Oubliée 45 ans dans une grange suisse, cette Porsche 356 rare va être vendue sans prix de réserve

Une voiture de sport garée un soir d’hiver 1981. Un moteur qui ne tourne plus. Et puis le silence, pendant 45 ans. Dans une grange quelque part en Suisse, une Porsche 356 B T6 Super 90 a traversé les décennies sans bouger d’un centimètre. Jusqu’à mars 2026, où des héritiers ont poussé la porte et découvert un trésor endormi. Le 30 mai prochain, ce coupé vert passera sous le marteau — et personne ne sait encore jusqu’où les enchères vont grimper.
Une sportive de 1963 livrée neuve en Suisse, puis avalée par le temps
Pour comprendre cette découverte, il faut rembobiner jusqu’à Stuttgart, début des années 60. Le constructeur de Zuffenhausen produit alors la lignée des 356, un modèle lancé en 1950 dont les premières carrosseries sortaient des ateliers Reutter. La version B, arrivée en 1959, apportait une face avant redessinée, des moteurs plus costauds et un éclairage revu. L’exemplaire qui nous occupe date de juillet 1963, dernier millésime de l’évolution T6 : pare-brise agrandi, capot moteur à deux grilles, coffre redessiné.
Sous le capot, un quatre cylindres boxer 1,6 litre de 90 ch. Rien de brutal, mais une mécanique raffinée qui faisait la réputation du modèle. Au début des années 70, un nouveau propriétaire prend le volant. Il fait réviser le moteur fin 1976, repeint la carrosserie en vert et utilise la 356 comme voiture du quotidien et de mariage. Un carnet de bord tenu à partir d’août 1977 atteste d’un usage régulier et d’un entretien rigoureux. Puis, fin 1981, plus rien.
62 519 km au compteur : le coupé intact extrait de sa grange en mars 2026
La dernière entrée du carnet de bord mentionne 62 420 km. Une centaine de kilomètres plus tard, le coupé est garé dans une grange. Moteur coupé. Portière refermée. Point final. Le propriétaire n’y touchera plus jamais. Pendant près de quatre décennies et demie, la Porsche dort à l’abri des regards, protégée du soleil, de la pluie et de l’oubli collectif.
C’est après le décès de ce passionné que ses héritiers tombent sur la voiture. En mars 2026, ils l’extraient de son refuge. Le compteur affiche 62 519 km. Le moteur d’origine est toujours en place. La peinture verte, appliquée il y a un demi-siècle, témoigne d’une époque révolue. Pour les collectionneurs, c’est exactement le genre de trouvaille qui fait battre le cœur : une voiture figée dans son jus, sans restauration hasardeuse ni pièces remplacées à la va-vite. Le genre de capsule temporelle mécanique qui déclenche des guerres d’enchères.
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Mise aux enchères à Lucerne le 30 mai — sans prix de réserve
Les passionnés d’une époque révolue ont rendez-vous au salon Swiss Classic World, qui se tient à Lucerne du 29 au 31 mai 2026. Le 30 mai, la maison Oldtimer Galerie présentera ce coupé vert dans un catalogue d’environ 45 voitures de collection.
Détail crucial : la vente se fera sans prix de réserve. Autrement dit, le marteau tombera quel que soit le montant atteint. L’estimation officielle oscille entre 30 000 et 40 000 €, mais les sorties de grange de 356 authentiques dépassent régulièrement les prévisions. Le kilométrage très bas, le moteur d’origine intact et la patine naturelle de la carrosserie pourraient faire flamber les enchères bien au-delà de cette fourchette. Les collectionneurs suisses et allemands, friands de ces trésors mécaniques préservés, risquent de se disputer âprement cette pièce rare.
Une Porsche endormie 45 ans, réveillée par des héritiers, vendue sans filet à Lucerne : c’est le genre d’histoire qui rappelle que les plus belles trouvailles ne se font pas dans les concessions, mais derrière une vieille porte de grange. Et vous, si vous poussiez la porte du garage de vos grands-parents, qu’est-ce que vous y trouveriez ?