Je suis monté dans la Denza Z de BYD à 1 604 ch : la recharge en 5 minutes qui rend Porsche nerveux

Une supercar électrique chinoise capable de rivaliser avec les meilleures Porsche ou Ferrari ? Ça peut sembler délirant, et pourtant. Le constructeur BYD a choisi le mythique Festival of Speed de Goodwood pour dévoiler sa création la plus radicale sous la marque Denza. On y était, on est monté à bord, et les chiffres donnent le vertige : 1 604 chevaux, une recharge express, et un prix qui pourrait bien faire trembler tout le marché des supercars.
Un design qui pioche dans tous les codes européens
Impossible de la rater sur le stand géant de BYD à Goodwood. Dessinée sous la direction de Wolfgang Egger, la Denza Z emprunte des silhouettes qui rappellent tour à tour Lotus, Ferrari ou Porsche, sans jamais copier franchement l’un d’eux. Long capot plongeant, cabine reculée, poupe fastback : les codes classiques des sportives thermiques sont tous là.
La déclinaison coupé et la version cabriolet Spider mesurent 4,78 m, quand la Racing grimpe à 4,87 m. Trois carrosseries, un même ADN visuel, et un nuancier XXL avec dix teintes disponibles, dont le très chic Monte Carlo Orange. Un choix presque aussi large que celui qu’on retrouve sur d’autres modèles électriques premium, à l’image de la gamme Denza Z9GT déjà commercialisée en France.
À l’intérieur, l’ambiance course s’installe grâce à un revêtement en Alcantara sur le volant, les sièges et le tableau de bord. Ce matériau, contrairement au cuir lisse, offre un grip renforcé en virage. Le volant intègre même six boutons physiques pour activer instantanément les modes Track et Boost, une expérience qu’on retrouve d’ailleurs testée en détail sur la Denza Z9GT lors d’un précédent essai.
1 604 chevaux et un 0 à 100 km/h en 2,25 secondes
Sous le capot, ou plutôt sous le plancher, la Denza Z embarque une plateforme baptisée e³, conçue exclusivement pour la performance. Trois moteurs électriques, un à l’avant et deux à l’arrière, délivrent au minimum 1 604 chevaux et 1 240 Nm de couple. De quoi expédier le 0 à 100 km/h en seulement 2,25 secondes pour la version coupé.
Une variante Special Edition, destinée à tenter un record sur le Nürburgring Nordschleife à l’automne, pourrait même descendre sous les 1,7 seconde grâce à 2 000 chevaux. Des chiffres théoriques impressionnants, qu’il faudra vérifier sur circuit, car aucune démonstration dynamique n’a été possible à Goodwood.
Pour l’aérodynamique, la version Racing pousse le curseur encore plus loin : lame avant, aileron mobile réglable en fibre de carbone, générateurs de vortex sous le châssis. Cette architecture améliorerait le refroidissement des moteurs de 50% et celui des disques de frein de 32%. Un niveau technique qui rappelle celui déployé sur la voiture électrique la plus rapide du monde, également signée BYD.
Côté confort, la Denza Z ose une configuration à quatre places grâce à un empattement de 2,78 m. Un choix rare sur ce segment, même si l’arrière reste réservé aux petits gabarits. Le son, lui, est confié au Français Devialet, avec jusqu’à 12 haut-parleurs sur la version Racing et un système de sonorisation moteur artificielle personnalisable.

Recharge à 97% en 9 minutes : la vraie révolution
Si la puissance impressionne, c’est ailleurs que la Denza Z pourrait vraiment bousculer le marché. La technologie Flash Charging permet de délivrer jusqu’à 1 500 kW sur un seul connecteur. Résultat : la batterie passe de 10 à 70% en seulement 5 minutes, et grimpe à 97% en 9 minutes chrono. Même par -30°C, l’essentiel de la charge est récupéré en 12 minutes.
La batterie LFP de 76 kWh, intégrée directement à la structure du châssis, reste pourtant relativement modeste pour une voiture de 2,3 tonnes. L’autonomie combinée WLTP s’en ressent : 410 km pour le coupé, 400 km pour le Spider, 380 km pour la Racing. Une consommation logique sur circuit, mais qui interroge sur l’usage quotidien, un débat qu’on retrouve régulièrement dans notre comparatif des meilleures voitures électriques 2026.
Reste la question qui fâche : le prix. Révélé en exclusivité par nos soins à Goodwood, il n’apparaissait même pas dans le communiqué de lancement. En France, la version coupé démarre à 156 300 euros, le Spider à 173 300 euros, et la Racing culmine à 189 600 euros. Un positionnement que Denza justifie ainsi : « à ce niveau de prix, aucune autre supercar électrique ne propose aujourd’hui un tel niveau de performances ».
Seul bémol : le réseau. Denza ne compte que deux concessions en France, à Saint-Germain-en-Laye et à Cannes, contre un maillage bien plus dense pour Porsche. Le constructeur promet toutefois une vente 100% en ligne et une livraison sans surcoût partout dans l’Hexagone.
Entre puissance brute, recharge éclair et prix agressif, la Denza Z a toutes les cartes pour rebattre les règles du jeu chez les supercars. Reste à savoir si le châssis chinois tiendra la comparaison face aux références allemandes et italiennes une fois sur circuit. Verdict à l’automne, sur le Nürburgring.