Elle voyage 680 jours au Maroc : la Sécurité sociale lui réclame 32 857 € et sa retraite

Un séjour prolongé à l’étranger, et voilà toute une retraite qui s’écroule. C’est l’histoire d’une habitante de Catalogne qui pensait pouvoir profiter tranquillement du Maroc pendant la pandémie. Sauf que la Sécurité sociale espagnole a fini par éplucher son dossier, et la note est salée : plus de 32 000 euros à rembourser, et adieu sa pension.
Une pension sous conditions strictes, un séjour qui dérape
Entre 2018 et 2021, cette bénéficiaire d’une pension d’invalidité non contributive a passé plus de 680 jours hors d’Espagne, presque exclusivement au Maroc. Elle touchait 604,20 euros par mois, plus un complément de 36 à 37 euros. Une somme modeste, mais encadrée par des règles précises.
Car ce type d’aide n’est pas un chèque en blanc. Elle impose de résider sur le territoire espagnol et interdit toute absence supérieure à 90 jours par an, sauf justification solide. Un cadre légal qui rappelle que certaines aides liées à la retraite répondent à des critères précis, et parfois méconnus des bénéficiaires eux-mêmes.
La bénéficiaire a tenté de se défendre en invoquant les restrictions sanitaires du Covid-19, qui l’auraient empêchée de rentrer à temps. Un argument qui pouvait sembler recevable, dans un contexte où de nombreuses règles administratives ont dû s’adapter, un peu comme d’autres changements administratifs récents ont bousculé le quotidien des Français.
La justice tranche : le Covid ne suffit pas à tout excuser
La Haute Cour de justice de Catalogne n’a pas été convaincue. Selon les colonnes de AS Daily, les juges ont estimé que la pandémie ne justifiait pas une absence aussi longue du territoire. Un détail a particulièrement pesé dans la balance : l’administration n’avait jamais été prévenue de ce séjour prolongé, alors que rien ne l’en empêchait.
Mais le voyage au Maroc n’était que la partie visible du problème. En creusant le dossier, la Sécurité sociale a découvert que les revenus du foyer dépassaient très largement le plafond autorisé pour percevoir cette aide. En 2021, ils atteignaient 73 291,08 euros, alors que cette pension est réservée aux personnes disposant de ressources limitées, un peu à l’image des débats actuels sur le seuil qui classe un retraité comme aisé.
Depuis 2013, la retraitée cumulait donc plusieurs sources de revenus : ses 604,20 euros mensuels, un complément, et une petite pension marocaine de 96,68 euros. Un cumul qui, une fois additionné aux revenus du foyer, a fait basculer son dossier dans l’illégalité aux yeux de l’administration espagnole.

32 857 euros à rembourser, et la pension supprimée
Face à ces irrégularités financières, la Sécurité sociale espagnole a pris une décision radicale : supprimer la pension rétroactivement à partir de juin 2018. Résultat, la bénéficiaire doit désormais rembourser 32 857 euros, correspondant à l’ensemble des allocations perçues alors qu’elle ne remplissait plus les conditions requises.
La sanction ne s’arrête pas là. En plus de cette dette colossale à éponger, la femme perd définitivement le droit à cette pension d’invalidité. Une double peine qui illustre à quel point les autorités espagnoles scrutent désormais de près les séjours à l’étranger des bénéficiaires d’aides sociales, un contrôle qui pourrait inspirer d’autres pays confrontés à des questions similaires sur le pouvoir d’achat des retraités à l’étranger.
Cette affaire, largement relayée dans le sud de l’Espagne, rappelle une règle simple mais souvent oubliée : une aide sociale reste conditionnée, et voyager loin, longtemps, sans prévenir personne, peut coûter bien plus cher qu’un simple billet d’avion.
Une leçon coûteuse qui résonne bien au-delà des frontières espagnoles : mieux vaut prévenir son organisme social avant de partir que de devoir, des années plus tard, justifier chaque jour passé loin de chez soi. Et vous, connaissez-vous vraiment les règles qui encadrent votre propre pension ?