Bloqué par une camionnette lente sur l’autoroute, il appelle son conducteur avec sa Tesla pour qu’il se pousse

Sur l’autoroute, coincé derrière un véhicule trop lent sur la voie de gauche, chaque automobiliste connaît cette frustration. Certains multiplient les appels de phares, d’autres s’énervent au clignotant. Un conducteur de Tesla a choisi une méthode radicalement différente, filmée puis massivement partagée sur les réseaux sociaux. Sa technique, aussi simple qu’inattendue, pose une question que peu d’automobilistes se sont déjà posée au volant.
Une camionnette trop lente et un embouteillage qui s’annonce

La scène se déroule comme des milliers de fois chaque jour sur le réseau autoroutier français. Une fourgonnette blanche d’artisan roule sur la voie de dépassement, mais à une vitesse inférieure à celle du trafic environnant. Derrière elle, une Tesla se retrouve piégée, incapable de doubler à cause de la circulation dense.
Selon le compte Facebook La Sotizerie, la situation est banale : certains conducteurs répètent les appels de phares pour signaler leur impatience, d’autres collent dangereusement le pare-chocs de devant. Cette pratique reste tolérée par la loi française lorsqu’elle sert à annoncer une intention de dépassement, mais elle est souvent perçue comme agressive par celui qui roule devant, surtout si les appuis se multiplient.
Le principe reste pourtant simple : la voie de gauche est réservée aux manœuvres de dépassement, et chaque véhicule doit se rabattre dès que la voie est libre, un rappel valable aussi bien sur les grands axes que sur les portions les plus fréquentées comme l’autoroute A9. Dans ce contexte tendu, le conducteur de la berline électrique va opter pour une réponse totalement différente de celles habituellement observées.
Un numéro de téléphone repéré sur le flanc de l’utilitaire
C’est un détail visible sur la carrosserie qui va tout changer. Sur le flanc de la camionnette, un numéro de téléphone apparaît clairement, probablement celui de l’artisan qui exploite le véhicule pour son activité professionnelle. Plutôt que d’insister avec les signaux lumineux classiques, le conducteur de la Tesla a une idée directe : il compose ce numéro depuis le système téléphonique intégré de sa voiture, connecté en Bluetooth.
L’appel décroche presque immédiatement de l’autre côté. La voix, calme et posée, se fait alors entendre : « Bonjour monsieur, tu peux te mettre vers la droite s’il te plaît ? », demande-t-il, selon la séquence relayée par Caradisiac. Quelques secondes plus tard, la fourgonnette se rabat effectivement sur la voie de droite, libérant totalement le passage sans qu’un seul appel de phare n’ait été nécessaire.
La méthode surprend par son efficacité, mais aussi par son originalité. Elle rappelle que les technologies embarquées dans les véhicules récents, à l’image de celles présentes sur une Tesla équipée de fonctions avancées, peuvent parfois transformer une situation banale de circulation en anecdote virale. Reste une question essentielle que la séquence soulève immédiatement : cette astuce est-elle réellement autorisée par le Code de la route ?
Ce que dit vraiment la loi sur le téléphone au volant
La réponse tient à une distinction précise. Le Code de la route, via l’article R412-6-1, interdit formellement l’usage d’un téléphone tenu en main au volant, une infraction sanctionnée par une amende de 135 € et un retrait de 3 points sur le permis. Ce cadre, régulièrement rappelé lors des contrôles sur les grands axes comme sur l’autoroute, ne concerne cependant pas tous les usages.
Dans le cas filmé, le conducteur n’a jamais tenu son smartphone en main : il a utilisé le système intégré du véhicule, une pratique parfaitement autorisée dès lors qu’aucun appareil n’est manipulé physiquement. L’utilisation d’un kit mains libres ou d’un dispositif embarqué reste légale, ce qui explique que la manœuvre, aussi inattendue soit-elle, n’expose pas son auteur à une sanction directe.
Les autorités routières nuancent toutefois ce constat. Même en mode mains libres, une conversation détourne une part de l’attention du conducteur. À 130 km/h, quelques dizaines de secondes passées à parler représentent déjà plusieurs centaines de mètres parcourus avec une vigilance réduite, un facteur qui peut peser lourd en cas d’imprévu, comme l’illustrent certains accidents impliquant des véhicules électriques survenus dans des circonstances tout autres. La prudence reste donc de mise, même quand la technologie autorise l’audace.
Au final, cette scène amusante illustre surtout un basculement discret dans nos habitudes de conduite : la voiture connectée devient un outil de communication à part entière, capable de désamorcer une tension routière sans un seul coup de klaxon. Reste à savoir si cette méthode inspirera d’autres automobilistes coincés derrière une camionnette récalcitrante, ou si elle restera une anecdote isolée promise à l’oubli des réseaux sociaux.