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Ce radar de chantier flashe dès 30 km/h sur le périphérique : la facture s’annonce colossale

Publié par Elsa Lepic le 03 Sep 2026 à 8:30
Ce radar de chantier flashe dès 30 km/h sur le périphérique : la facture s'annonce colossale

Vous roulez tranquillement sur le périphérique parisien, et là, sans prévenir : porte de Montreuil, la limite tombe à 30 km/h. Depuis le 24 août, un nouveau radar autonome de chantier surveille cette portion, et il ne pardonne rien. Les automobilistes découvrent le piège à leurs dépens, souvent trop tard pour lever le pied. On vous explique comment il fonctionne, ce qu’il vous en coûtera, et pourquoi la note globale pourrait se chiffrer en dizaines de millions d’euros.

Un piège tombé du ciel porte de Montreuil

Le décor est posé au point kilométrique 30.960, sur la chaussée extérieure du périphérique parisien. Un radar autonome, installé pour sécuriser une zone de travaux, flashe désormais les véhicules par l’arrière. Sa particularité : il impose une limitation à seulement 30 km/h, bien en dessous des 50 km/h habituels depuis que la Mairie de Paris a abaissé la vitesse sur toute la boucle le 1er octobre 2024.

Problème : l’appareil reste actif en permanence, même la nuit et le week-end, quand le chantier est à l’arrêt. Sur les réseaux sociaux, la colère monte. Les conducteurs dénoncent une signalisation confuse et un dispositif perçu comme un piège à verbalisation plutôt qu’un outil de sécurité, un peu comme ces polémiques qui enflamment régulièrement les réseaux sociaux dès qu’un sujet touche au portefeuille.

Ce nouvel appareil vient s’ajouter aux 14 radars fixes déjà répartis sur l’anneau parisien, huit sur le périphérique extérieur et six sur l’intérieur. Mais contrairement à ses voisins qui contrôlent le respect des 50 km/h classiques, celui-ci cible une vitesse divisée par presque deux. De quoi transformer un trajet banal en cauchemar administratif pour les distraits.

Combien ça coûte vraiment de dépasser les 30 km/h

La marge technique réglementaire de 5 km/h s’applique normalement. Concrètement, le radar se déclenche dès 36 km/h en vitesse réelle, retenue à 31 km/h après déduction. Autant dire qu’il ne faut quasiment aucune marge d’erreur en arrivant vers la porte de Montreuil.

Entre 36 et 39 km/h mesurés, la sanction reste financière : 135 euros d’amende, minorée à 90 euros si vous payez rapidement, mais aucun point retiré grâce à l’assouplissement en vigueur depuis 2024. Passé les 40 km/h mesurés, soit 35 km/h retenus, un point disparaît immédiatement de votre permis.

Et si vous roulez à l’allure normale de 50 km/h sans y penser, la vitesse retenue grimpe à 45 km/h : perte d’un point garantie, en plus de l’amende.

La note grimpe ensuite par paliers : deux points à partir de 55 km/h mesurés, trois points dès 65 km/h, quatre points à 75 km/h, toujours pour la même amende forfaitaire.

Il faut atteindre 85 km/h mesurés pour basculer dans le grand excès de vitesse : six points en moins, rétention immédiate du permis, et une amende pouvant grimper jusqu’à 1 500 euros. Un scénario catastrophe qui rappelle d’autres histoires de fraudes automobiles aux conséquences financières lourdes pour les contrevenants.

Ce radar de chantier flashe dès 30 km/h sur le périphérique : la facture s'annonce colossale

Un jackpot potentiel de plus de 100 millions d’euros par an

Les travaux de réaménagement de la porte de Montreuil ne sont pas près de s’arrêter. Une première phase court jusqu’en juin 2027, suivie d’aménagements complémentaires prévus jusqu’en 2030. Autant dire que ce radar va rester en poste un long moment, et que les automobilistes ont intérêt à s’habituer vite à ralentir.

Le calcul donne le vertige. Avec environ 80 000 véhicules par jour sur cette portion du périphérique extérieur, même un taux d’infraction de seulement 5% générerait 360 000 euros quotidiens, soit plus de 131 millions d’euros sur un an. Une hypothèse plus prudente, à 2% d’infractions, laisserait tout de même une facture globale proche de 52 millions d’euros annuels.

Sur le terrain, l’association 40 Millions d’Automobilistes a fait ses propres comptages. En moins de cinq minutes, elle a recensé 18 véhicules flashés, soit un rythme théorique dépassant les 5 500 PV quotidiens en circulation fluide.

Pour comparer, le radar fixe le plus actif de France, situé sur l’A8 à Cagnes-sur-Mer, ne flashe en moyenne que 465 fois par jour, pour environ 8 millions d’euros de recettes annuelles.

Ce nouveau venu parisien joue clairement dans une autre cour, comme d’autres phénomènes qui bousculent le quotidien des Français, à l’image de ce moustique tigre désormais installé dans 78 départements.

Trente kilomètres-heure, des millions d’euros en jeu, et des conducteurs pris au dépourvu : la porte de Montreuil vient d’écrire une nouvelle page de la saga des radars parisiens. Reste à savoir si la Ville de Paris ajustera la signalisation, ou si d’autres cabines du même genre fleuriront ailleurs sur l’anneau.

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