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« C’était une personne rare » : la mort de Vincent Pastore, le « Big Pussy » des Soprano, endeuille Hollywood à 80 ans

Publié par Gabrielle Nourry le 03 Août 2026 à 11:51
« C'était une personne rare » : la mort de Vincent Pastore, le "Big Pussy" des Soprano, endeuille Hollywood à 80 ans

Il y a des visages qu’on n’oublie jamais, même des décennies après. Celui de Vincent Pastore, alias « Big Pussy » dans Les Soprano, en fait partie. L’acteur américain est mort à l’âge de 80 ans, une nouvelle confirmée par son manager sans plus de détails sur les circonstances de son décès.

Un vétéran du Vietnam devenu gangster de légende à l’écran

Avant de devenir une figure culte du petit écran, Vincent Pastore a eu plusieurs vies. Né le 14 juillet 1946 dans le Bronx, il grandit à New Rochelle dans une famille d’ouvriers d’origine italienne. Direction ensuite la guerre du Vietnam, où il s’engage dans la Marine, avant de reprendre des études à l’université Pace.

Sa trajectoire aurait pu s’arrêter là. Mais Pastore tenait aussi une boîte de nuit new-yorkaise, un lieu fréquenté par les frères Matt et Kevin Dillon, qui l’encouragent à tenter sa chance devant la caméra. Ce sont eux, indirectement, qui ont lancé la carrière de celui qui allait devenir l’un des visages les plus reconnaissables du cinéma américain des années 1990 et 2000.

Son premier rôle marquant arrive en 1993 dans L’Impasse de Brian de Palma. Il enchaîne ensuite les seconds rôles de mafieux, glanant au passage une apparition remarquée dans Les Affranchis de Martin Scorsese. Un CV qui, sur le papier, ressemble déjà à celui d’un habitué du genre — mais la vraie consécration était encore à venir, et elle allait changer sa vie pour toujours.

« Big Pussy », le rôle qui a fait basculer sa carrière

C’est en 1999 que tout bascule. Vincent Pastore décroche le rôle de Salvatore « Big Pussy » Bonpensiero dans Les Soprano, la série créée par David Chase qui allait redéfinir le genre mafieux à la télévision. Son personnage devient le bras droit de Tony Soprano, avant de basculer indic pour le FBI après une arrestation.

La suite est entrée dans l’histoire de la télévision américaine. Son exécution à la fin de la saison 2, sur les six que compte la série, reste l’une des scènes les plus marquantes du programme — un moment de tension pure que les fans citent encore aujourd’hui comme un tournant. Difficile d’imaginer, avec le recul, à quel point ce personnage allait marquer toute une génération de téléspectateurs.

Ce qui frappe, c’est que la mort de son personnage n’a pas signé la fin de sa carrière. Bien au contraire : Pastore devient dès lors un pilier de ce qu’on surnommait affectueusement la « Guilde des acteurs de gangsters ». Il enchaîne les projets, apparaissant dans des dizaines de films et séries au cours de la décennie suivante, preuve que son talent dépassait largement le costume de Big Pussy.

« C'était une personne rare » : la mort de Vincent Pastore, le "Big Pussy" des Soprano, endeuille Hollywood à 80 ans

Une générosité discrète que peu de gens connaissaient

Derrière l’image du dur à cuire hollywoodien se cachait un homme bien différent, comme en témoigne sa biographie sur IMDb. Son agent Bob McGowan, qui le représentait depuis Les Soprano, a confié à l’agence Associated Press des détails touchants sur les derniers jours de l’acteur.

C’est par un autre acteur de la série, Vincent Curatola, que McGowan a appris la nouvelle samedi. Pastore avait été retrouvé à son domicile de City Island, à New York, après plusieurs jours sans nouvelles. Son agent tentait justement de le joindre pour lui proposer un emploi.

« C’était un client extrêmement fidèle, et il faisait toujours des dons à des œuvres caritatives », a confié McGowan, visiblement ému. « C’était le genre de personne qui aidait n’importe qui, ce qui est rare dans mon secteur. » Un hommage sincère, loin des clichés du milieu, qui en dit long sur l’homme derrière le mythe.

Robert Attermann, qui a représenté Vincent Pastore pendant plus de 30 ans, bien avant son rôle dans Les Soprano, a résumé la situation avec justesse : si l’acteur restera à jamais associé à « Big Pussy » dans la mémoire collective, il était, selon ses propres mots, « bien plus que cela ».

Après une apparition marquante dans Mickey Blue Eyes en 1999 et un rôle dans le biopic Hurricane aux côtés de Denzel Washington, Pastore avait su, film après film, se réinventer sans jamais renier le rôle qui l’avait révélé.

Un acteur, deux visages : celui d’un mafieux redoutable à l’écran, et celui d’un homme discrètement généreux dans la vraie vie. C’est peut-être ce contraste qui rendra son absence encore plus sensible pour ceux qui l’ont côtoyé. Et si Les Soprano continuait, aujourd’hui encore, à révéler des histoires qu’on ne soupçonnait pas ?

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