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Bugatti refuse de réparer sa Chiron Pur Sport crashée : le propriétaire y ajoute un kit à 612 000 €

Publié par Elsa Lepic le 21 Juil 2026 à 8:30
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Carrosserie large sur mesure en cours de montage en atelier

Une hypercar à 6 millions de dollars, déclarée bonne pour la casse par son propre constructeur. Normalement, l’histoire s’arrête là : plus aucune pièce, plus aucun espoir de la revoir rouler. Sauf qu’un YouTubeur britannique a décidé de tout reconstruire à la main, quitte à défier Bugatti lui-même.

Une Chiron Pur Sport jugée irrécupérable par Bugatti

Tout commence avec une Bugatti Chiron Pur Sport lourdement accidentée, l’un des modèles les plus exclusifs jamais produits par la marque de Molsheim. Une soixantaine d’exemplaires seulement sont sortis d’usine, facturés environ 6 millions de dollars pièce, soit près de 5,3 millions d’euros. Autant dire un objet de collection avant même d’avoir pris la route.

Après le sinistre, l’assurance a déclaré la voiture économiquement irréparable. Mat Armstrong, connu pour ses reconstructions de voitures hors norme sur YouTube, l’a rachetée pour environ 1,9 million de dollars, soit 1,7 million d’euros. Une remise à neuf en usine aurait coûté 1,7 million de dollars supplémentaires. Un montant que Bugatti n’a jamais eu l’occasion de facturer.

Car dès que la marque a compris qu’un particulier voulait ressusciter cette Chiron, la réponse a été sans appel. Pour Bugatti, cette voiture n’était plus structurellement saine, point final. Un positionnement radical qui rappelle à quel point certaines mécaniques d’exception deviennent intouchables une fois l’étiquette « épave » collée dessus.

Un boycott total des pièces détachées qui force l’improvisation

La sanction est tombée vite : Bugatti a refusé de vendre la moindre pièce détachée pour ce châssis désavoué. « Puisque Bugatti a décidé très tôt qu’ils ne nous vendraient aucune pièce pour cette voiture, nous avons dû improviser et tout fabriquer nous-mêmes », explique Mat Armstrong dans une vidéo relayée par Supercar Blondie. Une phrase qui résume à elle seule l’ampleur du défi technique.

Concrètement, l’équipe a dû fabriquer sur mesure une partie des composants, et en emprunter d’autres à des constructeurs totalement différents. Les airbags, par exemple, proviennent d’une simple Audi A3, un contraste presque comique face au prestige du reste de la carrosserie. Ce détail illustre bien le côté artisanal, presque désespéré, de la démarche.

Le châssis et la mécanique ont été remis en état mois après mois, et l’habitacle touche aujourd’hui à sa fin. Restait l’élément le plus visible, celui qui donne son identité à une hypercar : la carrosserie extérieure. Et sur ce point précis, chaque tentative d’approvisionnement s’est soldée par un nouveau refus venu de Molsheim.

Mécanicien anonyme examinant des pièces de carrosserie carbone

Le kit carrosserie à 612 000 € qui change tout

Face à ce mur, direction Dubaï. Plutôt que de courir après des pièces d’origine introuvables, Mat Armstrong et son équipe se sont tournés vers Venuum, un spécialiste local du sur-mesure automobile. Résultat : un kit carrosserie large, un « widebody » complet conçu spécifiquement pour cette Chiron déclarée perdue, facturé environ 700 000 dollars, soit près de 612 000 euros. Et ce montant ne concerne que les pièces brutes.

La main-d’œuvre, les ajustements sur mesure et les frais de transport viennent s’ajouter à l’addition, sans qu’aucun chiffre précis n’ait filtré pour l’instant. Un flou qui n’a rien d’anodin, tant le projet cumule déjà les postes de dépense les uns sur les autres, un peu comme certains budgets d’exception qui s’envolent projet après projet.

Pour monter ce kit hors norme, l’équipe a dû sacrifier certains éléments d’origine, découpés pour s’ajuster aux nouvelles pièces Venuum. Des jupes latérales en carbone ont même été modifiées pour laisser passer un bouclier avant nettement plus agressif que celui d’une Pur Sport de série. La voiture prend forme, presque roulante désormais, avec une silhouette élargie qui n’a plus grand-chose à voir avec le modèle sorti d’usine.

Il reste encore du travail avant de la voir évoluer sur circuit ou sur route ouverte. Le montant total de cette reconstruction, entre l’achat initial, les pièces fabriquées maison et ce kit à plus de 612 000 euros, demeure pour l’instant inconnu.

Une chose est sûre : Bugatti voulait enterrer cette Chiron, et un YouTubeur têtu est en train de prouver le contraire, budget après budget. Reste à savoir si Molsheim laissera un jour cette voiture reprendre la route sans réagir.

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