Il achète 239 Land Rover Defender à 26 200 € pièce et les revend jusqu’à 368 000 € : le pari fou de cet Anglais

Le Land Rover Defender, c’est le genre de 4×4 qui provoque des frissons chez les passionnés. Robuste, mythique, indémodable. En 2015, un entrepreneur anglais a décidé d’en acheter 239 exemplaires juste avant l’arrêt définitif de la production. Son objectif : les transformer un par un en pièces uniques revendues jusqu’à 368 000 €. Voici comment un pari complètement fou est devenu une affaire à plusieurs dizaines de millions.
239 Defender achetés en urgence avant la fin de production
En 2015, Land Rover annonce la fin de la chaîne de montage du Defender, un modèle lancé 33 ans plus tôt. Là où d’autres voient un adieu, Charles Fawcett, fondateur de Twisted Automotive, flaire le coup du siècle. Il commande 240 véhicules. Il n’en recevra finalement que 239, livrés in extremis avant la fermeture de l’usine en 2016.
Chaque Defender lui revient à environ 26 200 €. La facture initiale dépasse 6,7 millions d’euros. Mais en ajoutant le transport, le stockage et la préparation, l’addition grimpe à 9,2 millions, financés en grande partie par emprunt. Pour honorer les remboursements, Fawcett doit vendre au moins six véhicules par mois. Un rythme infernal. Comme quoi, même les stratégies automobiles les plus audacieuses reposent parfois sur un simple tableur Excel et beaucoup de cran.
Entre 1 500 et 2 500 heures de travail artisanal par véhicule
Twisted Automotive n’est pas un garage de quartier. L’entreprise, basée en Angleterre, emploie 220 personnes réparties sur environ 14 sites. Chaque Defender est intégralement démonté, puis reconstruit pièce par pièce. Châssis retravaillé, moteur optimisé, habitacle cousu sur mesure : le processus exige entre 1 500 et 2 500 heures de main-d’œuvre par véhicule.
On est loin du simple tuning. C’est de la manufacture automobile pure, un travail d’orfèvre appliqué à un 4×4 de légende. Twisted applique d’ailleurs la même philosophie à d’autres modèles, notamment des séries limitées de Range Rover. Le résultat ressemble davantage à une œuvre d’art roulante qu’à un utilitaire tout-terrain. Et c’est précisément ce que les acheteurs viennent chercher — l’âme du Defender originel, sublimée par un savoir-faire quasi horloger. Mais tout ce talent artisanal a un prix, et ce prix donne le vertige. Même les amateurs de véhicules futuristes haut de gamme pourraient tiquer.
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Un chiffre d’affaires estimé à plus de 57 millions d’euros
Quand on parle gros chiffres dans l’automobile, celui-ci impressionne. Les Defender transformés se revendent entre 207 000 € et 368 000 € l’unité. Les prévisions tablent sur un chiffre d’affaires dépassant largement 57,5 millions d’euros. Aucun bénéfice net précis n’a été communiqué — les coûts de transformation et la masse salariale absorbent une part considérable.
Derrière les chiffres, la motivation de Charles Fawcett est viscérale. Il a grandi entouré de véhicules transformés. Son père, entrepreneur automobile dans les années 70 et 80, lui a transmis cette passion des machines analogiques. Pour Fawcett, chaque Defender possède un caractère propre, une identité que la transformation ne fait que révéler. Il ne vend pas des voitures. Il vend des pièces uniques, chacune portant l’empreinte d’une obsession familiale vieille de deux générations.
Acheter 239 Defender avant que le rideau tombe et les revendre jusqu’à 14 fois leur prix : Charles Fawcett a transformé la nostalgie en machine à millions. La question qui reste : quand le dernier Twisted Defender sortira de l’atelier, combien vaudra-t-il sur le marché des collectionneurs ? Certains parient déjà sur le million.