Ce plateau de jeu que les designers transforment en objet de luxe envahit les salons les plus stylés de Paris

Les échecs, le backgammon, les dominos… Vous pensiez que c’était rangé dans un placard depuis l’enfance ? Les designers viennent de les ressortir, mais en version luxe. Et ce qui se passe dans les salons parisiens risque de changer votre regard sur le bon vieux plateau de jeu.
Du speakeasy parisien aux salons : le jeu de société fait sa révolution déco
Il y a eu les bars à cocktails, puis les tendances venues d’ailleurs. En 2026, c’est le bar à échecs qui s’impose. Le Blitz Society, un speakeasy imaginé par le studio Katz, vient d’ouvrir au 58 rue Jean-Jacques Rousseau, en plein cœur du 1er arrondissement de Paris.
L’idée ? S’asseoir devant un échiquier graphique, commander un verre, et jouer. Comme si le divertissement régressif était devenu le nouveau raffinement. Un lieu qui résume à lui seul l’état d’esprit du moment : le jeu n’est plus un loisir planqué, c’est un statement déco.
Et ce phénomène ne reste pas cantonné aux adresses branchées. À la maison aussi, quelque chose a changé. Les grandes marques de mode et de design se sont lancées dans la confection de plateaux ultra graphiques. Cuir travaillé, palettes de couleurs millimétrées, matières nobles : on est loin du jeu en carton de votre grand-mère.
Du backgammon posé sur un guéridon en marbre aux dominos en bois précieux alignés sur une console, le plateau de jeu est devenu un objet de décoration à part entière. Les architectes d’intérieur l’intègrent désormais dans leurs projets comme une pièce maîtresse, au même titre qu’une sculpture ou un vase signé.
Backgammon en cuir, pétanque couture : les maisons de luxe jouent le jeu
La vraie surprise, c’est la liste des acteurs qui se sont engouffrés dans la brèche. On ne parle pas de fabricants de jouets. On parle des plus grandes maisons de mode et de design, celles qui d’habitude habillent des podiums ou des penthouses.
Leurs créations donnent le vertige. Un jeu de backgammon gainé de cuir grainé, une mallette de poker aux finitions joaillières, un set de pétanque aux boules chromées rangées dans un écrin de voyage. Chaque pièce est pensée comme un objet de collection, pas comme un gadget estival.
Le travail des couleurs est central. Les échiquiers abandonnent le classique noir et blanc pour des damiers pastel, des tons terracotta ou des combinaisons rétro qui rappellent les intérieurs des années 70. Le mikado devient un faisceau de baguettes laquées. Les dés se parent de résine translucide.
Derrière cette explosion créative, il y a un vrai savoir-faire artisanal. Marqueterie, tannage, laquage : les techniques mobilisées sont celles de la haute maroquinerie ou de l’ébénisterie. Un jeu de tic-tac-toe en marbre pèse presque autant qu’une table basse. Et c’est précisément ce poids, cette matérialité, qui fait la différence avec un jeu de smartphone.
Mais au fond, pourquoi est-ce que ça marche si bien ? La réponse tient en un mot que les designers répètent comme un mantra : la convivialité.

Un échiquier sur la table basse : la tendance « maison de vacances » qui transforme votre intérieur
Le monde du design intérieur a un nouveau credo : la décoration doit se vivre, pas seulement se regarder. Et le plateau de jeu coche toutes les cases. Il décore quand personne ne joue. Il rassemble quand quelqu’un sort les pions.
Dans les projets de rénovation récents, les architectes d’intérieur multiplient les mises en scène. Un backgammon ouvert sur une console d’entrée. Un échiquier coloré trônant au centre d’une table de salle à manger. Des dominos en os disposés en éventail sur un plateau en laiton. Chaque arrangement raconte une histoire : celle d’une maison où l’on vit, où l’on reçoit, où l’on s’amuse.
L’esprit « maison de vacances » est le fil rouge. Ce mix & match entre pièces design et objets ludiques crée une atmosphère détendue, presque nostalgique. On retrouve ce plaisir simple du jeu partagé, mais sublimé par le design.
Et le plus malin dans tout ça ? Un beau jeu de société est peut-être l’objet déco le plus rentable du marché. Il habille une pièce, il lance des conversations, il occupe les enfants un dimanche de pluie. Difficile de dire ça d’un vase à 300 euros.
Reste à choisir votre camp. Plutôt échecs stratégiques ou backgammon instinctif ? Dominos graphiques ou mikado millimétré ? Peu importe la discipline : en 2026, le vrai luxe, c’est de poser son téléphone et de lancer les dés. Et vous, quel jeu mériterait une place sur votre table basse ?