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Il y a 76 ans, ce géant du cinéma tournait sa toute première scène… en maillot de bain

Publié par Mathieu le 21 Juin 2026 à 10:16
Il y a 76 ans, ce géant du cinéma tournait sa toute première scène… en maillot de bain
Jeune homme athlétique en maillot de bain vintage au bord d'une piscine

Un colosse barbu, des baffes monumentales et un duo comique gravé dans la mémoire de millions de spectateurs. Voilà comment le monde entier se souvient de Bud Spencer. Mais en 1950, l’homme n’avait ni barbe ni surnom. Il avait 21 ans, un maillot de bain et une seule scène dans un film que presque personne n’a vu.

Carlo Pedersoli : avant Bud Spencer, un athlète devenu figurant en 1950

Quand on évoque le cinéma italien des années 60 à 90, deux visages reviennent immédiatement. Celui de Terence Hill, sourire malicieux, et celui de Bud Spencer, carrure imposante et regard bougon. Mais le géant n’a pas toujours été cette figure familière.

En 1950, il s’appelle encore Carlo Pedersoli. Il décroche un tout petit rôle dans Quel fantasma di mio marito, une comédie fantastique réalisée par Camillo Mastrocinque. Le pitch : un journaliste simule sa propre mort pour revenir en héros, sauf qu’il revient… en fantôme. Le film est porté par Walter Chiari et Mady Saint-Michel.

Pedersoli, lui, n’apparaît que le temps d’une scène. Il joue un nageur qui sauve une femme de la noyade. Logique, quand on sait que le jeune homme est un athlète hors norme dans la vraie vie. Premier Italien à passer sous la barre de la minute au 100 mètres nage libre, il participe aux Jeux olympiques d’Helsinki en 1952, puis à ceux de Melbourne en 1956.

Entre le cinéma et le sport, le futur Bud Spencer hésite. Il tourne pour des réalisateurs de renom comme Melvyn LeRoy dans Quo Vadis ou Mario Monicelli, avant de disparaître des écrans pendant sept longues années. Le cinéma, à ce moment-là, n’est pas encore son destin.

Le western spaghetti transforme Carlo Pedersoli en Bud Spencer

C’est l’explosion du western italien qui change tout. Carlo Pedersoli adopte le pseudonyme de Bud Spencer et relance sa carrière à la fin des années 60. Il rejoint Terence Hill pour une trilogie informelle — Dieu pardonne, moi pas, Les 4 de l’Ave Maria, La Colline des bottes — qui pose les bases d’un duo légendaire.

En parallèle, Spencer tourne ses propres westerns : 5 gâchettes d’or, 5 hommes armés, Pas de pitié pour les salopards. Des titres sérieux, durs, très éloignés de l’image comique qu’on lui connaîtra plus tard. Le virage arrive en 1970 avec On l’appelle Trinita, suivi de sa suite en 1971.

La recette devient culte : de l’humour potache, deux personnages antagonistes qui finissent par s’apprécier, un méchant à dérouiller, et des baffes distribuées avec une nonchalance jubilatoire. Le public adore. Les entrées explosent. Le duo Hill-Spencer devient un phénomène populaire qui dépasse largement les frontières italiennes.

Au total, les deux compères tournent 17 films ensemble. Un chiffre qui raconte à lui seul l’ampleur d’une amitié cinématographique rare, forgée sur trois décennies de tournages.

Clap de cinéma vintage et chapeau de cowboy sur une table en bois

De Banana Joe au Shérif et les extraterrestres : une carrière solo souvent oubliée

On oublie souvent que Bud Spencer a mené une carrière solo tout à fait respectable en dehors du duo. La saga des Pied-plat compte quatre films à elle seule. Puis viennent Banana Joe, On m’appelle Malabar, Aladdin, Ange ou démon ou encore le déjanté Le Shérif et les extraterrestres.

Chacun de ces rôles confirme la même ligne directrice : du cinéma familial, généreux, jamais cynique. Spencer incarne des personnages bougons au grand cœur, des justiciers burlesques qui règlent les problèmes à coups de poing ouverts. Son jeu physique, hérité de ses années de nageur et de water-polo, donne à chaque scène une authenticité brute que les cascadeurs professionnels peinent à reproduire.

Terence Hill, lui, poursuit toujours sa carrière. Mais Bud Spencer s’est éteint le 27 juin 2016, à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui des dizaines de films et des souvenirs enfouis dans la mémoire de plusieurs générations. Du jeune nageur anonyme de 1950 au colosse le plus aimé du cinéma populaire, le parcours de Carlo Pedersoli reste l’un des plus atypiques de l’histoire du septième art.

En 1950, personne n’aurait parié un centime sur ce figurant en maillot de bain. Soixante-seize ans plus tard, son visage fait encore sourire des millions de spectateurs à travers le monde. Comme quoi, une carrière légendaire peut commencer par une toute petite scène — à condition de savoir nager.

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