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Nestlé s’apprête à céder la moitié de Perrier et Vittel à un fonds américain, valorisés 5 milliards d’euros

Publié par Mathieu le 23 Juil 2026 à 10:39
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Bouteilles d'eau minérale alignées sur chaîne d'embouteillage

Perrier, Vittel, Hépar : ces bouteilles trônent dans presque tous les frigos français depuis des décennies. Mais derrière l’image de pureté naturelle, le groupe qui les fabrique traverse une zone de turbulences depuis 2024. Un accord serait sur le point d’être signé, et il pourrait redistribuer les cartes de tout le marché de l’eau minérale en France.

Une division fragilisée qui cherchait un sauveur depuis des mois

Nestlé chercherait activement des liquidités pour relancer sa branche eau depuis le début de l’année 2025. En février dernier, Laurent Freixe, alors directeur général, avait publiquement reconnu être « à la recherche de partenariats » capables de faire croître cette activité devenue un poids pour le groupe suisse.

Cette division, qui regroupe aussi Perrier et San Pellegrino, avait été isolée du reste des activités du géant agroalimentaire, en préparation d’une cession partielle. Plusieurs fonds de poids s’étaient positionnés : KKR, CD&R, ou encore le français PAI Partners.

Le contexte n’a rien d’anodin. L’eau ne pèse plus que 3,5% du chiffre d’affaires de Nestlé, loin derrière les cafés Nescafé ou les bouillons Maggi. Un rendement jugé insuffisant, alors que le prix des bouteilles continue lui d’augmenter en rayon.

L’accord qui se dessine avec le fonds américain Platinum Equity

D’après le Financial Times, Nestlé serait en passe de conclure un accord avec la société de capital-investissement américaine Platinum Equity. L’opération prendrait la forme d’une coentreprise, avec cession de la moitié des parts de la division eau.

Le montant en jeu donne le vertige : l’entité serait valorisée à près de 5 milliards d’euros. Un montage similaire avait déjà été utilisé avec PAI Partners pour isoler les activités glaces Froneri et pizzas surgelées du groupe en Europe.

Ce ne serait pas non plus une première pour la branche eau. En 2021, Nestlé avait déjà vendu ses activités nord-américaines, Poland Spring et Pure Life, pour 4,3 milliards de dollars à la société One Rock Capital. Contacté par BFM Business, le groupe suisse n’a pas souhaité commenter cette nouvelle opération, qui interviendrait juste avant la publication de ses résultats trimestriels ce jeudi 23 juillet.

Homme d'affaires inquiet consultant un document financier

Le scandale des filtres interdits qui plombe l’image du groupe

Cette vente, si elle se confirme, interviendrait après des mois de crise pour les eaux du groupe. Depuis 2024, Nestlé Waters est au cœur d’un scandale sanitaire lié à l’utilisation de systèmes de microfiltration interdits pour des eaux vendues comme minérales naturelles.

Le groupe a admis avoir eu recours à ces traitements illégaux pour répondre à des contaminations de captages par des bactéries, des pesticides ou d’autres pollutions. Le problème est double : ces eaux ne correspondaient plus à l’image de pureté vantée aux consommateurs, et leur commercialisation sous les marques Perrier, Vittel, Contrex ou Hépar pouvait être qualifiée de trompeuse.

L’affaire a rapidement pris une tournure judiciaire et politique. Nestlé Waters a accepté en 2024 une amende de 2 millions d’euros assortie d’un programme de mise en conformité. Une commission d’enquête du Sénat a de son côté accusé les pouvoirs publics d’avoir tardé à réagir pour préserver l’activité du groupe. Perrier est le plus fragilisé : certains de ses captages pourraient perdre leur statut d’eau minérale naturelle, tandis que d’autres procédures visent des pollutions plastiques constatées dans les Vosges.

À ce contexte s’ajoute un plan social massif annoncé en octobre par Philipp Navratil, directeur général depuis septembre : 16.000 suppressions de postes prévues sur deux ans, soit près de 6% des effectifs mondiaux, pour un objectif d’économies porté à 3 milliards de francs suisses d’ici fin 2027.

Le chiffre d’affaires du groupe atteignait 89,76 milliards de francs suisses en 2025, en repli par rapport aux 91,4 milliards de l’année précédente.

Une page se tourne pour l’un des symboles les plus connus des rayons français. Reste à savoir si ce nouveau partenaire américain saura redonner à Perrier et Vittel la confiance perdue des consommateurs.

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