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En Italie, 1 radar automatique sur 5 vient d’être désactivé pour cette raison inattendue

Publié par Elodie le 15 Juil 2026 à 1:22

Imaginez rouler tranquillement sur une route italienne, persuadé qu’un radar surveille chaque excès de vitesse. Sauf qu’un sur cinq vient d’être éteint, du jour au lendemain, sur ordre du gouvernement. Pas pour des raisons budgétaires ni écologiques : pour un simple problème de paperasse, resté ignoré pendant plus de trente ans.

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Un vide juridique vieux de 33 ans qui explose enfin

Tout part d’un détail que personne n’avait vraiment pris au sérieux depuis 1992. Le Code de la route italien exigeait déjà, à l’époque, que chaque radar automatique soit officiellement homologué avant sa mise en service. Sauf qu’aucun décret d’application n’avait jamais été signé pour encadrer cette procédure.

Résultat : des milliers de autovelox (le nom donné aux radars en Italie) ont fonctionné pendant des décennies sur la seule base d’une simple « approbation » administrative, bien moins stricte qu’une homologation en règle. Un flou qui a fini par coûter cher à l’État italien, à l’image de certaines pertes fiscales inattendues observées ailleurs en Europe sur des dispositifs similaires.

En 2024, la Cour de Cassation italienne a tranché : les amendes issues de radars simplement « approuvés », et non homologués, étaient nulles et non avenues. La nouvelle a déclenché une avalanche de contestations, un peu comme lorsque des automobilistes découvrent que certains systèmes de paiement automatisés comportent eux aussi des zones grises juridiques.

Plus de 850 radars mis hors service dès dimanche

Le ministère italien des Infrastructures et des Transports a donc décidé d’agir. Depuis dimanche, de nouvelles règles imposent des critères stricts : les visages des conducteurs et passagers doivent désormais être floutés, et la marge d’erreur ne doit pas dépasser 3% au-delà de 100 km/h.

Sur environ 4 000 radars automatiques recensés dans le pays, seuls 3 150 ont passé le test de conformité et continueront à flasher les automobilistes sans interruption. Les 850 restants, eux, ont été jugés non conformes et resteront inactifs tant que leurs fabricants n’auront pas obtenu une homologation en bonne et due forme.

Une situation qui rappelle que même les outils censés garantir la sécurité routière peuvent être fragilisés par des failles administratives, un peu à la manière des dispositifs de mesure détournés qui ont récemment fait parler d’eux. Le ministère a précisé aux journalistes que les producteurs disposent de plusieurs mois pour se mettre en conformité, sans donner de délai précis.

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Un manque à gagner de plusieurs millions pour les villes italiennes

C’est là que l’histoire prend une tournure presque comique : ces radars n’étaient pas qu’un outil de sécurité, ils représentaient aussi une source de revenus non négligeable pour les collectivités locales. L’association de consommateurs Codacons a d’ailleurs tenu à rappeler que « ceux qui mettent en danger leur propre vie et celle des autres doivent être punis avec la plus grande sévérité », mais que les sanctions doivent reposer sur des outils parfaitement légaux.

Les chiffres donnent le vertige. Entre 2021 et 2025, les radars des 20 plus grandes villes italiennes ont rapporté au total 306 millions d’euros. Mais la tendance s’inverse : en 2025 seul, les recettes ont chuté de 9% par rapport à l’année précédente.

La palme revient à Florence, véritable championne des amendes avec plus de 86 millions d’euros engrangés, devant Milan et Gênes. Un pactole qui explique pourquoi certains ont pu qualifier ces radars « d’impôt caché » plutôt que de simples outils de prévention.

Pourtant, la sécurité routière reste un vrai enjeu : avec 49 décès par million d’habitants en 2025, l’Italie figure, aux côtés de la France, parmi les mauvais élèves de l’Europe de l’Ouest selon la Commission européenne.

Vingt pour cent de radars à l’arrêt, des centaines de millions d’euros de recettes en jeu, et une sécurité routière qui reste fragile : l’équation italienne résume à elle seule le grand écart entre prévention et rentabilité. Et si demain, c’était votre propre pays qui découvrait le même vide juridique caché sous ses radars automatiques ?

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