9:24
Documents financiers et obligations d'État sur bureau madrilène

Kylian Mbappé domine encore un classement, mais pas celui qu’on attend. Un sondage publié pendant la Coupe du monde 2026 le confirme en tête des joueurs préférés des Français, loin devant Ousmane Dembélé et Michael Olise. Mais depuis son transfert au Real Madrid, son nom a aussi été récupéré par les autorités fiscales espagnoles pour désigner un mécanisme bien réel, capable de réduire légalement l’impôt de certains contribuables installés à Madrid.

Un joueur toujours au sommet de la popularité française

Le classement des Bleus les plus appréciés confirme une hiérarchie stable depuis plusieurs mois. Kylian Mbappé conserve la première place, un résultat qui ne repose pas uniquement sur ses statistiques sportives. L’étude croise plusieurs critères : performances sur le terrain, valeur marchande, exposition médiatique et influence sur les réseaux sociaux.

Le compagnon d’Ester Exposito devance Ousmane Dembélé, dont la cote a grimpé après son Ballon d’Or et ses prestations au PSG. Michael Olise complète le podium, suivi de Jules Koundé, Aurélien Tchouaméni, Désiré Doué, Rayan Cherki, William Saliba, Théo Hernandez et Ibrahima Konaté.

Cette popularité, entretenue aussi par son actualité personnelle comme sa nouvelle vie à Madrid, explique pourquoi son nom est devenu un argument marketing pour la capitale espagnole. Car depuis son arrivée sous le maillot du Real Madrid, Mbappé incarne un symbole d’attractivité que les autorités régionales ont voulu exploiter directement.

La loi 4/2024, un dispositif taillé pour attirer les capitaux étrangers

Depuis le 1er janvier 2024, la Communauté de Madrid applique un texte officiellement nommé loi 4/2024, mais très vite rebaptisé « loi Mbappé » dans la presse et les cercles financiers. L’appellation n’a rien d’officiel : elle fait référence à l’arrivée retentissante du joueur, symbole des profils internationaux que Madrid souhaite séduire.

L’objectif affiché est simple : attirer des investisseurs et des talents étrangers grâce à un cadre fiscal avantageux. Ce dispositif ne concerne que les nouveaux résidents fiscaux de la région madrilène, pas l’ensemble de l’Espagne. Les candidats doivent aussi prouver qu’ils n’ont pas été résidents fiscaux espagnols durant les cinq années précédentes, et s’engager à rester à Madrid au moins six années consécutives.

Concrètement, la mesure permet une déduction de 20% sur certains investissements réalisés après l’installation à Madrid, appliquée sur la part régionale de l’impôt sur le revenu. Ce mécanisme fonctionne uniquement sous le régime fiscal espagnol classique, et reste incompatible avec la fameuse loi Beckham, un autre dispositif fiscal bien connu des expatriés fortunés en Espagne.

Investisseur souriant consultant des papiers d'investissement

Ce que la loi Mbappé finance vraiment, et ce qu’elle exclut

Tous les placements ne se valent pas face à ce dispositif fiscal. Les investissements éligibles comprennent les obligations d’État espagnoles, les bons du Trésor, certaines actions cotées, des participations dans des entreprises, des fonds d’investissement, ou encore des fonds de capital-risque respectant des critères réglementaires précis.

En revanche, plusieurs catégories restent exclues du dispositif, ce qui limite son usage pour certains profils d’investisseurs. Les investissements immobiliers ne donnent droit à aucune déduction dans le cadre du texte adopté en 2024. Sont également écartées les sociétés contrôlées par le contribuable lui-même, lorsqu’il détient plus de 40% du capital ou occupe une fonction de direction.

Un détail change tout pour les gros investisseurs : si le crédit d’impôt dépasse la part régionale due une année donnée, le solde n’est pas perdu. Il peut être reporté pendant les cinq exercices suivants, ce qui transforme un avantage ponctuel en stratégie fiscale pluriannuelle. C’est précisément ce mécanisme de report qui a valu au dispositif sa réputation de mesure fiscale « puissante » auprès des conseillers en gestion de patrimoine.

Un nom de star pour habiller un texte de loi, et un mécanisme fiscal bien réel derrière l’appellation médiatique. La « loi Mbappé » illustre comment l’influence d’un footballeur peut dépasser largement les pelouses, jusqu’à devenir un argument de politique fiscale régionale. Reste à savoir combien d’investisseurs étrangers ont réellement franchi le pas depuis 2024.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *