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Un billet Ryanair à 15 € : voici ce qu’il coûte vraiment à faire voler

Publié par Mathieu le 02 Juil 2026 à 14:01

Un aller simple Paris-Porto à 15 €. Moins cher qu’un menu au fast-food, pour traverser deux pays et voler à 900 km/h pendant deux heures.

Le carburant seul coûterait presque autant que le billet. Alors comment une compagnie aérienne peut-elle vendre un vol à ce prix sans couler ?

La réponse tient en une phrase : sur ce billet à 15 €, la compagnie ne gagne quasiment rien. Et c’est exactement le plan.

Le vrai coût d’un vol, poste par poste

Faire voler un Boeing 737 sur un trajet de 1 500 km coûte environ 8 000 à 10 000 € à la compagnie, tout compris.

Le kérosène représente à lui seul entre 2 500 et 3 500 € selon le cours du pétrole. Viennent ensuite les taxes aéroportuaires, souvent 1 500 à 2 000 € par vol, incompressibles.

Ajoute les salaires de l’équipage, la maintenance de l’appareil, l’assurance, la redevance de navigation aérienne : le totale grimpe vite.

Avec 180 passagers à bord, il faut environ 50 à 55 € par siège rien que pour couvrir ces coûts fixes. Un billet à 15 € est donc largement déficitaire à l’unité.

Voyageuse surprise devant le tableau des départs à l'aéroport

La vraie raison cachée : tu ne paies jamais que 15 €

Voici le tour de passe-passe : quasiment personne ne paie réellement 15 € pour son vol complet. Le prix affiché n’est que l’appât.

Ryanair et ses concurrents low-cost pratiquent le yield management : sur 180 sièges, seuls quelques dizaines sont vendus au prix plancher, et uniquement très tôt avant le départ.

Le reste des sièges se vend progressivement plus cher à mesure que la date approche et que la demande augmente. Le dernier siège vendu peut coûter 200 € pour le même vol.

Résultat : le prix moyen réel payé par passager tourne autour de 40 à 50 €, bien loin du prix d’appel affiché en une.

Mais même à 40 €, la marge resterait fine sur le seul billet. La vraie martingale se joue ailleurs, une fois que tu as cliqué sur « réserver ».

Homme inquiet payant des frais supplémentaires en ligne

Bagage en soute à 35 €, sélection de siège à 8 €, enregistrement en ligne obligatoire sous peine d’amende de 55 € au comptoir, priorité d’embarquement, assurance annulation : chaque option ajoutée fait grimper la note.

Chez Ryanair, ces frais annexes représentent près de 30% du chiffre d’affaires total de la compagnie, selon ses propres rapports financiers. C’est plus que ce que rapportent les billets seuls sur certaines lignes.

La compagnie a aussi transformé l’avion en centre commercial volant : parfums, grattage, boissons, snacks vendus à prix fort pendant le vol génèrent des millions supplémentaires chaque année.

Le modèle est limpide : le billet sert à remplir l’avion, tout le reste sert à faire du profit. Un avion qui décolle vide ne rapporte rien, même à 15 € le siège.

La comparaison qui tue : Ryanair vs Air France sur un même trajet

Prends un Paris-Lisbonne. Chez Air France, le tarif de base tourne souvent autour de 120 à 180 € aller simple, bagage en soute inclus, sièges attribués, restauration à bord.

Chez Ryanair, le même trajet peut afficher 25 € en prix d’appel, mais avec bagage cabine minuscule uniquement, aucun repas, et un aéroport secondaire parfois à 40 km du centre-ville de Lisbonne.

Ajoute un bagage en soute, un choix de siège et l’enregistrement en ligne chez Ryanair : la facture finale grimpe souvent à 90-110 €. L’écart avec Air France se resserre nettement.

La vraie différence n’est donc pas seulement le prix : c’est le service retiré du prix de base. Air France inclut ce que Ryanair fait payer en supplément.

Autre détail qui pèse lourd : Ryanair utilise des aéroports secondaires (Beauvais plutôt que Roissy, par exemple), qui pratiquent des taxes d’atterrissage bien plus faibles. Cette économie sur les taxes aéroportuaires se répercute directement sur le prix du billet de base.

Ce que tu sais maintenant

Le billet à 15 € n’est jamais rentable seul. Il sert d’appât pour remplir l’avion et déclencher un système de tarification dynamique où les derniers sièges coûtent bien plus cher.

Le vrai modèle économique se joue sur les options payantes, les aéroports secondaires moins taxés et le taux de remplissage maximal des appareils.

La prochaine fois que tu verras un vol à 15 €, tu sauras que la compagnie ne perd pas d’argent : elle mise sur toi pour rattraper la différence ailleurs.

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