10 films d’horreur cultes : ce qui s’est vraiment passé sur leurs tournages fait encore plus froid dans le dos
Halloween approche, et vous avez sans doute prévu une soirée plateau-télé sous la couette. Mais avant de lancer un classique de l’horreur, une question : et si les coulisses étaient encore plus dingues que l’écran ?
Accidents, caprices de réalisateur, bricolages de génie : derrière les films qui vous ont fait dormir la lumière allumée se cachent des histoires de tournage souvent plus inquiétantes que le scénario. On a trié dix anecdotes, toutes documentées. Prêts ?
Quand le réalisateur pousse ses acteurs à bout

On commence par Stanley Kubrick et son Shining (1980). Le cinéaste est connu pour son perfectionnisme maniaque, et la fameuse scène où Wendy recule dans l’escalier en brandissant une batte de baseball en est la preuve. Elle a été rejouée 127 fois, ce qui lui vaut une place dans le Livre Guinness des records pour le plus grand nombre de prises d’une scène avec dialogue.
Shelley Duvall, épuisée, pleurait pour de vrai. Elle a décrit un tournage éprouvant, avec des journées interminables et une pression constante. Ce qu’on voit à l’écran, c’est donc en partie de la vraie fatigue.
Chez William Friedkin, sur L’Exorciste (1973), l’ambiance n’était pas plus douce. Le réalisateur avait la réputation de chercher la réaction authentique par tous les moyens. Il aurait fait tirer un coup de feu sur le plateau pour provoquer la panique d’un acteur, et il a fait refroidir le décor de la chambre à l’extrême pour que la buée sorte de la bouche des comédiens, sans trucage.
Et ce n’est que le début de la liste des tournages sous tension.
Les effets spéciaux bricolés qui ont fait des miracles
Parfois, la peur naît d’un manque de moyens. Dans Les Dents de la mer (1975), le requin mécanique, surnommé Bruce par l’équipe, refusait de fonctionner dès qu’il touchait l’eau salée. Steven Spielberg a donc dû le cacher le plus longtemps possible.
Résultat : on ne voit presque jamais l’animal, et c’est justement ce qui terrifie. La suggestion a battu le monstre en caoutchouc. Un accident technique transformé en leçon de mise en scène.
Même logique pour Psychose (1960). La célèbre scène de la douche, qui dure moins d’une minute, a demandé plusieurs jours de tournage et une cinquantaine de plans. Hitchcock aurait utilisé du sirop de chocolat pour simuler le sang, parce qu’en noir et blanc, il rendait mieux à l’écran.
Vous pensez que c’est déjà malin ? Attendez de voir ce qu’a trafiqué Ridley Scott.
La réaction qu’on ne pouvait pas jouer
Dans Alien (1979), la scène du « chestburster », quand la créature jaillit du torse de Kane, est entrée dans l’histoire du cinéma. Les acteurs savaient qu’il se passerait quelque chose, mais pas quoi exactement, ni avec quelle violence.
Le sang a giclé en abondance, et les cris de surprise de Veronica Cartwright, notamment, sont restés dans la version finale. Elle a reçu une giclée en plein visage et sa stupeur n’a rien de feint. Le procédé a fait école : garder les comédiens dans le flou pour capter la vraie peur.
Autre époque, même obsession du réel : Le Projet Blair Witch (1999). Les trois comédiens ont tourné seuls en forêt, avec des caméras, et recevaient leurs consignes par petits papiers déposés à des endroits précis. Ils étaient volontairement privés de nourriture en quantité et dérangés la nuit pour entretenir l’angoisse.
Ce film à petit budget a rapporté des centaines de millions de dollars dans le monde. Pas mal pour une histoire de promeneurs paumés.
Les films dont le tournage a plongé dans l’étrange

Certains plateaux ont laissé des souvenirs bizarres. Pour Poltergeist (1982), la production a utilisé de vrais squelettes humains dans la scène de la piscine, parce que c’était moins cher que de fabriquer des accessoires en plastique. Les acteurs l’ont su après coup, et plusieurs ont avoué en avoir été secoués.
L’histoire a nourri la légende d’une « malédiction » du film, relayée pendant des années par la presse. Prudence toutefois : cette réputation est surtout un mythe entretenu après coup, et les décès qui l’alimentent n’ont pas de lien établi avec le tournage.
Dans un tout autre registre, Massacre à la tronçonneuse (1974) a été tourné au Texas en plein été, par des températures étouffantes, avec un budget minuscule. L’équipe a travaillé de longues journées dans des décors surchauffés, et la sueur comme l’épuisement visibles à l’écran sont bien réels.
Gunnar Hansen, l’interprète de Leatherface, a raconté avoir porté le même costume pendant des jours, dans une odeur qu’il a qualifiée d’épouvantable. On comprend mieux pourquoi le film dégage cette impression de saleté poisseuse.
Les détails qu’on a tous ratés à la maison

Reste les petites perles, celles qu’on découvre au troisième visionnage. Dans Halloween (1978), le masque de Michael Myers n’a rien de sorcier : c’est un masque de William Shatner, alias le capitaine Kirk de Star Trek, repeint en blanc et retravaillé. L’équipe n’avait pas de budget pour mieux.
Et le film entier a été tourné avec un budget très modeste, en quelques semaines, avant de devenir un monument du genre. Comme quoi, on peut faire peur avec presque rien.
Dernier clin d’œil avec Scream (1996), où la voix du tueur n’a jamais été vue sur le plateau par les acteurs. Roger L. Jackson, qui prête sa voix à Ghostface, passait ses appels depuis un autre endroit, ce qui a poussé les comédiens à réagir à une vraie voix au bout du fil. Résultat : des frayeurs plus spontanées.
Une chose est sûre, à Halloween, on ne regardera plus ces films du même œil. Envie de prolonger la soirée cinéma ? Découvrez ce film tourné grâce à une prévisualisation 3D, ou plongez dans les coulisses d’une comédie née d’une statistique.