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Adieu le V12 : Ferrari dévoile sa première voiture électrique à 1 113 chevaux… et c’est l’ex-designer d’Apple qui l’a dessinée

Publié par Elsa Lepic le 27 Mai 2026 à 8:30
Berline sportive électrique rouge garée devant un bâtiment moderne au soleil couchant

Ferrari sans moteur thermique, c’était un peu comme un espresso sans café : impensable. Et pourtant, la marque au cheval cabré vient de franchir le pas avec la Luce, sa toute première voiture 100 % électrique. Le twist ? C’est l’ancien directeur du design d’Apple, Jony Ive, qui a cosigné l’engin. Quatre moteurs, 1 113 chevaux, zéro cylindre et un prix qui dépasse le demi-million d’euros. Bienvenue dans la nouvelle ère de Maranello.

Ferrari Luce : pourquoi Maranello a dit adieu au thermique

Pendant des décennies, le rugissement d’un V12 Ferrari a fait vibrer les circuits et les routes du monde entier. Mais l’industrie automobile bascule, et même la Scuderia ne pouvait pas rester éternellement à contre-courant. Présentée lors d’un événement privé à Rome le 25 mai, la Luce — « lumière » en italien — marque une rupture nette avec tout ce que Maranello a produit jusqu’ici.

Ce n’est pas un simple coupé sport rebadgé. C’est une berline gran turismo à cinq places, un format inédit chez Ferrari. John Elkann, président de la marque, a résumé l’ambition en une phrase : « Nous voulions une perspective différente sur Ferrari. » Différente, c’est le moins qu’on puisse dire. Pour assembler ce modèle, Ferrari a même construit un bâtiment dédié, l’E-Building, dans son fief de Maranello. Le message est clair : l’électrique n’est pas un caprice passager, c’est un virage stratégique assumé.

Mais une Ferrari silencieuse peut-elle encore donner des frissons ? La fiche technique répond à cette question de manière assez brutale.

1 113 chevaux et un designer d’iPhone : ce que cache la Luce sous sa carrosserie

Quatre moteurs électriques indépendants à flux radial, un par roue. Puissance cumulée : 1 113 chevaux, soit 830 kW. Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,5 secondes. Pour un véhicule de 2,3 tonnes avec une répartition des masses 47/53, c’est une prouesse d’ingénierie. La batterie lithium-ion NMC de 122 kWh, fournie par le sud-coréen SK On, repose sur une plateforme inédite fonctionnant en 880 volts. Résultat : 531 kilomètres d’autonomie en cycle WLTP et une recharge rapide à 350 kW, soit 300 kilomètres récupérés en moins de vingt minutes.

Côté design, c’est là que la collaboration avec Jony Ive et son cabinet LoveFrom prend tout son sens. L’intérieur tranche radicalement avec les cockpits Ferrari habituels. Pas d’écrans tactiles dominants. Des boutons physiques en verre, de l’aluminium, du cuir, des sièges baquets fins. Presque une philosophie à contre-courant du tout-numérique. On comprend mieux le parallèle avec un iPhone : Ive a gardé la même obsession pour la sobriété et les matériaux nobles.

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Reste un détail qui va faire grincer quelques dents — et il ne s’agit pas du silence du moteur.

Intérieur luxueux d'une voiture avec boutons en verre et sièges en cuir

Plus de 500 000 euros : le prix vertigineux de l’entrée dans l’ère électrique Ferrari

Certaines révolutions ont un coût, et celle-ci est salée. La Ferrari Luce sera proposée à un prix dépassant les 500 000 euros. Cinq teintes seront disponibles au lancement : Azzurro La Plata, Bianco Artico, Rosso Dino, Rosso Fiammante et une couleur créée spécialement pour le modèle, Giallo Luce. Les premières livraisons européennes sont prévues pour octobre 2026.

À ce tarif, Ferrari ne vise évidemment pas le grand public. La marque joue sur l’exclusivité, comme elle l’a toujours fait. Mais le pari est double : prouver que l’électrique peut porter l’ADN Ferrari sans le diluer, et attirer une nouvelle clientèle sensible au design et à la technologie autant qu’à la performance brute. Le fait que Jony Ive ait participé au projet n’est pas anodin — c’est un signal envoyé bien au-delà du monde automobile.

Cinq places, zéro émission, quatre moteurs et un demi-million d’euros : Ferrari n’a pas fait dans la demi-mesure pour sa première électrique.

La vraie question, maintenant, c’est celle que tous les ferraristes se posent en silence : est-ce qu’une Ferrari sans le son reste une Ferrari ? La réponse arrivera sur les routes européennes dès l’automne. D’ici là, le débat est ouvert — et quelque chose nous dit qu’il va être animé.

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