Permis de conduire après 65 ans : la réforme européenne qui pourrait tout changer, et la date qu’on vous cache

Un rendez-vous chez le médecin pour garder le droit de conduire : l’idée fait déjà grincer des dents chez de nombreux seniors. Le Parlement européen a tranché en octobre 2025 sur un texte qui pourrait rebattre les cartes pour des millions de conducteurs de plus de 65 ans. Reste à savoir précisément quand, et surtout comment, cette réforme va s’appliquer en France.
Une réforme européenne qui vise directement les seniors au volant

La question revient depuis des années dans les débats sur la sécurité routière : faut-il imposer un contrôle médical aux conducteurs âgés ? En octobre 2025, le Parlement européen a répondu en adoptant une réforme qui autorise les États membres à réduire la durée de validité du permis pour les personnes de 65 ans et plus.
Concrètement, l’objectif n’est pas de retirer massivement des permis, mais d’inciter les seniors à passer plus régulièrement une visite médicale ou une remise à niveau. Un principe déjà appliqué dans plusieurs pays européens, alors qu’en France, les règles pour les conducteurs seniors restent aujourd’hui bien plus souples. Mais ce texte européen ouvre clairement la porte à un changement de doctrine.
Pourquoi 2029 apparaît comme la date la plus probable
Pas de panique immédiate pour les conducteurs concernés. Une fois une directive européenne adoptée, chaque État membre dispose de trois ans pour la transposer dans son droit national, puis d’une année supplémentaire pour préparer sa mise en application. En additionnant ces délais, une entrée en vigueur avant 2029 paraît peu probable, et ce calendrier pourrait même être repoussé selon les choix de chaque gouvernement.
Autre point essentiel : Bruxelles n’impose pas un modèle unique. Chaque pays garde une marge de manœuvre importante dans l’application du texte. Certains États pourront choisir un examen médical strict, la version la plus contraignante, tandis que d’autres opteront pour une simple autoévaluation. Cette liberté nationale explique pourquoi la réforme européenne du permis ne se traduira pas de la même façon d’un bout à l’autre du continent.
Ce que la France prépare vraiment, et le rôle clé d’une victime devenue militante
En France, rien n’a encore changé. Le permis B reste valable à vie, sauf suspension, annulation ou retrait, et aucune visite médicale périodique n’est exigée pour continuer à conduire. Si le gouvernement décide de suivre la trajectoire européenne, il devra d’abord faire adopter une loi fixant précisément les conditions de ce nouveau dispositif.
Derrière cette réforme se cache aussi un combat personnel. Pauline Déroulède, championne paralympique de tennis fauteuil, a été amputée d’une jambe après avoir été percutée par un automobiliste de 92 ans ayant confondu la pédale de frein avec celle de l’accélérateur. Avec le collectif Sauver des vies, c’est permis, elle a salué le vote européen comme une « première victoire », tout en réclamant d’aller plus loin.
Depuis 2025, elle défend une proposition de loi prévoyant un certificat médical dès l’obtention du permis, renouvelable tous les 15 ans jusqu’à 70 ans, puis tous les 5 ans au-delà. Le texte, déposé à l’Assemblée nationale, continue de faire débat, tandis que l’Union européenne vise une réduction de moitié des décès routiers d’ici 2030, après près de 20 000 morts recensés en 2024 sur les routes européennes.
Le calendrier reste flou, mais la direction, elle, semble actée : conduire après 65 ans va devenir un sujet médical autant que routier. Reste à savoir si la France choisira la voie souple ou celle, plus stricte, réclamée par les associations de victimes.