Cet accessoire Renault à 500 € arraché en 3 secondes est le plus volé de France : 68 cas en deux mois à Blois

Vous garez votre Renault le soir devant chez vous, tout est en ordre. Le lendemain, un trou béant remplace le logo arrière. Pas de vitre brisée, pas de bruit, juste une caméra de recul volatilisée en quelques secondes. Ce phénomène explose en France, et la facture pour les victimes est salée.
68 caméras arrachées en deux mois : ce qui se passe à Blois
En Loir-et-Cher, la ville de Blois est devenue l’épicentre d’un phénomène qui prend de l’ampleur dans tout le pays. En l’espace de deux mois, pas moins de 68 caméras de recul ont été dérobées sur des véhicules Renault. De jour comme de nuit, dans des quartiers différents, les voleurs frappent vite et sans laisser de traces.
Cora, l’une des victimes, a découvert le vol au petit matin. Sa voiture était garée dans la rue, comme chaque soir. À la place de la caméra, un vide. Elle a posé du scotch en urgence pour empêcher l’eau de s’infiltrer dans le coffre. Un geste de fortune qui en dit long sur le désarroi des conducteurs touchés.
Au commissariat, les dépôts de plainte se sont enchaînés. Cora confie ne pas avoir été surprise d’apprendre que d’autres automobilistes étaient concernés. Plusieurs personnes sont venues signaler le même vol dans le même laps de temps. Une arnaque qui cible les automobilistes de plus en plus fréquemment.
L’enquête, toujours en cours, a déjà abouti à plusieurs interpellations. La lieutenante Aurore Fayolle, cheffe par intérim du service départemental de police judiciaire, a indiqué que des empreintes digitales ont été relevées sur des caméras retrouvées. Mais le circuit de revente, lui, tourne à plein régime.
Scotch double face et connectique basique : pourquoi c’est si facile à voler
Le problème vient directement de la conception. Sur les modèles Renault, la caméra de recul est intégrée au logo arrière, en un seul bloc. Un choix esthétique élégant, mais une aubaine pour les voleurs. La pièce se détache en quelques secondes, sans outil, sans compétence particulière.
La lieutenante Fayolle ne mâche pas ses mots sur la fixation : un simple scotch double face posé par le constructeur, une connectique élémentaire à débrancher. Retirer la caméra est, selon ses termes, « enfantin ». N’importe qui peut le faire en pleine rue sans attirer l’attention.
Le coût du remplacement, lui, n’a rien d’enfantin. Comptez entre 300 et 500 euros chez un professionnel. David De Araujo, carrossier dans les Hauts-de-Seine, ne compte plus les clients qui débarquent avec ce même vide à l’arrière. C’est devenu un cas courant dans son atelier, presque un rituel quotidien.
Pour ne rien arranger, seule une assurance tous risques couvre ce type de vol. Les conducteurs assurés au tiers — et ils sont nombreux — doivent payer de leur poche. Beaucoup l’ignorent encore et découvrent la mauvaise nouvelle au moment de chercher un remboursement auprès de leur assureur.

Rivets, marché noir et la réponse tardive de Renault
Certains automobilistes ont décidé de prendre les choses en main. Des propriétaires posent désormais des rivets sur le logo arrière pour fixer la caméra de manière permanente. Un bricolage qui témoigne d’une exaspération profonde face à l’inaction perçue du constructeur.
Stéphane Laurent, employé du carrossier De Araujo, a subi le vol trois fois. Deux fois sur la même voiture, puis une troisième sur le véhicule suivant. Sa décision est radicale : plus jamais de voiture neuve avec caméra de recul intégrée au logo. Un renoncement qui sonne comme un aveu d’échec du système.
Côté marché noir, les caméras volées se retrouvent en quelques heures sur les sites de vente entre particuliers et les réseaux sociaux. Prix affiché : quelques dizaines d’euros. L’écart avec le coût de remplacement officiel — jusqu’à 500 euros — explique l’attrait de ce larcin express. La chaîne est rodée : vol discret, revente rapide, traçabilité quasi nulle.
Renault a fini par réagir. Le constructeur au Losange assure avoir modifié l’intégration de la caméra sur ses nouveaux modèles pour rendre l’arrachage impossible. Une correction bienvenue, mais qui ne change rien pour les centaines de milliers de véhicules déjà en circulation.
Un scotch double face, trois secondes et 500 euros envolés : rarement un défaut de conception aura autant profité aux voleurs. Si vous roulez en Renault avec une caméra de recul intégrée au logo, un conseil — vérifiez votre contrat d’assurance ce soir. Et demain matin, jetez un œil à l’arrière avant de monter.